815 – Puppy Love

J’aime bien Richard Gere. Non, sérieusement je le trouve cool. Dans le genre plus je vieillis plus je suis beau gosse il se pose là. Puis il joue dans des films un peu débiles, leur conférant ce petit charme qui les sépare du téléfilm du dimanche. Confère le très regardable Shall We Dance, que j’assume. Oh oui je l’assume. Du coup plutôt que de tagguer les affiches de Hachi (où on voit Richard tenir dans ses bras un petit chiot marketé pour être le plus mignon de l’univers et faire fondre la ménagère), j’ai googlé le truc dimanche dernier pour voir si ça pouvait pas me servir de digestif au menu best of prévu pour le déjeuner. Oui, j’aurais pu aller au cinéma, le voir, rapport au fait que j’ai la carte Illimitée. Mais le ciné, c’est loin, et pour un film potentiellement naze pareil, j’allais pas prendre le risque de braver le ridicule.

C’est sur Wikipédia que le truc devient intéressant. Le film est un remake de l’adaptation japonaise de l’histoire vraie du chien Hachiko, Dans les années 20, ce chien attendait son maître à la gare de Shibuya tous les soirs, réglé comme une horloge. Lorsque son maître est décédé d’un accident vasculaire cérébral, Hachi n’a pas cessé sa routine, continuant à venir à la gare chaque jour. Le personnel et les commerçants alentours l’on adopté et nourri pendant près de dix ans. Entre temps Hachi était devenu une légende nationale, propulsée par les médias et devenant un symbole de loyauté dans un pays attaché à ses valeurs. Aujourd’hui encore une statue du chien est érigée à Shibuya, à l’endroit précis où Hachi a attendu son maître tout ce temps. Cool story bro, indeed. Mais là, ce qui m’a frappé, c’est que cette histoire, je la connaissais déjà.

Je ne sais pas si vous vous souvenez de The World Ends With You, le jeu qui est à mes yeux la meilleure expérience que j’ai pu avoir sur Nintendo DS. J’avais lu des tonnes d’articles sur le fait que le Shibuya retranscrit dans le jeu était vraiment fidèle à la réalité, qu’on avait un vrai goût du décor et de la culture de ce quartier branché Tokyoïte. Anyway. Dans The World Ends With You tu dois passer à plusieurs reprises devant la statue en bronze d’un chien à la gare. Et quand j’y avais joué j’avais trouvé ça cool, comme lieu. Il me semble qu’ils racontaient déjà l’histoire, succinctement, malgré le fait que tous les japonais la connaissent. A ce moment j’ai eu une espèce de double révélation. J’ai su qu’il fallait que je voie ce film, parce que ça allait être sympa. Surtout j’ai eu l’impression de savoir un truc, enfin d’être au courant d’une véritable anecdote culturelle japonaise, le genre beaucoup plus bandant que n’importe quel anime pour otaku en manque.

Alors j’ai commandé mon Big Mac à côté de chez moi et j’ai regardé Hachi, le film. Ca ressemblait beaucoup à un de ces téléfilms sirupeux qui passent sur M6 l’après midi, mais avec des vrais acteurs connus et en plus joli. Dommage que le truc soit sorti directement en DVD aux US (Richard Gere bordayl !). J’ai larmiché quand il fallait (même en sachant forcément à l’avance que Gere y passait). Pour un dimanche aprem’ en solitaire, je crois j’étais dans le mood. Surtout, lorsque j’ai supprimé le Divx en me faisant la promesse d’aller tirer une place avec ma carte à une borne UGC dans la semaine, j’ai repensé à The World Ends With You. Puis j’ai repensé au Japon. Je me suis dit que j’irais bien voir la statue d’Hachi à Shibuya, que je trouve ça vraiment super comme bout de culture nippone. Si ça se trouve, et c’est même certain, des histoires comme ça il y en a plein à découvrir.

Au final un remake à priori bas de gamme américain, direct to dvd, m’aura donné envie de voyager, ou au moins aura poussé un peu plus loin l’idée. J’en suis le premier surpris. Rien que pour ça, c’était pas mal.

TRAILER STAGE !!!

Owai de la guimauve !

787 – Second Impact

Dans le boitier du DVD on trouve une petite brochure avec un avant-propos. Le texte est écrit par un professeur de cinéma, un mec qui, il y a déjà dix ans, avait publié huit livres sur le sujet. Dès les premières lignes, le ton est donné : Michael Bay est un véritable artiste, génie du cinéma. Okay. J’adore cette édition d’Armageddon. Je l’ai chopée d’occasion, sur les interwebs. A sa sortie ce coffret double DVD était déjà vendu au prix fort, entre 30 et 40$. Il faut dire que c’est la seule version Director’s Cut qui existe (okay, apparemment on compte tout juste trois minutes en rab’, mais sur le principe). La seule version avec une tripotée de bonus et plusieurs commentaires audio. Je voulais investir dans ce que je considère comme le film tellement parfait qu’il est trop parfait lors de sa sortie récente en haute définition. Mais ça aurait été une galette toute nue. Car les avantages que je viens d’énumérer sont exclusifs à l’édition Criterion.

The Criterion Collection a été fondée en 1984. Le but de cette société de production est de sortir des éditions de référence de grands films qui, à leurs yeux, méritent un traitement spécial. Ils ont commencé leur travail sur Laserdisc, avant de passer au DVD et à présent au Blu-Ray. Leur passion aura eu une influence gigantesque sur le marché de la vidéo. C’est eux qui ont été les premiers à sortir les films dans leur format cinéma d’origine au lieu des recadrages dégueulasses de l’époque. Vous savez, réduire les bandes noires en coupant des bouts d’images sur les côtés, le truc pour les connards inférieurs qui veulent que l’image prenne toute leur TV 4/3. Au début du DVD aux US of A chaque film sortait en version 4/3 ou 16/9. Qu’on autorise des gens à acheter la version pour cinéphobe me révulsait. Criterion a aussi inventé le concept de commentaire audio, et les bonus en général. Tout ça, c’était leur idée. Avoir une édition Criterion à la maison, c’est un peu Noel en fait.

La jaqauette en carton est super classe. Une affiche inédite est produite pour chaque film et arbore le logo discret de la collection. La qualité du transfert audio/vidéo et des bonus est sans égale, impossible d’avoir pareil ailleurs. Enfin, pas difficile vu que tout ce est produit en terme de bonus ou de restauration par Criterion est exclusif. Quand Michael Bay débute le commentaire audio d’Armageddon par « Bienvenue sur l’édition Critérion », c’est pas juste pour la frime. Criterion possède les bonus, et ne les partage pas. D’où l’absence de Director’s Cut d’Armageddon dans son édition « normale », tout comme les bonus. Logique, classe, mais pas sans inconvénients. Tant que Criterion n’éditera pas le film en Blu-Ray, les fans comme moi auront le cul entre deux chaises. Mais surtout, c’est le reste du monde qui peut crever. Car la collection Criterion n’existe qu’aux Etats-Unis. Et leurs disques sont tous zonés.

Je pourrais changer ce post en un nouveau pamphlet contre l’absurdité fasciste du système de zones des œuvres culturelles, en particulier à l’époque du tout numérique. Sauf que je suis trop occupé à regarder mon Armageddon, même sans sa jaquette et avec une boîte un peu pétée. Fuck j’adore ce film. Criterion aime nous ! On est l’Europ on est grave des gars cools !

Demain, je tape.

755 – Book Review 126

J’avais promis à Ice Queen de lire Northern Lights, le premier volume de la trilogie culte de Philip Pullman (« A la croisée des mondes »). Le bouquin repose sur ma wishlist Amazon en attendant un sursaut de motivation, mais j’ai retenu le nom de l’auteur. Aussi quand le mec sort un nouveau roman blasphématoire où Jesus et Christ sont deux frangins, ça me fait rêver. En plus, fourberie marketing, le livre possède deux couvertures au hasard, une blanche et une noire (Get It ?). Pas de bol, j’ai eu celle que je voulais pas. Encore moins de bol, mon bâtard de facteur un peu trop feignasse a tellement tassé le colis pour l’enfourner dans ma boîte qu’il a réussi à plier la couverture cartonnée. Juste le truc complètement pas possible. Autant dire que c’était pas méga bien parti. Au moins c’est écrit gros et y’a un marque page intégré.

Le pitch du livre est assez simple. Lorsque Marie est mise en cloque par un ange, elle donne naissance à deux frères jumeaux, Jésus et Christ. Jésus est passionné, bon orateur et physiquement en grande forme tandis que Christ est plus calculateur, chétif et intellectuel. Tous deux sont persuadé que le Royaume de Dieu arrive, et veulent répandre la bonne parole. C’est finalement Jésus qui s’en va parcourir le pays pour prêcher la bonne parole, étant bien plus charismatique que son frère. Christ ne reste pas inactif pour autant puisqu’un étrange personnage l’aura convaincu de prendre en note la vie de Jésus, pour l’histoire, pour que survive la vérité. Mais alors que Jésus prend de plus en plus de risques par manque de mesure dans ses propos, de calcul dans ses actes, Christ est tiraillé par l’envie de réécrire son récit, pour le rendre meilleur, plus inspirant, plus historique, plus apte à créer une Eglise.

Chez nos amis anglo-saxons, The Good Man Jesus And The Scoundrel Christ aura fait couler beaucoup d’encre, les grenouilles de bénitier hurlant au scandale. Pas vraiment de quoi fouetter un cureton tant le texte va dans le sens de la morale chrétienne, passant la moitié du bouquin à définir le bien et le mal à coup d’extraits remixés de textes sacrés. Si Pullman tape sur quelqu’un, c’est sur l’église en tant que concept, sa propension à manipuler les faits, créer des mythes pour s’approprier le pouvoir. Bon, à titre personnel, je trouve que ça fait un peu « Captain Obvious contre les portes ouvertes ». La vraie idée du livre c’est de trouver un moyen d’expliquer la résurrection sans « miracle ». Je vous donne un indice, Jésus et Christ sont frères jumeaux. Ca, c’était cool. Et si je vous spoile c’est parce qu’en dehors de ça, on a vite fait le tour de la question.

Un petit mot sur le style avant de remballer. Les chapitres sont courts, entre trois et six pages et l’écriture est simple. Un comme on raconterait une histoire à un enfant. C’est donc un peu vieillot, proche de ce qu’on attend d’un texte religieux, mais clair à la fois. La lecture est au moins plaisante, même si l’expérience générale m’aura laissé sur ma faim.

Demain, on causera bunker et bonnet de bain.