Je suis un voleur. Oui, j’ai honte. Bad Boys II est sorti au cinéma en 2003. J’y suis allé deux fois, une en version française pour profiter du doublage d’excellente qualité (« T’as juste le droit de fermer ta gueule ! » sans sacrifier les visuels, et une seconde fois en version originale sous titré (« Why don’t you exercise you right to shut the fuck up ? »). Expérience de transcendance. On en reparlera le moment venu, mais pas aujourd’hui. Donc. A ce moment là je mets la pression sur un pote pour qu’il chope le DVD double collector sa race. On se le mate sur son home cinéma de l’époque, une grosse TV cathodique 16/9 avec un kit d’enceintes 2.1. Et ouais, en banlieue Lyonnaise on se faisait pas chier ! Puis un jour, comme ça, je lui emprunté les galettes, pour le regarder chez moi, décortiquer les bonus. Peinard. C’était il y a plus de six ans, il me l’a réclamé deux trois fois au fil du temps. Je ne lui ai jamais rendu.

Ceci dit, le destin m’a rattrapé. Foutu karma de merde. L’année dernière, mon amie de vingt ans est venue à la maison. Et quand elle m’a demandé si elle pouvait embarquer le DVD, j’ai dit oui. Je veux dire, elle va pas le paumer. Non ? Tel est pris qui croyait prendre, toussa. Tant pis. Plus qu’à acheter le Blu-Ray tant qu’à faire, bonne raison de se mettre à jour et tout. Sauf que non. Pour une raison inexplicable, Paramount n’a jamais sorti aucun des deux Bad Boys en haute définition. Ils n’existent purement et simplement pas. Le seul transfert en 720p au monde provient du piratage d’une chaîne HD du câble américain. Problème, comme les gens de télévision sont des gros connards, l’image est recadrée, coupée à gauche et à droite pour minimiser le traumatisme des bandes noires pour les fils de pute qui ne devraient même pas avoir le droit de regarder des films si c’est pour être choqué par un format vidéo.

Le choix est vite vu. Je préfère regarder un film en basse définition qu’en haute sur un format tronqué. Heureusement que le transfert DVD de Bad Boys II est un des plus flamboyant qui existe, car c’est la seule solution pour voir le film dans de bonnes conditions. A moins que. Une poignée d’années avant l’invention du Blu-Ray, la Paramount a lancé les DVD Superbits. Prenez un DVD normal, virez tous les menus, toutes les langues à part l’originale, tous les bonus et utilisez la place libre pour rajouter encore plus d’image. Prévus au départ pour les possesseurs de rétroprojecteurs et d’équipement haut de gamme, les Superbits n’ont jamais décollés, ne dépassant pas 2% du volume des ventes de leurs équivalents standards. Il existera en tout et pour tout moins de cinquante longs métrages à profiter du format. Parmi eux, Bad Boys II. Tiré à très peu d’exemplaires, introuvable à part en occase pour au minimum trente euros, Bad Boys II Superbit a longtemps été un de mes graals. Notez l’utilisation du passé.

Ces deux dernières semaines, j’ai passé beaucoup trop de temps sur Ebay, à la recherche d’une PS3 (cf samedi). Et en tapotant au hasard, j’ai trouvé un Superbit à moins de dix euros, port compris. Un putain de Zone 3 asiatique, jaquette arrière en coréen. Mais je l’ai ! Deux minutes plus tard, sur le LCD 20 pouces de mon frangin, j’ai pu voir de mes yeux les noirs plus profonds (sans mauvais jeu de mot), l’augmentation du piqué de l’image, les détails. Ce n’est pas de la haute définition, mais à défaut, ce disque demeure à l’heure actuelle l’édition la plus ultime du meilleur film de tous les temps.
Quelque chose me dit que je vais me faire rêver d’ici quelques heures, avec un grand Pepsi Max, un sachet de M&M’s et les enceintes à fond.
Demain, critique géante.

