608 – Joke City Police District

Je suis un type plutôt naïf. Ca doit être la faute à mon optimisme forcené, mais on peut me faire gober quasi n’importe quoi. Prenez ce pote de collège, qui un jour à eu l’excellente idée de m’appeler au milieu de l’aprem’ un mercredi en se faisant passer pour une radio locale, me tenant la jambe quinze bonnes minutes à me faire jouer à un jeu débile pour me faire gagner des CD. Je n’avais pas reconnu sa voix, ni celles de ses copines de chez qui il téléphonait. La blague s’acheva sur une explosion de rire généralisée et des vannes dans la cour de récré pendant une bonne semaine. Ah ah qu’on l’a bien eu ce jeune Le Reilly. Or s’il y a bien un truc que je hais sur cette planète de merde, c’est les canulars. Dix ans plus tard, je l’ai retrouvé sur Paris (preuve s’il en fallait qu’ils prennent vraiment n’importe qui au Celsa). Et après toutes ces années, j’avais toujours un début d’envie de lui coller mon poing dans la gueule.

Je suis un type plutôt marrant. J’ai vide adopté la maxime comme quoi fille qui rit, à moitié dans ton lit. Fun fact, ça fonctionne. Mais dans l’humour comme dans le reste, il y a des crimes. En ce qui me concerne, j’ai un très faible niveau de tolérance au canular. Dans les faits, c’est fomenter et créer le malheur ou l’humiliation de l’un pour faire rire l’autre. Ce n’est donc pas se moquer de quelqu’un qui glisse sur une banane, c’est mettre la banane sous ses pieds. S’il existait une police de l’humour, le canular serait répréhensible, considéré comme le crime qu’il est. Je dis ça sans une once d’hypocrisie. De toute ma vie je n’ai jamais appuyé sur un interphone au pif, je n’ai jamais composé un numéro dans l’annuaire pour faire une farce, je n’ai jamais orchestré la chute de quelqu’un pour m’en moquer. Je dois être un kikoo lol, trop préoccupé à me mettre à la place de la victime pour esquisser le moindre sourire.

Je suis un type plutôt sérieux. Dimanche quelqu’un à trouvé le moyen d’accéder à mon Twitter pour poster une connerie : « LeReilly se demande le prix d’une escort-girl aux States ». Lolilaule. J’ai pas ri. Je crois que personne à ri en fait. A part le crétin congénital auteur anonyme. Une personne qui ne connait pas l’adage comme quoi les blagues les plus courtes sont les meilleures en refusant de revendiquer son minable tag’ à la face du web. Attention point Godwin : Ben Laden revendique ses attentats lui au moins. Sauf que je suis sérieux. Et quelqu’un qui s’amuse à infiltrer mes comptes, non seulement ça me fait pas rire, mais ça me met en rogne. Sérieusement. Imaginez que vous rentriez chez vous pour voir une bite dessinée au marqueur sur le mur du salon. Qui à les clefs de chez moi ? Comment il les a eues ? Ce serait dans la vraie vie, la police, ça la ferait pas rire non plus. Ah oui mais on est sur le net, un endroit magique et bucolique où rien n’a d’importance.

Je suis un type plutôt geek. Sur le net j’ai mes mails, mes réservation d’avion, ma carte bleue, pas mal de mon boulot. L’usurpation d’identité, le hack ou whatever, ça va nettement plus loin que la simple blague. C’est un beau motif de poing dans la gueule. A fortiorri quand on ne vient pas avouer, rassurer, faire amende honorable à la victime sur le dos de qui on s’est bien marré. Alors j’ai passé deux jours à tout sécuriser un gros coup, faire des déductions, pris de nouvelles habitudes. Et la confiance que je pouvais accorder en tous mes amis/connaissances/contacts vient de baisser d’un cran. Un ninja UMP n’aurait pas été plus efficace. C’est dans ces moments là que j’aurais aimé qu’existe une police des mauvaises blagues, constituées de clowns de Stephen King, pour rappeler à certaines personnes ce qu’ils sont. Pas. Drôles. (et lâches accessoirement)

Allez, rendez-vous demain pour une note bittersweet.

601 – Book Review 98

J’ai des amis étranges. Prenez cette copine intime d’un réalisateur qui envisage d’acheter les droits d’un bouquin pour en faire peut-être un long-métrage. Parce que pour compenser les fois où j’achète des romans pour des raisons toutes bêtes, parfois, j’en chope pour des raisons complètement bordéliques. Ce qui m’intéressait dans Givrée, c’est d’essayer de voir ce qui pousse un mec à mettre une malette de cash sur la table pour acquérir les droits (ah tiens faudrait parler de ça aussi, du fait que l’éditeur rafle la moitié du magot, que c’est un coup de pute systématique). L’auteur, Alain Monnier, est d’après la couverture docteur ingénieur en environnement. Etrange. Son dernier opus est sorti chez Flammarion fin aout pour la rentrée littéraire. D’où l’opportuniste passage en poche de Givrée, dispo pour moins de quatre euros, ce qui est cool.

Marie est une trentenaire frigide, et c’est pas moi qui le dit. Elle partage son temps libre entre l’Amant (avec une majuscule, s’timportant) et l’Ecrivain, un quinqua amoureux d’elle depuis quinze ans. Les emmerdes de Marie commencent quand elle fait l’acquisition d’un réfrigérateur flambant neuf, qui ne fonctionne pas. Alors que la société qui lui a vendu l’appareil est incapable de fournir la moindre pièce de rechange, Marie tombe dans l’engrenage des frigos. On lui refile des vieux modèles pour la dépanner, on tente de lui filer des modèles de remplacement le temps que tout rentre dans l’ordre. Bonne pate, un peu lunaire, obsédée par le type de la hotline, Marie se laisse faire, se laisse envahir. Le tout sans se douter une seule second que cette accumulation d’équipements électroménagers va changer sa vie, de son boulot jusqu’à sa sensibilité hormonale.


Bon, j’avoue, le pitch est un peu étrange. J’imagine bien Monnier aller voir son éditeur « Dude ! Je vais faire un roman sur les frigos ! ». Au moins c’est original. Mais à part ça ? J’étais d’abord dubitatif, pas bien convaincu au bout d’une quinzaine de pages. Puis j’ai commencé à me laisser prendre par le style, cousu de bons mots et autres phrases parfaitement ciselées. J’ai pouffé un peu, me suis distrait beaucoup, tout en restant en admiration devant tant d’idées littéraires. En fait Monnier, c’est un peu comme Foenkinos, mais en mieux, en réussi, qui ne ressent pas le besoin d’expliquer ses blagues et avance la fleur au fusil. Par contre niveau histoire, ça ne vole ni très haut, ni très loin. Les évènements s’enchaînent comme une suite de sketchs qui tentent de pousser à bout le concept. Mes dents ont grincées quand le personnage de l’écrivain sauve Marie de sa frigidité (oui, c’est à double sens, c’est fait exprès). Cliché du roman français powa !

Mais mon plus gros problème avec Givrée c’est qu’il met en scène le type de femme que j’exècre le plus. Marie dit oui à tout, est passive durant l’ENTIERETE du roman, subit, accepte, subit, abandonne, subit, ment, subit et ainsi de suite. Proprement insupportable. A la fin j’avais juste une envie, la flinguer. Ma plus grosse interrogation reste la viabilité d’une adaptation ciné d’un texte qui n’est quasiment que style, pauvre en substance (malgré ce que les journalistes ont tenté de projeter dessus) et en intrigue. A moins d’avoir un long-métrage hyper stylisé, avec une construction atypique. La bonne nouvelle c’est que s’il se monte j’aurais sûrement moyen d’aller mettre mon nez dans un script piqué en douce.

Ceci tendant à prouver qu’en France y’a quelques livres rigolos, et qu’on peut vendre les droits de son œuvre sans écrire de la soupe pour autant. Plutôt positif non ?

Demain on parlera de mon blog, note 600 oblige.

360 – Book Review 51

Or donc j’étais à Virgin pour pécho le Bégaudeau de la semaine dernière. Le mégastore avait décidé de vendre un max de bouquin en faisait un rayon spécial cul à l’occasion de… heu… la journée de la femme ? Coincé entre deux Angots, je trouve « Le potentiel érotique de ma femme », de David Foenkinos. Jamais entendu parler du type, mais le titre m’éclate. Du coup, hop dans la besace. Renseignements pris, le Foenkinos est auteur Grasset, Flammarion et Gallimard (parce que faut pas s’emmerder dans la vie) depuis ses 27 ans (bâtard). Il paraît aussi qu’il est de bon ton de ne pas trop aimer ce qu’il fait parce que c’est mal et qu’il rabâche des histoires qui ne cassent pas trois pattes à un canard. M’enfin, sur le moment j’avais pas trop le choix vu l’infâme trafic de colis Amazon dont j’étais la victime.

Hector a tenté de se suicider. Atteint de collectionnite aigue, il s’est pourri la vie à accumuler un tas de trucs qui ne servent à rien. Désireux de se construire un alibi pour expliquer les six mois qu’il a passé en clinique psychiatrique, il décide de s’inventer un voyage au bout du monde. C’est dans ses recherches bibliothécaires qu’il rencontre Brigitte. Et pendant un moment, l’amour semble le guérir. Jusqu’à ce qu’il prenne la pleine mesure du potentiel érotique de sa femme.
Ouais, donc en gros, c’est pas un livre de cul. Il n’y a même pas de véritable scène de sexe bien branlée de tout le bouquin ! Pourtant y’avait un peu moyen Par extension, j’ai presque envie de me le faire rembourser mais j’ai de la peine pour le vendeur du Mégastore qui ne connaît à priori pas trop son rayon.

Une fois la déception libidineuse passée, y’a quand même fallu que je le lise. Bah ouais, je l’ai payé. Coup de bol, c’est pas si mal. Pas supruissant, truc de fou toussa, mais bien ficelé, bien mené. Le style est très drôle, exprès je veux dire. Tout en ayant un vocabulaire épuré (euphémisme de simple), Foenkinos arrive à produire une multitude d’effets comiques, et on s’attache a ce personnage principal bien dérangé. En trois parties, le livre est articulé autour de quelques petits twists jusqu’à une conclusion un peu faible. Au final c’est un texte plaisant, pas trop mal foutu et qui remplit bien son rôle de passe-temps dans le métro. Au prix du poche, c’est presque u bon plan. Après j’irais pas acheter un autre bouquin du David directement, mais à l’occase, pourquoi pas.

Bon, c’est pas tout ça mais puisqu’on parle de bouquins, je vous donnerai à 14h des news de mon super colis Amazon. Demain il sera temps de faire un petit topo sur mes avancées dans le stage et causer accomplissement personnel.