758 – Book Review 127

EvilEx est un peu moins Evil en ce moment. Enfin, c’est relatif. Mais elle m’offre des croissants et ça c’est cool (retenez ça les filles, bon tip). Sinon elle m’a aussi filé un bouquin, genre un vrai épais et tout. Il s’agit de Gros-Câlin, le premier roman d’Emile Ajar, dans une édition dite « nouvelle » et que je préfère appeler « collector » parce que c’est plus bandant. Le collector de Gros-Câlin comporte une fin alternative coupée par l’éditeur à l’époque ainsi qu’un duo de préfaces, ce qui permet de se faire spoiler la fin du bouquin dès la première page du livre. Ainsi donc, bande de gros crétins sans la moindre once d’intelligence que vous êtes, au Mercure de France, permettez-moi de vous honnir. Mais genre bien. C’est donc un peu dépité de savoir comment le roman finissait avant même de l’avoir commencé que j’ai attaqué la lecture de Gros-Câlin.

Mr Cousin est très parisien, mais surtout très seul. Il n’a pas vraiment d’amis, mais au moins un travail, ce qui est déjà pas si mal. Chaque matin il attend Mlle Dreyfus, qui est noire, et c’est important. Prendre l’ascenseur avec elle constitue le meilleur moment de la journée, puisqu’il est persuadé qu’ils échangent quelque chose et qu’à force, ils ne devraient pas tarder à se marier. Lors que Cousin rentre, il n’est plus seul depuis qu’il a adopté un Python comme animal de compagnie. Le reptile s’enroule régulièrement autour de son maître, lui procurant l’étreinte qui lui fait tant défaut dans sa vie de tous les jours. D’où le nom donné au Python : Gros-Câlin. Alors que Cousin perd de plus en plus sa prise sur le réel, le serpent s’insinue dans sa vie et risque de contribuer à la mise en échec sociale de son propriétaire.


Pour son premier roman sous un nouveau pseudo, Romain Gary s’est lâché. Le scénario est complètement absurde et quasiment dénué de toute avancée majeure. Je n’irai pas jusqu’à dire que l’ennui pointe le bout de son nez, mais pas loin. Heureusement le style est époustouflant, avec des jeux sur les mots, la grammaire et les conventions proprement hallucinants. Des tonnes de phases sont hautement citationnables. Le genre d’écriture qui force le respect et met des grosses baffes dans la gueule de temps en temps. J’aurais préféré la fin choisie par l’éditeur plutôt que l’originale, trop foutraque et comportant un rebondissement sans grande utilité. L’idée d’inclure les deux reste plus qu’appréciable, tout comme la préface (de bâtard) qui détaille quand même le pourquoi et le comment autant du livre que du pseudo de l’auteur.

On m’avait y’a quelques temps surconseillé de lire La vie devant soi. Je ressors de Gros-Câlin un peu plus motivé, donc, qui sait ? En attendant merci à l’intéressée du cadeau. Tu vois, je lis les livres qu’on m’offre ! (des fois seulement hein, faut pas déconner)

Demain, Ciné !