380 – Smile Time

En bon gros winneur, je n’ai pas peur des piqures. Jamais. Je fixe la seringue de toutes mes forces lors qu’elle se plante dans la veine, et même pas mal. La seule fois où j’ai bien cru que j’allais crever sur place, c’était dans on a tenté de me faire des piqures à l’intérieur de moi. Bon, c’était dans la bouche, ça compte ! Avant de passer à la case orthodontie, on devait me faire sauter deux dents. D’où injection d’anesthésique local. Ouvre grand la bouche petit Reilly, qu’on vienne te vriller la mâchoire ! Putain de panique, kick dans le matos de la dentiste, hurlements à travers tout l’immeuble, torrent de larme. Ma mère consternée, à deux doigts de m’étrangler pour me faire taire. La dentiste qui finit par crier que si on fait pas ça là, ce sera hôpital et anesthésie totale, et que c’était pas ce que je voulais. Une de mes plus grosses crises médicales ever.

Forcément, maintenant, j’ai une dette infinie envers ma dentiste d’avoir supporté un tel moment d’enfer. Voilà pourquoi quand je suis persuadé que mes dents se déchaussent et que je vais crever sous un pont (si si, il y a un rapport de cause à effet quelque part), bah j’attends de redescendre sur Lyon pour venir me faire checker. La loyauté du client sur vingt ans, ça a quelque chose de beau. Après lui avoir raconté ma life je m’assois et m’apprête a recevoir le verdict. Je tablais sur une greffe de gencive de dernière minute, ou bien sur une nouvelle piqure, d’euthanasie cette fois. Ses doigts me tripotent le dedans de la bouche, ça pue le latex des gents. Au bout de trente secondes elle décrète que mes dents sont nickels, au point qu’on pourrait se demander si je suis bien le fils de mes parents (vu leur dentition à chier).

Bon y’a aussi cette histoire de tartre. Deux ans que je suis pas venu. C’est limite si elle a pas dû s’y prendre au piolet. Ca expliquerait mes crachats sanguins post op. Vu que je la lourde à demander 100 fois si je vais échapper au dentier cette année, elle me refile une brosse à dent électrique. Subjugué par l’appareil gratuit qui fait vroom, je rentre chez moi sans faire de caprice. Au final j’arrive pas a piger pourquoi le dentiste fait tant flipper les gens, le bruit de la roulette c’est toujours moins pire que le dernier single de U2. J’en suis même tellement content que je me suis dit que je devrais pas attendre encore deux ans pour revenir. Ou moins. Non parce que je suis sûr que j’ai un problème, j’ai forcément un problème, j’ai juste pas encore trouvé lequel.

J’aime l’odeur de la névrose au petit matin. Demain on causera bouquin, quoi qu’à l’heure où j’écris ces lignes je n’en ai encore fini aucun, d’où suspense d’ordre personnel. Oh et à 18h y’aura une note Bis avec des brosses à dents et des super héros.

AD STAGE !!!

Tout ça c’est la faute de la dernière campagne qu’on a lancé à l’agence, pour la prévention dentaire. Quand tu vis là dedans au taf’, comment tu veux ne pas psychoter ta race face au miroir ?

366 – Does This Look Infected ?

Depuis deux semaines à peu près, j’ai une douleur qui apparaît à l’articulation des deux dernières phalanges de mon annulaire gauche. Alors comme un sombre crétin j’appuie dessus ponctuellement avec mon pouce pour voir si j’ai toujours mal. J’ai tenté de me bourrer d’anti-inflammatoires, en vain. Au fond de mon lit, à faire pression entre mes doigts, je me pose sincèrement la question de savoir si j’ai un kyste, ou bien un mini cancer qui pousse dans mon articulation et qui écartèle mes nerfs. Je m’imagine avec un doigt en moins, perte d’efficacité des mes caresses, perte de rapidité d’écriture, perte de skill à Gears Of War II, perte de ma classe légendaire. Mais ça c’est rien comparé à la douleur que je ressens lorsque je m’appuie sur ma main droite entière, c’est mon poignet qui me fait méga souffrir.

Je vais pas faire le refrain débile comme quoi Docteur House ça rend super fort en médecine, et que c’est le genre de séries qui génère une génération entière d’hypocondriaques. Fun fact, pour se défendre des attaques des crétins qui pensent que House, c’est pas la vraie vie, les consultants en médecine de la série filent des preuves sourcées sur le site officiel. Non non, la faute est carrément partagée avec Wikipedia (pour les infos plus ou moins fiables de fond), Doctissimo (pour les forums de névrosés et les articles écrit n’importe comment) et enfin Google Image (pour comparer ses plaques avec les principales maladies glauques illustrées par des jpg pixellisés). Jusque là, normal. Mais partez du principe que je suis moi, et que je suis par conséquent plus grave que vous. Y’a quand même eu une période où je lisais la revue officielle d’Oncologie internationale, en PDF et en anglais dans le texte. Quand je pousse une névrose, je le fais à fond.

Par exemple, j’aimerais bien faire analyser ces douleurs articulaires, genre faire une radio, un truc comme ça. Ou alors un petit bilan sanguin en rapport à mes saignements des gencives malgré une hygiène buccodentaire impeccable (un bain de bouche de marque, 7e avec eurocard mastercard ; se brosser les dents comme un barbare parce qu’on a trop de force dans les bras, ça n’a pas de prix). Tiens d’ailleurs j’ai pas les dents qui se déchaussent ? Non mais okay j’ai 22 ans mais quand je suis à 3cms du miroir j’ai bien l’impression que mes gencives sont basses. Et puis ma mère a une dentition à chier, génétiquement parlant je suis un dépotoir. J’essaie quand même de me maîtriser. Heureusement, mes autres névroses le fond pour moi. Je suis trop timide pour aller voir un nouveau généraliste, un nouveau dentiste, un nouveau quoi que ce soit sur Paris. Je préfère attendre de rentrer sur Lyon. Oui, c’est à ce point là. Le jour où mon médecin de famille part à la retraite, j’aurais plus qu’à m’ouvrir les veines.

Sachant que j’ose même pas aller chez le coiffeur à Paris, je suis mal barré. Si je perds ma main droite et que je porte un dentier à 25 ans, vous saurez pourquoi. Tiens sinon c’est pas une ride là ? Fuuuuck !
Demain bouquin. A 16h, micro note Bis.