We Should Split Up

La Cabane Dans Les Bois ne me faisait envie qu’à moitié. Je m’étais fait assommer par la hype venu d’outre-Atlantique. Depuis des mois les sites ciné un peu geek et les fans de Joss Whedon hurlaient au génie. Pire que le Fight Club, il ne fallait pas raconter Cabin In The Woods, parce que c’était une expérience presque mystique, avec un tas de twists de ouf malade. Le film m’avait déjà usé avant même d’arriver chez nous. J’y suis allé semi-motivé, plus pour le réalisateur et co-scénariste Drew Goddard que pour son camarade d’écriture Whedon.

J’en suis ressorti un peu moins de deux heures plus tard avec un de mes plus grands sourires ciné aux lèvres de l’année. Alors je vous en parle.

La Cabane Dans Les Bois est un mélange heureux d’Evil Dead et Cube. Des adolescents vont passer un weekend dans la forêt, et se mettent à mourir un par un, visiblement manipulés par des types dans une base secrète un peu trop fans de films d’horreur. Ça c’est pour le pitch (tel que dévoilé dans la bande annonce). Les critiques ont voulu nous faire croire que le film était ultra malin et secret. Non. Du tout. Le seul « mystère » qui reste au bout du premier tiers est de savoir pourquoi tout ceci se passe. Et c’est de toute façon fortement sous-entendu. N’importe quel ex-téléspectateur de Buffy/Angel aura compris. Pour vous dire que les twists ne sont pas ce qui font de Cabin In The Woods un film magique.

Non, ce qui compte, c’est le dernier tiers, la générosité de la team Goddard/Whedon.

Le gros du film suit les figures imposées d’un scénario qui rend hommage aux grands films d’horreur tout en les moquant. On a la scène avec des seins, la scène où les ados sont stupides, la mise à mort bien sale et compagnie. Puis les deux intrigues se rejoignent, marionnettes et marionnettistes finissent par se croiser. Et d’un coup tout part en sucette. Cabin In The Woods nous offre les images les plus réjouissantes de l’année, un bordel complètement fou, un défilé de tout ce qu’on aime. C’est un peu comme si la drogue qu’on vous filait depuis une heure finissait par prendre. Tant est si bien qu’on est tellement défoncé qu’on ne tilte plus quand vient la guest star improbable et pourtant logique des cinq dernières minutes.

Puis le film se termine par un fuck you général, complètement nihiliste et très très con.

Je suis ressorti de la salle encore un peu étourdi par le délire de Goddard. Une lettre d’amour à trente ans de films d’horreur, le meilleur double season finale de Buffy sans Buffy. Après j’ai commencé à réfléchir, et me dire que y’a plein de trucs qui ne tiennent pas, quelques whedonismes chelous.

Mais c’était trop tard, j’avais déjà gravé mon 10 sur 10 de bonheur au fond de mon cœur. Si vous voulez vous la péter vous verrez aussi tout un discours méta sur le cinéma, le spectacle, la soif de sang et tout. Gros potentiel de mémoire là. Sérieux. Je ne peux pas garantir que La Cabane soit votre came, à en juger par la consternation de ma camarade de séance. Si c’est effectivement pour vous, c’est du bonheur en pellicule.

Vivement ma seconde vision.

TRAILER STAGE !!!

1132 – Cine Club 118

Fast (and furious) Five est un film généreux, au sens littéral du terme : qui donne volontiers et sans compter. Je suis allé le voir le premier jour, à la première séance des vrais gens, à vingt heures, dans un cinéma populaire, l’UGC Bercy. Avec mon pote nous étions dans un public de types qui n’enlèvent pas leur casquette en intérieur, prennent des pop-corn XXL et font rire leur copine dans la file d’attente en hurlant qu’à la fin Vin Diesel meurt. Sauf qu’au bout d’une quinzaine de minutes de film, quand Diesel et Walker font du surf sur une voiture en chute libre, toute la salle s’est mise à hurler et applaudir de bon cœur. Ils se sont rappelé pourquoi le cinéma c’est mieux qu’un DivX pourri, pourquoi le cinéma, c’est mieux que la vie. L’énergie était communicative, et tout le long des deux heures à suivre la salle a crié, tapé dans ses mains, frémi.

J’aime beaucoup l’expression « c’est ça qu’on veut ». Parce que ce soir-là, c’était ça qu’on voulait.

La série Fast And Furious a un historique compliqué. Déjà le héros disparait du deux pour réapparaitre à la fin du trois, qui se passe avant le quatre et le cinq. Il y a de quoi saigner du nez un peu. Peut-être pour ça que le cinquième opus change la donne, change de genre. Adieu les courses de voiture, bonjour le film de braquage à la Ocean’s Eleven mais avec des beaufs en colère. Et parce que les mecs aux commandes sont généreux, ils réinvitent absolument tous les personnages de tous les épisodes précédents (même celui qui se passe après) à participer au coup monté contre un trafiquant de drogue de Rio. D’ailleurs niveau film multi culturel, oubliez Indigènes et autres Neuilly sa mère, c’est dans Fast Five que ça se passe ! On est au Brésil tout du long, avec une bande de héros qui comprend des renois, une latina, une israélienne et qui vont se fritter contre un polynésien. Le melting pot c’est ça, pas des biopics culpabilisateurs à la con. Voilà comment tu réunis tout le monde dans la même salle un mercredi soir.

De toute façon, même les acteurs ont l’air de s’éclater. The Rock débarque dans la série avec le sourire le plus large du monde. Jouant un méchant pas si méchant il prend un pied monumental à foutre des beignes et jouer les gros durs. Ca le change de la fée des dents. Le casting original fonctionne à la manière d’une bande de potes et c’est peut-être la seule façon de voir Vin Diesel avoir l’air un minimum content. Il faut dire que le script traite bien chaque personnage puisqu’ils ont tous leur petit moment de gloire, leur mini-histoire à eux et leur épilogue qui va bien. Seul petit moment d’égo, lors du combat tant attendu entre Diesel et Johnson, où on se doute que le producteur exécutif du film ne peut pas « perdre », quand bien même il accumule un peu de brioche entre chaque nouvel épisode. Un gros plan sur une poignée de main virile entre les deux hommes un quart d’heure plus tard et tout est pardonné.

Parce que Fist Five est ce qu’on appelle communément un film de bonhommes. Vous savez, ce genre d’amitié virile mêlée de sentiments de camaraderie qui frôlent doucement l’ambiguïté sexuelle. Tous ses muscles huilées qui s’entrechoquent, c’est classe, mais on ne passe pas loin. Dans le doute, on agite une ex top model en bikini pendant deux minutes pour que le public masculin ne s’angoisse pas trop. Je pourrais aussi signaler que, loin des clichés beaufs et machistes associés au tuning, les personnages féminins du film bottent des culs et ne se laissent pas faire. D’ailleurs je ne crois pas que les filles de la salle se soient trop plaintes après coup. Elles comme les autres ont poussé un dernier hurlement face au double cameo post-générique. Preuve que même après une course poursuite épuisante de fin de film, il reste de l’énergie pour s’enthousiasmer du « y’en a un peu plus, je vous le mets quand même ». LA GENBOSITE.

Bien sûr Fast Five n’est pas exempt de défauts. Y’en a même plein. Quand dans la scène d’intro Paul Walker arrive à retourner un bus simplement en le percutant avec sa voiture, les éclats de rire ont fusé. Mais c’était de bon cœur. Un peu comme le quart d’heure du film consacré à comment échapper à une caméra de surveillance, avec entrainement, montage et tout. Pour qu’au final ça ne serve absolument à rien. Le script doctor veut savoir pourquoi. Le public s’en fout. Tout comme la plupart des gens ne trouve rien à redire à la réalisation sans relief de Justin Lin. A titre perso je regrette aussi la classification PG-13. Quand après le retournement du bus on te précise que personne n’est mort, c’est moche. Ca manque de jurons, de sang qui gicle un peu. Bad boys pour la vie putain !

Fast Five n’est pas un grand film, et alors ? Dans un été bourré de suites motivées uniquement par le pognon, Fast Five donne l’impression d’une bande de potes qui avait envie de se retrouver, de s’agrandir et de donner un maximum à un public dont on se moque trop souvent. Personne n’a regretté ses deux heures en compagnie de Vin et ses potes. J’ai assisté à une séance de cinéma comme il y en a rarement : avec autant d’enthousiasme dans la salle que dans le film. Fast Five a éclaté quelques records de box-office et engrangé des critiques anormalement positives vu l’aura de la série.

Preuve supplémentaire que oui, c’était ça qu’on voulait.

TRAILER STAGE !!!