269 – Crash

C’est galère de faire une bonne pub de prévention pour le Sida. Genre prenez la dernière campagne Aides où tu vois un mec à poil dans une capote/vaisseau spatial qui traverse un espace où les planètes sont des seins. Bon bah ça typiquement c’est très laid (euphémisme) comme idée. En ce moment à la TV on voit une campagne ou un couple (hétéro ou pas) se chope pendant qu’une voix off nous compte les dizaines de fois où ils auront baisés depuis le premier baisé (pun intended). Et que faire le test et arrêter la capote, bah c’est vachement bien ! Guess What ? C’est une des pubs que je hais le plus au monde, voire du foutu univers entier ! Non parce qu’ils ont pensés aux célibataires les connards de créatifs ? Tout ceux qui tuerait père et mère pour baiser ne serait-ce qu’une putain de fois ! Sans compter tous les miséreux qui auront vécus des histoires courtes de merde ou un coup d’un soir avec un connard.

Une digression avant d’en venir au fait. En début de semaine, j’étais avec une copine dans le fond du Starbucks de Lyon. Seconde digression et fun fact. Je n’ai jamais trouvé aucun lyonnais foutu de me dire quelle était la boutique qui occupait l’emplacement du Starbucks d’Hotel de Ville avant son installation. Avec Pollux on en a conclu que Starbuck a payé l’architecte pour « créer » de la place dans la Matrice pour s’installer. Bref. Bon j’étais avec cette jolie blonde, vraiment jolie et tout. On se connaît depuis un paquet d’années. Et y’a deux ans, quand j’étais bien casé, elle m’avait fait comprendre que bon, voilà elle aurait bien voulu que… Maintenant, c’est elle la bien casée, Nowel chez son copain toussa. Moi je pouvais pas m’empêcher de penser à ces petites phrases du passé, cherchant du réconfort au fond de mon Frappucinno Venti.

Oui, c’est les fêtes et je suis en détresse affective ! La dernière fois que ça m’était arrivé j’étais au lycée. Ca remonte sa race ! Incroyable le nombre de personnes qui me disent que ouais, mais le célibat c’est super pour s’éclatay et réfléchir au sens de la vie toussa. Mon cul ! Tout ce à quoi je pense c’est à agripper un corps féminin, planter mes ongles sous sa peau pour qu’elle parte pas le temps que je reprenne goût à la vie. Tout ça provient d’un tas de névroses qui datent d’encore avant le lycée. J’en parlerai le jour où je ferai un blog uber voyeuriste, donc à priori par aujourd’hui. Anyway j’ai beaucoup de mal à comprendre comment font les gens, en tant qu’être humain pour arriver à survivre dans le célibat. Vous me direz qu’ils ont pas le choix (mais je suis pas super d’accord là-dessus) et que du coup ils rationnalisent le truc de manière à pas tomber fou. Sûrement, mais j’en suis incapable.

Bref, amis publicitaires, allez vous faire foutre. Pétasses psychorigides qui se complaisent dans le célibat, allez vous faire foutre. Et si moi je pouvais aller me faire foutre, ce serait pas mal non plus.
Reuzment que demain je fais un Top 3, ça file toujours la pêche ça, les Top 3 !

240 – Everyone’s A Critic # 21 & 22

L’autre jour on s’étonnait que je sois capable de m’infliger autant de lectures de merde. Mais c’est tout à fait calculé, ais-je répondu ! J’ai envie d’avoir une idée du panorama de la littérature contemporaine. Je suis donc prêt à mouiller la chemise dans le caca s’il le faut ! En l’occurrence y’a un moment où je me suis dit qu’il fallait que j’aie un avis sur Michel Houellebecq. Tout ce que j’en savais c’est que soit on l’adore, soit on le déteste. Oh, et qu’il a des parkas très moches en interview. C’est donc bien décidé à avoir un avis à moi que j’aime, que j’ai investi dans le premier roman du bonhomme, j’ai nommé « L’extension du domaine de la lutte ». L’histoire d’un cadre moyen dépressif qui tente de pousser un collègue désespéré sexuel au meurtre de biatches. Oui, je résume très fort. Oui, je me suis entrainé.

Le bouquin est court, il fait à peine plus de cent vingt pages. Et pendant le premier tiers, j’ai vraiment eu du mal à comprendre de quoi ça parlait. Des scénettes sans intérêt se succédaient sans que l’intrigue ou la thèse ne se dégagent. Et puis la sauce prend. Tu piges que l’extension du domaine de lutte correspond à la galère monumentale qu’à l’homme moderne à accéder au vagin, la libéralisation du sexe et les nouvelles luttes des classes qui en découle. L’angle d’attaque est plutôt intéressant et les conclusions logiques de la thématique sont productives en termes d’histoire. Bref, ça se regarde pas le nombril et ça raconte un truc. Y’a bien des longueurs, quelques défauts toussa. Mais ça m’avait suffisamment plu pour que je tente l’étape supérieure. Défonçant la porte de la librairie la plus proche, armé d’un billet de dix keuss, je repartais avec « Les Particules Elémentaires ».

Je pourrais écrire un bon paquet de pages d’analyses mais je vais me contenter par un pitch. Michel est un physicien quadra handicapé sentimental, errant dans la vie à la recherche d’un quelconque but à son existence. Bruno est un prof quadra handicapé sexuel, cherchant le plaisir charnel à tout prix, encore et encore, pour se donner la sensation d’exister. Michel et Bruno sont demi-frères, et ce livre est l’histoire de leur vie sur plusieurs décennies. J’avoue que la structure du bouquin est assez déroutante. Suivre deux destins parallèles, truffés de flashbacks et d’apartés sur leurs familles respectives, ça file rapidement mal au crâne. Il faudra une fois encore une cinquantaine de pages pour que j’arrive à prendre pied dans le roman et ainsi m’y retrouver. La bonne nouvelle c’est que cette fois y’a pas loin de trois cent pages. Une fois lancé j’étais prêt à absorber toute la moelle du texte.

Houellebecq reprend ses thèses sur la lutte sexuelle mais y superpose un contexte historique par l’intermédiaire de cette narration dans le temps. On trouve des débuts d’autres thématiques comme la décadence d’une civilisation, la génétique et le post-humanisme (ce qui se passera le jour où on contrôlera notre évolution). Le point de vue est tranché et peut facilement rebuter. Peut être que mon état semi-dépressif aura aidé à l’absorption des théories énoncées dans le bouquin. Sans y adhérer totalement, je ne peux qu’admettre que la démonstration est brillamment exécutée, sans sacrifier l’histoire pour autant. On s’intéresse réellement aux destins de ces deux personnages et leurs faiblesses. Seul l’épilogue tirant vers la SF peut poser problème, de par la disruption narrative qu’il induit. En ce qui me concerne j’ai préféré fermer les yeux et me concentrer sur le reste du roman.

Alors oui, je suis dans le camp des gens qui pense que le Michel Houellebecq est un véritable écrivain comme on en à peu dans la littérature contemporaine. J’attends de prendre un peu de recul avant de me bouffer le reste de son œuvre, paraît-il moins brillante. Faut déjà que je digère deux supers bouquins d’affilée (et les deux gigas merdes galactiques de la semaine prochaine).