J’aime bien Philippe Jaenada.
Parce j’ai eu envie de le lire en l’écoutant lire un bout de son précédent bouquin (jeu : retrouve la note où j’en parle et que je ne linke pas). Je me rappelle m’être dit « putain c’est pas mal ». D’où l’achat du dit livre un peu plus tard. Dans un monde parfait on découvrirait des romans comme ça, en en lisant ou en en entendant un morceau qui donne envie. Parce qu’on en aurait le temps et l’opportunité. Depuis, avec Philippe, on a eu le temps de se croiser une ou deux fois. Assez pour qu’il déteste mon manuscrit (jeu² : retrouve la note où j’en parle et que je ne linke pas). Le mois dernier il m’a payé un Perrier, ce qui est potentiellement la preuve que je suis un vendu et que cette note est sponsorisée. C’était surtout l’occasion de lui taxer son dernier roman, qui vient de sortir chez Grasset. Ça s’appelle Le femme et l’ours, et c’est «le bouquin que j’assume le plus, d’ailleurs, tout dedans est vrai».

Bix Sabaniego est las. La quarantaine bien tassée, il vit à Paris avec sa femme et son fils. Sa fierté était d’écrire des livres, mais avec le temps c’est surtout un bon moyen de pouvoir continuer à s’offrir à boire. Il écume les bars en bas de chez lui, connait tout le monde, du serveur au poivrot édenté. D’ailleurs, il peut vous raconter toutes les anecdotes glanées au fond d’un verre depuis des années. Un jour c’est l’engueulade de trop à la maison. Dépité, Bix ne veut pas rentrer une fois calmé et imbibé. Alors il erre dans le dixième arrondissement et au delà, allant de rencontres en rencontres. Il croisera la route d’une fan magnifique, d’un cambrioleur casse-cou et autres serveurs de nuit. Autant de travaux sur la longue route qui ramènera l’ours dans sa tanière, jusqu’à sa femme.
Ce que j’aime bien dans les bouquins de Jaenada, c’est le style de style. Je m’explique. Plutôt que d’utiliser un dictionnaire de synonymes et un index des figures de la langue française, Philippe préfère se concentrer sur le rythme du texte. Les phrases sont courtes, se font écho, rebondissent sur des parenthèses. Ça vous parle aux yeux, en gros, avec une certaine cadence. Alors je me surprends à ricaner bêtement sur mon trajet de métro. Et ce n’était pas gagné, vu que le livre raconte la virée sur trois jours d’un alcoolique en pleine déprime. Rapport au fait que je n’ai jamais bu de verre de ma vie et que la trame La femme et l’ours relève pour moi d’une expérience proche de la science-fiction. Ce qui, du coup, me met dans l’embarras quand j’en arrive à vous le conseiller (ou pas).
En ce qui me concerne, le style seul de Philippe m’aura suffi à apprécier La femme et l’ours. Je pense que le même livre, écrit par quelqu’un d’autre, m’aurait prodigieusement barbé. Surtout une trentaine de pages trop longues dans le dernier tiers. Il est aussi fort probable que mon Perrier et moi ne soyons pas la cible idéale vis-à-vis de la trame du roman. Un buveur y trouverait peut être autre chose.
A vous de voir.
BUY STAGE !!!






