
Un pote me racontait son dernier weekend de trois jours. Comment il s’était calé à la plage, doigts de pieds en éventail, avec « un bon rosé t’as vu ». TSSK. J’ai voulu renchérir, mais en vrai j’avais juste squatté la Xbox et bu un Pepsi Max. Et ça m’a frappé, ce point de détail qui fait une des différences entre le buveur d’eau marronasse et l’amateur de vin. Mon Pepsi aura toujours le même goût. Les ingrédients du sirop de cola sont toujours les mêmes, la quantité d’eau ne varie pas plus que le nombre de bulles qu’on vient injecter dans la bouteille. Techniquement, c’est bien foutu : proposer une expérience toujours égale. Pas de mauvaise surprise. Mais pas de bonne non plus. Ca n’arrive jamais qu’un type s’exclame que putain, ce week end il a bu un bon Coca !
Logiquement, je me rue sur toutes les nouvelles variations possibles de la marque. Pour goûter un truc différent. L’illusion du choix. A une époque, j’en étais même à demander systématiquement un Coca Vanille dans les bars. A force de faire face à des yeux globuleux d’incompréhension, j’ai revu mon niveau d’exigence à la baisse et demandé d’office du Zéro. Ces temps-ci, j’ai de moins en moins le courage d’entendre un nouveau refus alors que réclame d’entrée de jeu un Light, en murmurant des jurons dans ma barbe de trois jours. Pendant ce temps-là, mes six canettes de Coca Blak dorment toujours dans mon frigo. Le mois dernier j’ai eu l’insigne honneur (si si) de croiser un type qui bosse chez Coca. Il m’a confirmé qu’à priori, bien qu’elles soient périmées depuis deux ans, ces bouteilles ne me tueront pas. C’est un bon point.
Alors non, je ne peux pas ne serait-ce que feindre la surprise à l’ouverture de mon Pepsi Max. Mais ce que je perds en aventure, je le gagne en stabilité. Mine de rien, ça a quelque chose de réconfortant de savoir que chaque canette aura le même goût. Celle que je bois en rentrant chez moi au milieu de la nuit, celle que je bois au milieu d’un diner de famille dans la province de la province, celle que je bois dans une soirée pourrie, celle que je bois au fond du jardin de mon meilleur ami, toutes le même goût. C’est RECONFORTANT. Parce que je peux compter sur mon Pepsi Max ou mon Coca Zero pour me dire que oui, il y a des choses qui ne changent pas en ce bas monde, peu importe mon moral ou la situation du moment. La canette de cola est mon amie, des bons et des mauvais jours. Elle ne change pas. ELLE NE ME TRAHIT JAMAIS.
Bon, techniquement si, vu qu’aux US on utilise pas de vrai sucre dans le coca et tout. Et que par extension entre un coca FR et un US je sens la différence et ça me rappelle sur quel continent je me trouve. Mais on parle de Light là, donc c’est pareil. Feinte.
Tout ça pour dire que la prochaine fois que je serai au resto avec des potes, ou sur une plage avec un pique-nique de fin d’aprem’, quand on se fera la remarque que ce vin est top, ou pas top, je sourirai. Parce que mon Pepsi Max aura le goût de Pepsi Max. Ni plus, ni moins.





