Quelques mois plus tôt sortait un nouveau comic chez Vertigo : The Unwritten. Le pitch était plutôt cool, l’histoire d’un mec qui dédicace les livres de son père disparu dont il est un héros magicien (très Harry Potter dans l’idée). Et l’idée du truc c’est que Tom, le mec donc, n’existerait pas vraiment, se serait échappé des pages des romans de son « père ». Les autres personnages de l’histoire essayant de le tuer alors qu’il tente de découvrir s’il est fictionnel ou réel. C’est écrit par Mike Carey, un scénariste à qui on l’a fait pas. Vertigo y croyait vraiment, au point de sortir le premier numéro au tarif promo d’un tout petit dollar. Ce qui m’a motivé à bouger mon cul et d’aller en acheter un pour essayer. Problème, j’ai trouvé ça prodigieusement ennuyeux, au même moment où les critiques comics de tous les internets s’extasiaient devant The Unwritten, meilleure nouvelle série de l’année à leurs yeux.

A titre personnel, je considère que le boulot d’un critique va bien plus loin que de simplement donner son avis. Un critique doit avoir une certaine prise sur le médium en question. Il doit avoir un background culturel conséquent, un esprit d’analyse et savoir identifier les éléments objectifs constitutifs des œuvres, comme la structure narrative, le cadre d’un film, les caméras, ces trucs. Sans cette base d’analyse, ce n’est pas une critique, c’est un avis amateur. Tout comme un critique doit être aussi capable de se mettre dans la peau d’un autre, superposer une couche d’objectivité en plus de son ressenti. Savoir dire pourquoi un film lui parle alors qu’il est fondamentalement mauvais. Ou alors comprendre pourquoi les gens aiment Twilight. En gros, sans cette capacité à avoir un double niveau d’appréciation, il manque quelque chose au travail de critique à mon sens. Si je vous dit ça, c’est que si je sais très bien pourquoi je n’ai pas aimé le premier numéro de The Unwritten, je n’arrive pas à comprendre pourquoi d’autres on aimé. Je n’y arrive simplement pas.

Comme j’aime bien creuser quand quelque chose me résiste, j’ai acheté (avec du vrai argent, sans déconner !) le premier recueil de la série, avec les cinq premiers numéros dedans. J’ai tout lu, consciencieusement. Et rebelotte. Je trouve ça mou, très confus, sans grand intérêt. Au bout de presque cent pages le héros en est encore à découvrir le pitch, et je me gratte le crâne. Non parce que je lis les critiques faites sur les sites spécialisés. Je lis les arguments, ce qui plaît. Mais je ne comprends simplement pas. Ca me passe au dessus de la tête. Je n’arrive pas à me mettre dans la peau de quelqu’un qui aime, à voir ce qui peut plaire à un autre que moi. C’est quelque chose de suffisamment rare pour me planter directement sur place. Et sincèrement je n’oserais pas écrire en toute bonne foi une critique un minimum objective de The Unwritten. J’ai l’impression qu’il me manque quelque chose, ce serait parcellaire, une dimension manquante.

Le pire dans tout ça, c’est que je suis tellement frustré de pas piger, que je pense que je vais acheter le Tome 2. Je me dis que c’est obligé, dans le Tome 2 je vais trouver le truc qui tue qui fait kiffer les gens. C’est juste que j’ai pas assez lu la série. Un numéro c’était pas suffisant. Un recueil c’est trop peu. Bordel je veux comprendre !
Sinon, je sais pas de quoi on parlera demain. Du tout.
FREE STUFF STAGE !!!
Si vous êtes curieux, le premier numéro de The Unwritten est dispo en PDF et en anglais sur le site de Vertigo.