[Suite de la note 183]
Grâce à la superbe logique interne de mes camarades, on aura rédigé à l’arrache, sans relecture globale, sans indication et chacun dans son coin (en ce qui me concerne, post accident perso). Bref, le rush à la con. Le passage devant jury et amphi aura été la pire catastrophe de l’année. La flippée, cause principale des deux tiers des emmerdes logistiques bégaiera comme un otage d’Al-Qaïda face caméra avec un flingue sur la tempe. Le rockeur débite sa partie sur un ton monocorde je m’en foutiste. Il a le droit, il a une mèche rebelle. Et pour sa défense, aura assisté à toutes les réunions de groupe tout en restant passif. Le superpouvoir qui m’aura fait défaut. Reste le winner, qui sauve ce qu’il peut en restant pro avec son super powerpoint. Moi ? J’ai tenté de redresser la barre en faisant mon sketch habituel. J’étais dynamique, débitant les vannes qui avaient fait mon succès pendant mes deux ans en fac. La suite, j’en ai déjà parlé. Le prof méprisable qui me prend à parti devant 100 étudiants en me disant que je n’étais pas intéressant. L’air outré de ma prof de marketing qui bien qu’adorable, n’a pas du aller voir de one man show depuis des années. Et moi qui réalise, trop tard, que je suis à Neuilly et que les gens ont un (placard à) balais dans le fondement. Comment on dit déjà ? Ah oui.

Dans les minutes qui ont suivies la mise à mort post-exposé à base de questions réponses (effectivement j’aurais ptête pas dû dire à ce moment là que “le sujet était paaaas…”), je suis allé me réfugier en salle informatique pour ne pas me liquéfier. Un trio de filles que je ne connaissais pas m’ont dit que j’avais été plus vivant et plus intéressant que les autres, qu’elles aussi n’ont pas compris. Même son de cloche pour mon retour dans l’amphi. Ça m’aurait presque sauvé ma journée. Jusqu’à ce que j’apprenne que les trois énergumènes qui constituaient mon groupe étaient partis se confondre en excuse auprès du trop partial prof, me mettant tout sur le dos. Forcément, j’avais été la cinquième roue du carrosse, celui qui n’a pas fait sa part, qui a planté tout le monde. Le prof m’ayant dans le nez depuis un moment, goba leur version avec autant plus d’aise.
De mon côté, j’ai attendu le prof à la sortie de l’amphi. Je voulais lui dire à quel point c’était dégueulasse d’attaquer personnellement quelqu’un en public, dans un contexte où il ne pouvait pas se défendre. C’était petit, mesquin, minable. Et ce, d’autant plus que provenant d’un professeur de “communication”. Les minutes passaient et je me rendais compte que je n’allais pas avoir d’excuses, que j’étais juste complètement foutu. Ma prof de marketing me trouva là, à retenir mes larmes. Elle aussi pensait que j’avais été un gros branleur en présentation alors que je ne faisais que jouer un rôle qui m’avait toujours réussi. Je crois qu’elle a compris sur le moment. Suffisamment pour motiver l’autre prof et m’envoyer un mail pour essayer de relativiser. J’ai répondu sur un ton courtois, trop content de pouvoir m’expliquer, je n’ai jamais eu de réponse. L’un dans l’autre, j’ai hâte de le recroiser en cours cette année.

Est-ce que j’ai merdé ? Sûrement oui. Mais pas autant que le groupe de limaces autistes avec qui j’ai bossé. Pas autant que la paranoïaque psychorigide de service qui nous aura forcé a aller à deux à l’heure et à me faire perdre du temps. Parce que voilà les faits (c’est là qu’il faut copier-coller pour m’insulter plus tard) : je suis bon. Quand il s’agit d’exposés je suis putain de bon ! Je suis rapide, je suis efficace, je suis concerné. J’ai passé ma scolarité entière avec des profs et des élèves qui me disaient qu’ils avaient hâte d’entendre mon prochain exposé. Oui, je suis bon à ce point. Alors que je sois passé au statut de paria me fait doucement rigoler. Surtout quand je me souviens que le temps que j’ai libéré durant cette période , je l’ai utilisé à faire l’amour, à écrire un roman, à parfaire ma culture générale et à tisser des véritables amitiés.
Depuis la rentrée, voilà où j’en suis. La paranoïaque ne m’a littéralement pas adressé la parole depuis février dernier. Le winner tente de sourire face à ma gueule, mais hurle à la déléguée qu’il refuse de bosser avec moi dans mon dos (ou, une fois sa place enfin sécurisée dans un groupe, me dit l’air de rien que je devrais me bouger de me trouver des partenaires : lol). Seul le rockeur aura eu les couilles de me traiter de gros connard et de me dire d’aller me faire foutre. Bizarrement, depuis, même si on se parle pas des masses, j’ai pas ressenti de haine particulière.

Après le cours de jeudi dernier, une fois les équipes de travail assemblées, la fille (cf note 183), sûrement rassurée d’avoir échappé a ma présence dans son groupe, viendra se confondre en excuses.
- Désolée d’avoir été cash. Je manque de patience en ce moment mais c’est pas méchant toussa. Enfin, tu comprends hein ? Faut pas m’en vouloir…
- Nan mais c’est pas grave, je préfère l’honnêteté. Et puis en plus tu m’as offert des citations vraiment collectors. Du bling verbal. Royal. Sérieux rien que pour ça, ça valait le coup de me lever ce matin !
- Mais… heu… Tu vas pas le dire sur ton blog ? Hein ?
Perdu.
Bon, je peux me faire abattre froidement maintenant. Rien à foutre j’ai déjà le sujet de demain dans la machine. On causera de pourquoi les baveux ne doivent pas baiser.
FUN FACT STAGE !!!
Deux jours après le week-end d’intgration, un jeune homme de Master à découvert d’étranges bubons sur ses lèvres. Oui, il a chopé de l’herpès. Problème, il n’a emballé absolument personne de tout le weekend. Le mystère reste entier.