Cette semaine est sorti aux US of A le DVD et le Blu Ray de Scott Pilgrim Vs The World. Mais à priori vous vous en foutez vu que vous l’avez déjà regardé. Bon, peut-être pas toi, là. En tout cas les trois quarts des gens que je suis sur Twitter se sont jetés sur le Divx quelques jours avant la sortie de la galette. Chacun y est allé de son petit commentaire, allant de c’est trop bien, à c’est très chiant, en passant par toutes les nuances possibles. Tout a été dit sur la décision des incapables/incompétents marketeux d’Universal qui ont repoussé la sortie du film à l’origine prévue en aout chez nous jusqu’à décembre, alors que les disques ricains et anglais seront déjà en vente. Quand la majorité du public cible s’est déjà servi sur un rip en haute définition, ils vont encore s’étonner que le film ne fonctionne pas en France. C’est ce qu’on appelle une prophétie autoréalisatrice. Moi dans tout ça ? Moi, j’attends mon Blu Ray.

J’ai particulièrement mal vécu le déluge de critiques en 140 caractères il y a une dizaine de jours. D’abord parce que je trouve ça injuste de réduire le film à un demi texto vomi à l’arrache entre deux Divx. Ensuite parce que mes yeux saignent quand j’apprends que des gens regardent le truc sur un Netbook de dix pouces (true story). Puis surtout parce que j’étais dans l’attente. Tout ça à cause du fait que non seulement j’ai précommandé le Blu Ray au prix fort, mais qu’en plus je n’ai pas voulu céder aux sirènes du téléchargement. Puisque je mets plus de vingt euros dans la galette pour avoir une image royalle, fin alternative, scènes coupées, quadruple commentaire audio, dessin animé bonus et compagne, autant me faire une vraie soirée Scott Pilgrim. Douleur du mec qui a du coup payé sa place et qui voit chaque petit pirate en herbe y aller de son jugement expéditif à deux balles. Alors que j’attends encore le facteur.

Parce que les torrenteur du dimanche, ceux qui habitent les grandes villes et n’auraient que trois semaines à attendre, sont des hypocrites. D’une part ils pleurent cet été sur Twitter, sur facebook, sur les blogs, que le film sort méga à la bourre chez nous, que c’est mal. Ils viennent se plaindre que le truc a fait un flop aux US et que ça craint à mort. Mais ils piratent. Acheter une place de cinéma, acheter un DVD, c’est voter avec son argent. C’est dire qu’on est pour le film, qu’il nous fait assez envie pour qu’on claque de la thune. Aller se plaindre qu’Universal ne prenne pas le film au sérieux et ne pas le soutenir d’une façon ou d’une autre, c’est un peu se foutre de la gueule du monde. On a ce qu’on mérite. Accessoirement, je trouve ça assez drôle de regarder le film seul sur un petit écran et dire que c’est pas fun. Je suis certain que dans une vraie salle, avec des potes, le regard serait différent. Tout comme, et ça c’est pas leur faute, si jamais le film était sorti à temps, les spectateurs n’auraient pas eu le temps de se blaser et d’être cynique, le truc aurait été assez frais.

Bref. J’attends mon Blu Ray, payé avec du vrai argent. Parce que je ne suis pas un hypocrite, parce que je suis cohérent avec moi-même et avec mes idéaux culturels. Pour éviter les vols de colis, je me fais livrer chez Pimp, qui viendra à la maison avec le disque. On ira pécho des pizzas, du pop corn, et on va se faire une vraie soirée à la bien. Puis, quand le film sortira enfin en France, j’irai tirer une place avec ma carte à chaque fois que je passerai devant un cinéma. Parce que, contrairement à ce que ceux qui se voilent la face veulent vous faire croire, ce n’est pas en boycottant la sortie tardive qu’on changera la mentalité des demeurés chez Universal. Au contraire, allez voir le film, tirez des places, prouvez qu’il y avait un public, prouvez que la prochaine fois, il ne faut pas massacrer la distribution. La loi de l’offre et la demande, cours d’économie première semaine les gars.
Et peut-être que le prochain film du genre qui vous fera envie, vous pourrez le voir en même temps que le reste du monde, dans une belle salle, avec tous vos potes. Croyez moi, vous le kifferez beaucoup plus qu’en retard, seul chez vous, sur votre écran en mousse.





