963 – Versus The World

Cette semaine est sorti aux US of A le DVD et le Blu Ray de Scott Pilgrim Vs The World. Mais à priori vous vous en foutez vu que vous l’avez déjà regardé. Bon, peut-être pas toi, là. En tout cas les trois quarts des gens que je suis sur Twitter se sont jetés sur le Divx quelques jours avant la sortie de la galette. Chacun y est allé de son petit commentaire, allant de c’est trop bien, à c’est très chiant, en passant par toutes les nuances possibles. Tout a été dit sur la décision des incapables/incompétents marketeux d’Universal qui ont repoussé la sortie du film à l’origine prévue en aout chez nous jusqu’à décembre, alors que les disques ricains et anglais seront déjà en vente. Quand la majorité du public cible s’est déjà servi sur un rip en haute définition, ils vont encore s’étonner que le film ne fonctionne pas en France. C’est ce qu’on appelle une prophétie autoréalisatrice. Moi dans tout ça ? Moi, j’attends mon Blu Ray.

J’ai particulièrement mal vécu le déluge de critiques en 140 caractères il y a une dizaine de jours. D’abord parce que je trouve ça injuste de réduire le film à un demi texto vomi à l’arrache entre deux Divx. Ensuite parce que mes yeux saignent quand j’apprends que des gens regardent le truc sur un Netbook de dix pouces (true story). Puis surtout parce que j’étais dans l’attente. Tout ça à cause du fait que non seulement j’ai précommandé le Blu Ray au prix fort, mais qu’en plus je n’ai pas voulu céder aux sirènes du téléchargement. Puisque je mets plus de vingt euros dans la galette pour avoir une image royalle, fin alternative, scènes coupées, quadruple commentaire audio, dessin animé bonus et compagne, autant me faire une vraie soirée Scott Pilgrim. Douleur du mec qui a du coup payé sa place et qui voit chaque petit pirate en herbe y aller de son jugement expéditif à deux balles. Alors que j’attends encore le facteur.

Parce que les torrenteur du dimanche, ceux qui habitent les grandes villes et n’auraient que trois semaines à attendre, sont des hypocrites. D’une part ils pleurent cet été sur Twitter, sur facebook, sur les blogs, que le film sort méga à la bourre chez nous, que c’est mal. Ils viennent se plaindre que le truc a fait un flop aux US et que ça craint à mort. Mais ils piratent. Acheter une place de cinéma, acheter un DVD, c’est voter avec son argent. C’est dire qu’on est pour le film, qu’il nous fait assez envie pour qu’on claque de la thune. Aller se plaindre qu’Universal ne prenne pas le film au sérieux et ne pas le soutenir d’une façon ou d’une autre, c’est un peu se foutre de la gueule du monde. On a ce qu’on mérite. Accessoirement, je trouve ça assez drôle de regarder le film seul sur un petit écran et dire que c’est pas fun. Je suis certain que dans une vraie salle, avec des potes, le regard serait différent. Tout comme, et ça c’est pas leur faute, si jamais le film était sorti à temps, les spectateurs n’auraient pas eu le temps de se blaser et d’être cynique, le truc aurait été assez frais.

Bref. J’attends mon Blu Ray, payé avec du vrai argent. Parce que je ne suis pas un hypocrite, parce que je suis cohérent avec moi-même et avec mes idéaux culturels. Pour éviter les vols de colis, je me fais livrer chez Pimp, qui viendra à la maison avec le disque. On ira pécho des pizzas, du pop corn, et on va se faire une vraie soirée à la bien. Puis, quand le film sortira enfin en France, j’irai tirer une place avec ma carte à chaque fois que je passerai devant un cinéma. Parce que, contrairement à ce que ceux qui se voilent la face veulent vous faire croire, ce n’est pas en boycottant la sortie tardive qu’on changera la mentalité des demeurés chez Universal. Au contraire, allez voir le film, tirez des places, prouvez qu’il y avait un public, prouvez que la prochaine fois, il ne faut pas massacrer la distribution. La loi de l’offre et la demande, cours d’économie première semaine les gars.

Et peut-être que le prochain film du genre qui vous fera envie, vous pourrez le voir en même temps que le reste du monde, dans une belle salle, avec tous vos potes. Croyez moi, vous le kifferez beaucoup plus qu’en retard, seul chez vous, sur votre écran en mousse.

871 – Kind Of Comic Review

Cette semaine je me suis retrouvé interviewé pour un mémoire tournant autour des geeks. A un moment est venue la question du partage. Est-ce que le geek veut garder pour lui son précieux ou est-il évangéliste ? A mon niveau je suis carrément dans la lobotomie de mes proches. Si j’aime quelque chose, j’ai besoin d’en parler encore et encore. J’ai besoin d’échanger autour du sujet, me remémorer les bons moments, débattre entre personnes de bonne compagnie etc… Comme la pédagogie, c’est la répétition, vous aurez noté ma propension à vous gaver avec Entourage ou plus récemment, The Last Airbender. J’arrive au bout de ma seconde vision de l’intégrale de la série en un mois et, promis, je vais bientôt arrêter de vous les briser. Mais pour mon anniv’ en retard on m’a offert un beau livre qui rejoint cette idée de partage, cette fois en provenance des créateurs eux-mêmes.

Pour coïncider avec la sortie de l’adaptation en film, l’éditeur de comics Dark Horse a sorti un magnifique artbook de la série animée Avatar. Le livre est gigantesque, avec une couverture cartonnée classieuse et des pages en papier glacé épais. Sur plus de cent soixante pages s’étalent un bon millier d’illustrations, croquis préliminaires et storyboard. Le livre est divisé en une partie sur la conception originale de la série, avec images du pilote, premiers dessins de design et focus sur les personnages. S’ensuit le gros morceau du livre, des pages entières consacrées à tel ou tel épisode, dans l’ordre, sans que presque aucun ne manque à l’appel. C’est l’occasion de voir des peintures de décors en pleine page, des comparaisons entre dessins au crayon bleu et rendu final ainsi que des séquenciers d’action commentés avec les notes de l’époque. Le tout se concluant sur les étapes d’illustrations de posters promotionnels et jaquettes des DVD. Une véritable mine d’or pour le fan et n’importe qui s’intéressant à l’animation en général.

Car l’artbook n’est pas pour autant avare de textes. Les deux créateurs de la série commentent abondement la genèse du projet, les réticences de Nickélodéon et leur enthousiasme au final. On découvre des photos du professeur d’arts martiaux qui aura chorégraphié tous les mouvements des maîtrises, la traduction quasi intégrale des idéogrammes qui apparaissent dans la série ou bien encore les photos de vacances ayant servies de références visuelles pour la série. C’est aussi l’occasion de découvrir le studio d’animation asiatique ayant produit les épisodes et comment les équipes US et Asie ont pu travailler main dans la main. Beaucoup de références secrètes sont dévoilées, avec par exemple des emprunts à Miyazaki, Cowboy Bebop ou bien à plusieurs reprises Evangelion. Les commentaires abordent aussi l’aspect réflexion préliminaire, avec les idées non retenus ou des élaborations sur les personnages ou des situations. Même si l’ultime question ne trouvera pas sa réponse (« pas encore »).

Le livre en impose, c’est clairement un bel objet, à la hauteur du matériau d’origine. Ce n’est pas si souvent que des créateurs bénéficient du support nécessaire à l’étalage de somme de travail nécessaire en coulisses. Plus qu’un résumé de plusieurs années de travail, l’Art Book d’Avatar est un partage supplémentaire, du créateur vers le lecteur, des petits secrets mais aussi de la passion. L’enthousiasme des commentaires est aussi communicatif que les dessins sont magnifiques.

Un must have comme on en fait peu pour tous les fans. L’ultime témoin d’une saga d’exception.

835 – Comic Review 02

Si vous avez bien suivi, vous êtes au courant que le film le plus cool de l’été sort mi-aout et qu’il s’appelle Scott Pilgrim. Aucun doute sur la qualité de la péloche, c’est de la bonne, comme le prouve le CV de fou des gens qui bossent dessus (Le réal de Shaun of the dead, Captain America, Superman et Georges Michael), les bandes annonces de fou et les premières critiques majoritairement positives de fou. Bref, Scott Pilgrim, ça va tuer. Ce qui est bien, c’est que c’est aussi et surtout une sorte de manga canadien, qui est publié chez un moyen éditeur indépendant outre atlantique depuis 2004. Pour ceux qui lèvent la main, au fond, oui ça, défonce. D’ailleurs un petit éditeur français saute sur la sortie du film pour traduire la série pendant que les vrais fans anglophones attendent l’ultime volume (le 6) à sortir dans une dizaine de jours aux US of A.

Scott Pilgrim est un post-ado de 23 ans qui passe sa vie à Toronto à glander et jouer dans son groupe de rock. Il a bien une petite amie de 17 ans, Knives Chau, mais ne s’en préoccupe guère, obsédé par une fille en rollers dont il rêve la nuit. La fille en question existe bel et bien et s’appelle Ramona Flowers, fraîchement débarquée de New York après une sale rupture avec son ex, Gidéon. Scott abandonne Knives pour partir à la conquête de Ramona, qui ne s’avère pas insensible. Seulement pour avoir le droit de sortir avec sa dulcinée, Scott devra d’abord combattre les sept exs maléfiques de Ramona. Aidé par son colloc’ gay et les autres membres de son groupe de rock, Scott est prêt à tout pour pouvoir être avec Ramona. Il va falloir s’accrocher parce qu’entre les exs maléfiques, ses propres exs et les insécurités amoureuses de sa future petite amie, il va y avoir du boulot.

Le scénariste/dessinateur Bryan Lee O’Malley a réussi avec Scott Pilgrim le plus parfait amalgame de pop-culture, comédie romantique et manga. Chaque ex combattu se transforme en pièces, les habits de Scott lui confèrent des bonus de statistiques et il n’est pas rare qu’un point de sauvegarde se trouve dans le coin du bar où va avoir lieu un combat. Toutes ces références seraient lourdes si elles n’étaient pas aussi simplement tissées dans un récit déjà bien construit. Au-delà des quelques bastons Scott Pilgrim nous parle d’amour, des premiers instants avec sa belle et surtout des bagages que l’ont traine au fil des années. La jalousie et les exs forment le gros des thématiques de la série, forçant Scott et ses petites camarades à sortir de l’adolescence et se comporter en adultes. Bien sûr, au milieu de toute ça on rit, entre les répliques de fou et les délires visuels. Ne vous étonnez juste pas d’être pris aux tripes sans trop savoir pourquoi au bout de quelques volumes.

Quand j’ai attaqué le premier numéro, j’étais un peu dépité. Quoi, tout ça pour ça ? Oui non parce que tous les fans de comics de l’univers m’avaient cassé les couilles avec Scott Pilgrim pendant des années. Puis O’Malley prend la confiance, son trait se fait moins brouillon, plus précis. Les personnages prennent de l’épaisseur, le casting s’étoffe et c’est foutu. J’étais captivé, à commander le reste de la série d’un seul coup, à me forcer à ne lire qu’un chapitre par jour pour que ça me dure le plus longtemps possible. Je n’ai même pas envie de précommander le 6, parce qu’après ça sera fini. Alors je vous envie vous, garçon ET filles (oui, Scott Pilgrim, c’est pour tous les gens de goût indépendamment de leur sexe) qui n’avez pas encore débuté la saga. Qu’est-ce vous attendez bordayl ?! Ca existe même en français !

Ou alors faites ce que vous voulez, mais venez pas pleurer quand vous sortirez de la salle de cinéma avec des étoiles dans les yeux en vous demandant qui avait bien pu vous parler de ce truc déjà.

TRAILER STAGE !!!