557 – Book Review 89

- Quoi, t’as pas lu Life Of Pi ? Mais my god comment est-ce que je peux ne serais-ce que t’adresser la parole, mécréant que tu es !

Ca m’apprendra à demander à une copine quel est le bouquin que, selon elle, je dois avoir lu. Mine de rien, j’aime bien ce petit exercice, me plonger dans un des textes préférés de me potes. La vie de Pi, donc, jamais entendu parler. Epic fail de ma part visiblement vu que ce truc sorti y’a quelques années s’est vendu à moult millions d’exemplaires de part le monde. Cet été le site officiel du roman a organisé une lecture planétaire autour d’un forum pour que les gens échangent autour de l’œuvre au fur et à mesure de leur lecture. Quelque part, c’est stylé. Un sacré jackpot pour son canadien d’auteur, Yann Martel, qui bosse depuis sept ans sur son prochain livre.

Piscine Patel a vraiment un nom à la con, tout ça a cause d’une famille de nageurs. A force que ses camarades se moquent de lui, le surnommant « Piss In », il décide que désormais il serait connu sous le nom de Pi. Le garçon passe les seize premières années de sa vie en Inde. Il partage son temps libre entre le zoo que dirige son père et les différents temples religieux où il rencontre Dieu sans pouvoir pour autant se réclamer de confession judaïque, musulmane ou catholique. Il finit par choisir les trois. Sa vie bascule au cours d’un voyage en bateau pour le Canada. Il voyage avec sa famille et une partie des animaux du zoo lorsque le bateau coule à pic. Seul survivant, Pi se réfugie sur un canneau de sauvetage qu’il doit partager avec un zèbre, un orang-outang mais surtout Richard Parker, un tigre.

Il faudra un tiers du bouquin pour en arriver là, l’auteur passant plus de temps sur l’enfance de Pi que je ne l’avais imaginé. On découvre moult anecdotes à propos des animaux sauvages, de la religion et la culture indienne. Ce qui rend cette longue introduction pas si pénible. Une fois les choses sérieuses en route, je suis resté bluffé par la capacité de Martel à tenir deux cent pages sur un gamin et un tigre sur un canoë. Pourtant l’intrigue tient bon. On passe par toutes les émotions, de la joie à la peur en passant par des chapitres plus introspectifs. Sur la fin l’histoire bascule presque dans le fantastique à la faveur d’une ultime péripétie très sympa. Puis vient le sauvetage et une amorce de twist, pas très convaincante, comme si l’auteur n’était pas certain de sa propre version. Ce dénouement ajoute tout de même une profondeur supplémentaire au texte, qui mérite sans conteste son succès.

A part quelques petites baisses de rythme de ci de là, le rapport à la religion du personnage et ses prières régulières m’aura parfois fait lever un sourcil. Rien de grave cependant. Une fois plus en faisant confiance à mon entourage je n’aurais pas été déçu. Moralité, les amis, c’est bien (conclusion sponsorisée par Disney).

Demain, on parlera marché parallèle.

491 – Cine Club 63

Ce mois-ci on va un peu entendre parler d’Eli Roth pour son rôle de Basterd dans le dernier Tarantino. Mais avant d’être acteur pour série B survitaminée, Roth est surtout réalisateur de films d’horreur tendance bien hardcore. On lui doit récemment les deux Hostels, qui ont inventé le sous genre de torture-porn. La classe, ou pas. A l’origine du succès d’Eli Roth, il y a un premier film, produit pour une misère, 1,5 millions de dollars, soit, réellement, que dalle. Cabin Fever a été financé sur des fonds privés, présenté en festival et raflé suffisament de récompenses pour qu’un distributeur reprenne les droits. Sorti deux ans après son tournage, il devient le film le plus rentable de 2003, rapportant plus de vingt fois son budget. A mon petit niveau, c’est juste un des trucs qui m’aura le plus traumatisé de ma vie.

491 - Cabin Fever

Donc on a une bande de jeunes qui veulent faire la fête dans une cabane au fond des bois. Ils ont de l’alcool, des biatches et plein d’hormones. Ca semble bien parti, malgré les habitants du bled un peu chelous qui les ont fait flipper sur le chemin. La fête est finie quand un étrange type couvert de sang débarque et force la bande de jeune à se défendre, légitimement, jusqu’à ce que mort (et destruction du moyen de transport de la bande) s’en suive. Ce qu’ils ignorent c’est que l’homme était porteur d’une maladie mangeuse de chair. Quand une des filles du groupe se met à saigner de manière inexplicable, ses camarades décident de l’isoler et de trouver un moyen d’appeler au secours. Sauf qu’à moins de savoir d’où provient l’infection, ils ne sont pas plus avancés, et risquent de s’entre-tuer à force de péter les plombs.

491---Weapon-Lettré

Cabin Fever est super flippant de sa race pas seulement parce qu’il est gore, mais surtout parcequ’il n’y a pas de méchant. Ce n’est pas Evil Dead. Ici la mort est un connard de virus. L’absence d’antagoniste est aussi déroutante pour le spectateur que les personnages, qui paniquent assez rapidement. Ecrit dans l’esprit des films hardcores des années 80, Cabin Fever réserve des scènes réellement insoutenables pour les estomacs fragiles. Et chaque fois que l’on profite d’une scène de cul bien chaude (oui, on voit des boobs), c’est pour finir sur de quoi vous faire débander pour le reste de l’année. Partant d’un poncif usé jusqu’à la corde, la cabane dans les bois, Roth brode une histoire flippante car jouant sur nos peurs du XXIème siècle (les virus), tout en ne retenant aucun coup en terme de mise en scène. Cabin Fever est, pour ceux qui survivront le visionnage, un gros punch dans les tripes.

491---Roth-Lettré

Rares sont les films qui peuvent me mettre la pétoche à ce point, encore plus rares sont ceux qui m’auront traumatisés sur plusieurs jours. Pour rien au monde je n’accepterais de revoir Cabin Fever, et pourtant je m’en serais voulu d’être passé à côté.
Demain on parlera de conseils foireux.

TRAILER STAGE !!!

374 – Book Review 54

Parmi mes multiples rituels 2.0 quotidiens, il y a le gros squattage des sites de bandes annonces. Y’a pas si longtemps je tombe sur le trailer des Mystères de Pittsburgh, et ça m’a l’air super de la balle ! Pas seulement à cause de la double présence de Sienna Miller et de Mena Suvari. Mais cette histoire d’un jeune paumé qui se retrouve dans au beau milieu d’un triangle amoureux bisexuel le temps d’un été, ça m’avait l’air super bien. Le genre de films indies que je kiffouille le soir dans mon lit. En farfouillant un peu je découvre que c’est adapté du premier roman de Michael Chabon, un monsieur a qui il faut pas casser les couilles puisqu’il a empoché un Pullitzer. Ca faisait un moment que je voulais me faire les dents sur un Chabon, d’où achat sur mamazon, livraison UPS le lendemain et go !

Méga twist de la vraie vie : en fait le livre ne raconte pas du tout la même histoire que le film ! Okay, c’est la même planète, les mêmes personnes, mais tout le reste est différent (putain faut que j’arrête avec Sliders) ! Arth est fils de gangster qui essaie de trouver un sens à sa vie le dernier été de sa vie d’étudiant. Il rencontre un autre Arthur, homosexuel qui le fascine. Par l’intermédiaire de son nouvel ami, Arth rencontre Phlox, une jolie fille avec qui il entame une liaison et Cleveland, bad boy vivant sur le fil. Tout ce petit monde s’entrechoque le temps d’un été où Arth va choisir qui il veut être pour le reste de son existence.
Hey ?! Où est Sienna Miller dans le bouquin ? 10 pages à tout casser. Et puis pourquoi Arth ne se tape pas Cleveland non plus ? Le film m’aurait menti ?

Michael Chabon a écrit Les Mystères de Pittsburgh à 24 ans, comme travail de fin de master. Car aux US of A il existe des facs d’écriture où en lieu et place de mémoire les étudiants doivent rédiger des romans. Jalousie à l’intérieur de moi. Numéro un des ventes pendant trois mois à sa sortie, ce premier livre jouit d’une grande popularité. Malheureusement il m’aura grandement perturbé. Je pense qu’à trop attendre de retrouver ce que la bande annonce de l’adaptation m’avait vendu, je suis peut être passé à côté de quelque chose. Le style est très bon, y’a de belles scènes, une ambiance qui se pose. Pourtant j’ai eu du mal a rentrer à fond dedans, même si à la faveur d’une insomnie, j’arrivais à pénétrer certains des mystères. Au final j’ai un peu l’impression d’être passé à côté de quelque chose de cool, comme quand t’as un bon feeling avec une jolie fille mais qu’elle doit partir trop tôt.

Peut être que je devrais revisiter Pittsburgh dans un moment, essayer de saisir ce qui m’a échappé. Ou peut être que ça fait partie du roman. J’ai aimé, mais je ne sais pas si je devrais le conseiller. Sensation étrange tout ça.
Demain on parlera des rapports hiérarchiques au bureau. Sinon est-ce que je vous mets une note Bis pleine de honte à 19h ?

TRAILER STAGE !!!

En plus les critiques du film sont super mauvaises… Mais la bande annonce fait pourtant super envie !