Je jouais à SSX quand j’ai eu la réflexion la plus conne du monde. Je me suis demandé comment on faisait pour booster quand on fait du snowboard en vrai. Puis le monde réel s’est imposé à moi et j’ai baissé les yeux.

En ce moment j’ai des potes qui sont à des degrés divers de dépression pour cause de choc de la vraie vie. Ils réalisent qu’à priori ils ne vivront pas de soulèvement des machines ni d’invasion extraterrestre. Et qu’il y a aussi peu de chances qu’ils soient des princes planqués issus d’un monde parallèle. Deux décennies de consommation culturello-geek viennent se heurter à la sinistre réalité. A savoir qu’ils ont un job, une copine, et que tous les jours à venir ils vont devoir aller taffer et que c’est non seulement normal, mais inévitable. Du coup dépression, plus ou moins.
J’imagine que ça fonctionne tout pareil avec ceux qui pensaient devenir acteurs connus, ou sportifs professionnels, ou chanteurs d’exception.
J’ai toujours été terrifié par ce moment de bascule, celui où tu pètes un plomb parce que tu réalises les réalités de l’existence. Il y a ceux qui se résignent, qui prennent leur job même s’il est moyen, qui gardent leur copine même si ça se passe mal, et qui arrêtent de se poser des questions pour continuer à dormir la nuit. Pour plus se préoccuper d’eux ils peuvent faire un môme ou deux, assurance d’avoir une quête à accomplir sur les vingt prochaines années. A l’extrême inverse on a ceux qui deviennent fous et se réfugient dans des illusions de puissance, en devenant des trolls de compète sur le web, des gamers no life ou fêtards jusqu’au-boutistes. Entre les deux, t’as tous ceux qui essaient de faire cohabiter le plus longtemps possible leurs rêves de gosses avec leur vie normale.
Un ami à moi est cadre, père de famille, mais aussi scénariste de BD. D’autres font de la photo, écrivent, ou se lancent d’autres défis. On s’occupe. Je pense qu’on est tous plus ou moins flippés de baisser les bras et de se dire qu’on a perdu la partie de nos rêves d’enfance, et que ça ne sert à rien de continuer. Parfois, l’illusion des projets vaut toujours mieux que le renoncement.
Pendant ce temps-là, Jeff Bezos, le patron d’Amazon, a dépensé quelques millions pour retrouver les fusées d’Apollo 11 perdues au fond de l’océan et va dépenser quelques millions de plus pour les repêcher. Qu’un multi milliardaire ultra capitaliste peut être maléfique ait pour passion project d’aller célébrer la course aux étoiles, quelque part ça me rassure sur la nature humaine et la vie en général.

Si ça se trouve, dans quelques années y’aura des boosters sur les snowboards et on pourra faire SSX en vrai.
Rien n’est perdu tant qu’on a pas cessé d’y croire.

Dans un monde où les super héros sont adulés, Keepsie a la malchance d’avoir un pouvoir complètement inutile en combat : on ne peut rien lui voler. Moquée par les héros, Keepsie a créé un bar pour les gens comme elle et accueille régulièrement Peter, capable de lire dans les odeurs, Colette, qui sait cuisiner à la perfection en fonction de chacun ou Ian, qui peut tirer des jets d’excréments du bout des doigts. Mais lorsque le super vilain Doodad confie à Keepsie une étrange boule de métal, celle-ci décide de faire jouer son pouvoir et de ne pas la donner à l’académie des super-héros. Ce qu’elle ignore c’est que sa première occasion de se venger de ceux qui la méprisent depuis des années risque de mettre la ville à feu et à sang.