« Someone, somewhere figured out that, like chimpanzees, superheroes make everything more entertaining. »
Grant Morrison est un des plus grands scénaristes de comics du monde. Voilà. Cet écossais quadragénaire chauve est une figure polarisante dans l’univers de la bande dessinée. Il est autant adoré que détesté et, à titre personnel, je trouve qu’il est capable du meilleur comme du pire. N’empêche que ses All-Star Superman, Batman & Robin ou son run sur X-Men confinent au génie. Comme plusieurs de ses projets hors super-héros comme We3 ou The Invisibles. Surtout, Grand Morrison aime intellectualiser à mort. Puit de science, il creuse toujours plus loin dans la psychologie, l’histoire et les mythes pour trouver du nouveau matériel pour ses scénarios. Une curiosité qui lui a valu d’apparaître dans plusieurs documentaires ou des clips de groupes de rock comme My Chemical Romance.
Grant Morrison est comme tous les génies : fou. Alors quand il écrit un bouquin sur le rapport entre les super-héros et les dieux, on le lit.

Supergods part d’une idée simple, analyser l’histoire des super héros avec un prisme mythologique. Morrison découpe l’évolution des comics en périodes qui lui permettent de soutenir son propos, mêlant société de l’époque, état de l’industrie et courants idéologiques pour rattacher personnages et scénarios à une mythologie sans cesse en mouvement. Et dès que Morrison en arrive à sa date de naissance, il vient s’inclure dans le récit, en racontant une partie de son enfance, ses motivations, ses premiers pas de scénaristes jusqu’au succès. Notons une cinquantaine de pages dédiées à ses expériences avec les psychotropes à Katmandu, qui lui auraient permis de rencontrer des divinités de la cinquième dimension. Et l’influence que cela a pu avoir sur ses comics par la suite.
Là on rigole mais en vrai c’est fascinant.
Le problème avec Supergods est qu’on ne sait pas toujours ce qu’on lit. Est-ce une histoire des comics au fur et à mesure des bouleversements de la société américaine, un traité philosophique sur le parallèle entre le super-héros et les divinités, une autobiographie de Grant Morrison, auteur prolifique, fou et fascinant ? Le livre est un peu tout ça à la fois, d’où une impression de lecture un peu disjointe. On peut s’emmerder prodigieusement sur dix pages pour être fasciné par les dix suivantes, tout en étant déçu qu’il en manque une dizaine sur tel ou tel sujet peu approfondi. Frustration. Heureusement qu’on apprend plein de trucs super cools comme par exemple que Grant Morrison a écrit un numéro de The Ultimates à la place de Mark Millar pendant que celui-ci était à l’hôpital sans qu’aucun lecteur ne s’en rende compte.
Grant Morrison reste un personnage controversé et ce n’est pas Supergods qui fera taire ses détracteurs. La presse US n’a pas été tendre avec le livre et bien que je reste un peu sur ma faim, je crois l’avoir plus apprécié qu’eux. J’imagine qu’un néophyte curieux des comics l’apprécierait encore plus.
Avec un peu de chance, à ce stade de l’article, vous devriez savoir si c’est pour vous ou pas.
BUY STAGE !!!
Si oui alors hop, on passe à la caisse.