543 – Book Review 87

Maintenant que je bouquine pas mal, je peux enfin faire mon hardcore à anticiper les sorties plusieurs mois à l’avance. Par exemple, le dernier roman de Nick Hornby, je l’ai pré-commandé, reçu et lu en trois jours. L’auteur d’High Fidelity a passé la cinquantaine et se serra fait attendre trois ans avant de sortir un nouveau livre. Un retour aux sources avec des personnages hantés par leurs obsessions culturelles et leurs problèmes sexuello-amoureux. Après avoir été un poil déçu sur Slam, son précédent opus, j’espérais retrouver l’auteur qui m’avait scotché la tronche, celui auquel on m’a parfois comparé à la lecture de mes propres textes (« Y’a un peu de Hornby dans ce que t’écris, j’aime beaucoup »). Fuck, Nick, me déçoit pas sur ce coup là ! Dans tous les cas, la couverture est suffisamment jolie pour que je me refuse à ranger le livre plusieurs jours après la lecture. Puis le titre, la classe quand même.

Duncan est un quadra fan de Tucker Crowe, une star du rock qui a disparu du milieu musical depuis près de vingt ans sans explications. Depuis quinze ans, Duncan vit avec sa petite copine Annie, qui réalise de plus en plus que leur relation ne va nulle part. Elle voudrait que Duncan se préoccupe plus d’elle, qu’il lui fasse un enfant. Au lieu de ça il passe son temps à errer sur des forums musicaux pour disserter à l’infini sur son idole. Lorsque Crowe sort Juliet, Naked une version acoustique de son meilleur album Juliet, Annie est la première à l’écouter. Elle déteste l’album, Duncan l’adore. Annie réalise alors qu’à force de vivre avec Duncan, elle en a fini par être anesthésiée, ne plus avoir d’avis sur rien, laisser le temps passer. La critique virulente de Juliet, Naked, qu’elle rédige sur Internet fera office de déclaration de rupture. Ce qu’elle n’aurait pas pu prévoir, c’est que son texte poussera Crowe à sortir de son silence et nouer un début de relation avec elle.

Si d’après le synopsis vous pensez que ce roman est l’histoire d’Annie, vous avez perdu. Enfin, non, c’est bien l’histoire d’Annie. Le problème c’est qu’Hornby alterne les points de vue narratifs et passe trop de temps sur Duncan et Crowe, qui ne sont qu’accessoires. Si Juliet, Naked a bien est problème, c’est que trop de pages sont dévolus à des scènes ou des personnages qui n’en mériteraient pas tant. Je me suis retrouvé face à des phases de textes pénibles car à côté de la plaque, ou en tout cas à côté de ce qui m’aura au final beaucoup plus dans le livre. Hornby parle de musique comme personne et construit une réflexion sur la manière dont la culture peut cimenter un couple et lier les individus. Des pistes de réflexion très intéressantes, émaillées de passages vraiment bien sentis, touchants ou drôles. Autant j’avais trouvé Slam cohérent mais plat, autant je trouve Juliet, Naked inégal mais avec de bons morceaux parasités par des éléments plus creux.

En revenant à ses obsessions sur la musique et le couple, Nick Hornby se rapproche d’High Fidelity, dans lequel il avait malheureusement déjà tout dit. Juliet, Naked, sans être raté est trop hétérogène à mon goût pour s’élever au rang des meilleurs romans de l’auteur. Je n’ai plus qu’reprendre mon mal en patience. A dans trois ans !

Demain on parlera de gens qui sont morts.

STEAL THAT PITCH STAGE !!!

Le truc fun, c’est que j’avais bousculé tout le pitch d’un de mes futurs projets (Perfect Ten) parce que je trouvais l’intrigue de Juliet, Naked trop similaire. Il s’avère que non, mais que mon personnage féminin tente la même chose que le perso féminin d’Hornby. Funny.

328 – Double Shot Review (Book 42 / Cine 40)

Il est de notoriété publique que j’aime beaucoup Nick Hornby. Même que Pour Un Garçon est un de mes films préférés (jusqu’à ce que je lise le livre). C’est pour ça que j’en veux pas à cette raclure d’avoir eu la même idée que moi pour son prochain bouquin (adieu, roman No 3…). M’enfin je peux toujours me venger en décrétant que son meilleur opus est derrière lui ! Car qu’on se le dise, High Fidelity est proche de la perfection. Bon, en vrai, j’avais fait que voir le film y’a un paquet d’années, sur les conseils avisés de je sais plus qui. A force de boulotter des trucs plus ou moins bons, je me suis dit qu’il était peut être temps de me manger un vrai livre. Le genre de texte qu’un pote aura offert à sa copine en préambule à toute relation. Car tout est dans High Fidelity.

Rob a trente cinq ans et vend des vinyles à Londres (ou à Chicago si vous regardez le film). Laura, sa copine, vient de se tirer après plusieurs années de vie de commune. Et Rob a comme la légère impression qu’elle se barre avec le voisin, un connard qui a des goûts de chiotte en matière de zique. Traumatisé par ce rejet sentimental de trop, Rob décide de faire l’inventaire de sa vie amoureuse, dans l’espoir de trouver une solution à ses déboires à répétition.
Ecrit en 1995, High Fidelity a un bon petit goût de vintage. Tout ça parce qu’Hornby est un grand fan de pop/rock et qu’il ne se prive pas d’émailler son roman d’un tas de clins d’oeils plus ou moins obscurs à la musique de l’époque. Heureusement pour le gros bouffon que je suis, les références ne sont jamais un frein à la lecture.

Le style de Nick est fluide, sans bavure ni fioriture, très actuel. Ca se laisse lire avec un réel plaisir, principalement car la grand force d’High Fidelity est de savoir taper juste. On croise bon nombre de passages introspectifs qui sonnent vrai, qui sont des manifestes de tous les petits travers, les joies et les espoirs des mâles contemporains. Malgré le souvenir du film encore assez précis j’ai dévoré le roman avec un rare plaisir. Il s’agit là d’un véritable petit classique de la littérature actuelle. Chaque chapitre me donnait envie de l’offrir à une fille différente. J’irais jusqu’à dire que n’importe quelle nana (ou mec) un peu paumée par sa moitié devrait le lire. Haute Fidélité est aussi juste que sensible en plus d’être très drôle. Et si vous faites partie des grosses feignasses qui n’aiment pas lire, rendez-vous service en regardant le film. Le casting bute (John Cusack, Tim Robbins, Catherine Zeta-Jones et Jack Black), le réalisateur bute (Stephen Frears) et en combo bonus l’adaptation est plutôt réussie, même si quelques passages en or disparaissent en même temps que le texte.

Ayé, c’est bon, je suis prêt à lire plein de bouquins de merde là, j’ai eu ma dose de bonne littérature qui va bien ! Demain une pure anecdote de fou sur comment j’ai failli faire la pute pour être édité !

TRAILER STAGE !!!