1123 – Same Old

Un pote me racontait son dernier weekend de trois jours. Comment il s’était calé à la plage, doigts de pieds en éventail, avec « un bon rosé t’as vu ». TSSK. J’ai voulu renchérir, mais en vrai j’avais juste  squatté la Xbox et bu un Pepsi Max. Et ça m’a frappé, ce point de détail qui fait une des différences entre le buveur d’eau marronasse et l’amateur de vin. Mon Pepsi aura toujours le même goût. Les ingrédients du sirop de cola sont toujours les mêmes, la quantité d’eau ne varie pas plus que le nombre de bulles qu’on vient injecter dans la bouteille. Techniquement, c’est bien foutu : proposer une expérience toujours égale. Pas de mauvaise surprise. Mais pas de bonne non plus. Ca n’arrive jamais qu’un type s’exclame que putain, ce week end il a bu un bon Coca !

Logiquement, je me rue sur toutes les nouvelles variations possibles de la marque. Pour goûter un truc différent. L’illusion du choix. A une époque, j’en étais même à demander systématiquement un Coca Vanille dans les bars. A force de faire face à des yeux globuleux d’incompréhension, j’ai revu mon niveau d’exigence à la baisse et demandé d’office du Zéro. Ces temps-ci, j’ai de moins en moins le courage d’entendre un nouveau refus alors que réclame d’entrée de jeu un Light, en murmurant des jurons dans ma barbe de trois jours. Pendant ce temps-là, mes six canettes de Coca Blak dorment toujours dans mon frigo. Le mois dernier j’ai eu l’insigne honneur (si si) de croiser un type qui bosse chez Coca. Il m’a confirmé qu’à priori, bien qu’elles soient périmées depuis deux ans, ces bouteilles ne me tueront pas. C’est un bon point.

Alors non, je ne peux pas ne serait-ce que feindre la surprise à l’ouverture de mon Pepsi Max. Mais ce que je perds en aventure, je le gagne en stabilité. Mine de rien, ça a quelque chose de réconfortant de savoir que chaque canette aura le même goût. Celle que je bois en rentrant chez moi au milieu de la nuit, celle que je bois au milieu d’un diner de famille dans la province de la province, celle que je bois dans une soirée pourrie, celle que je bois au fond du jardin de mon meilleur ami, toutes le même goût. C’est RECONFORTANT. Parce que je peux compter sur mon Pepsi Max ou mon Coca Zero pour me dire que oui, il y a des choses qui ne changent pas en ce bas monde, peu importe mon moral ou la situation du moment. La canette de cola est mon amie, des bons et des mauvais jours. Elle ne change pas. ELLE NE ME TRAHIT JAMAIS.

Bon, techniquement si, vu qu’aux US on utilise pas de vrai sucre dans le coca et tout. Et que par extension entre un coca FR et un US je sens la différence et ça me rappelle sur quel continent je me trouve. Mais on parle de Light là, donc c’est pareil. Feinte.

Tout ça pour dire que la prochaine fois que je serai au resto avec des potes, ou sur une plage avec un pique-nique de fin d’aprem’, quand on se fera la remarque que ce vin est top, ou pas top, je sourirai. Parce que mon Pepsi Max aura le goût de Pepsi Max. Ni plus, ni moins.

891 – Chercher La Femme

Mercredi soir, dans une ruelle du centre ville. Je vois arriver une fille hyper trop canon. De loin en tout cas. Cheveux bruns ondulés, yeux bleus, seins imposants rapport à sa taille fine. Et là je me dis que, enfin, je tombe sur une putain de bonnasse espagnole ! Sauf que non, arrivée à mon niveau, je l’entends blablater avec ses copines en français. D’où serrage de poings et hurlements vers les cieux. Car je suis globalement un mec observateur et, depuis que j’ai mis les pieds à Barcelone, depuis l’aéroport, je scrute en permanence mon champ de vision à la recherche de filles canons, de latines qui vont me mettre le cœur à genoux. Sauf que non. Où que je regarde je ne tombe que sur des filles moches, vieilles, passages ou éventuellement presque bien. Ca en est désespérant. Je ne comprends pas, je veux dire, elles sont forcément quelque part ? Statistiquement, il DOIT y avoir des filles canon à Barcelone, autres que des touristes.

Car oui, des petites françaises en fleur, ça, aucun problème. Y’en a partout. Les espagnoles pendant ce temps, elles doivent se planquer. Même dans les spots de pub à la TV ou sur les affiches dans le métro, on n’en voit pas. Damn. J’ai aussi cherché dans les rues autour de minuit, sur la plage, dans les rames de métro, au restaurant, dans les friperies, au musée, PARTOUT. Sauf que non. Que de la banalité sur pattes. A croire que les latines canon doivent s’enfuir sur les collines pour fuir l’envahisseur étranger en période touristique. Ou alors ce sont toutes des vampires et elles ne sortent que très tard la nuit. Peut-être qu’elles vivent dans un autre espace-temps que nous, ce qui expliquerait les deux ou trois fois où j’ai cru en apercevoir une pour la perdre aussitôt du regard. Sinon, c’est la faute de mon accompagnatrice.

Ca me semblait une bonne idée sur le principe, dans le doute, embarquer une fille canon avec moi dans le pays où je ne pige pas ce que racontent les gens. Pas besoin de balbutier ou draguer, je suis bien accompagné. Deux effets secondaires indésirables. Le premier est que du coup tant que je traine dans ses pattes, elle masque de mon champ de vision toutes celles qui ne sont pas à son niveau. Je les vois moins, ou en tout cas moins bien. Second problème, potentiellement les latines l’évitent, par bravade féminine. En la voyant, elles changent de trottoir, s’engouffrent dans le métro ou disparaissent par la première porte dérobée venue. Vous pouvez croire que j’écris tout ça parce qu’on me surveille, là tout de suite, par-dessus mon épaule. Ou pas. C’est à vous de voir ce que vous voulez. Tout ça pour bloguer aux cieux mon absolue tristesse.

Après, forcément il y a une explication quelque part. Un truc. Une astuce. Tout ceci n’est peut-être qu’une gigantesque blague que je ne comprends pas. On verra. A l’heure où vous lirez cette note, la seule chose dont je suis sûr, c’est que je serai en route pour Paris, et le retour à la vie vraie, celle qui, meufs bonnes ou pas, me vend moins du rêve qu’une glace sur la plage jusqu’après le dernier métro.

753 – Not Getting It

Quelques mois plus tôt sortait un nouveau comic chez Vertigo : The Unwritten. Le pitch était plutôt cool, l’histoire d’un mec qui dédicace les livres de son père disparu dont il est un héros magicien (très Harry Potter dans l’idée). Et l’idée du truc c’est que Tom, le mec donc, n’existerait pas vraiment, se serait échappé des pages des romans de son « père ». Les autres personnages de l’histoire essayant de le tuer alors qu’il tente de découvrir s’il est fictionnel ou réel. C’est écrit par Mike Carey, un scénariste à qui on l’a fait pas. Vertigo y croyait vraiment, au point de sortir le premier numéro au tarif promo d’un tout petit dollar. Ce qui m’a motivé à bouger mon cul et d’aller en acheter un pour essayer. Problème, j’ai trouvé ça prodigieusement ennuyeux, au même moment où les critiques comics de tous les internets s’extasiaient devant The Unwritten, meilleure nouvelle série de l’année à leurs yeux.

A titre personnel, je considère que le boulot d’un critique va bien plus loin que de simplement donner son avis. Un critique doit avoir une certaine prise sur le médium en question. Il doit avoir un background culturel conséquent, un esprit d’analyse et savoir identifier les éléments objectifs constitutifs des œuvres, comme la structure narrative, le cadre d’un film, les caméras, ces trucs. Sans cette base d’analyse, ce n’est pas une critique, c’est un avis amateur. Tout comme un critique doit être aussi capable de se mettre dans la peau d’un autre, superposer une couche d’objectivité en plus de son ressenti. Savoir dire pourquoi un film lui parle alors qu’il est fondamentalement mauvais. Ou alors comprendre pourquoi les gens aiment Twilight. En gros, sans cette capacité à avoir un double niveau d’appréciation, il manque quelque chose au travail de critique à mon sens. Si je vous dit ça, c’est que si je sais très bien pourquoi je n’ai pas aimé le premier numéro de The Unwritten, je n’arrive pas à comprendre pourquoi d’autres on aimé. Je n’y arrive simplement pas.

Comme j’aime bien creuser quand quelque chose me résiste, j’ai acheté (avec du vrai argent, sans déconner !) le premier recueil de la série, avec les cinq premiers numéros dedans. J’ai tout lu, consciencieusement. Et rebelotte. Je trouve ça mou, très confus, sans grand intérêt. Au bout de presque cent pages le héros en est encore à découvrir le pitch, et je me gratte le crâne. Non parce que je lis les critiques faites sur les sites spécialisés. Je lis les arguments, ce qui plaît. Mais je ne comprends simplement pas. Ca me passe au dessus de la tête. Je n’arrive pas à me mettre dans la peau de quelqu’un qui aime, à voir ce qui peut plaire à un autre que moi. C’est quelque chose de suffisamment rare pour me planter directement sur place. Et sincèrement je n’oserais pas écrire en toute bonne foi une critique un minimum objective de The Unwritten. J’ai l’impression qu’il me manque quelque chose, ce serait parcellaire, une dimension manquante.

Le pire dans tout ça, c’est que je suis tellement frustré de pas piger, que je pense que je vais acheter le Tome 2. Je me dis que c’est obligé, dans le Tome 2 je vais trouver le truc qui tue qui fait kiffer les gens. C’est juste que j’ai pas assez lu la série. Un numéro c’était pas suffisant. Un recueil c’est trop peu. Bordel je veux comprendre !

Sinon, je sais pas de quoi on parlera demain. Du tout.

FREE STUFF STAGE !!!

Si vous êtes curieux, le premier numéro de The Unwritten est dispo en PDF et en anglais sur le site de Vertigo.