1094 Bis – Switcheroo

Encore un article qui rejoint les oubliettes.

J’avais rédigée la note 1094 en entier dimanche soir. Elle était pas trop mal. Puis, en y repensant, je me suis dit qu’il n’y avait pas encore prescription sur cette anecdote. Pour un tas de raisons, je ferais mieux de la garder dans un coin. Alors j’ai rangé le fichier Word avec les autres du genre, avec le début de quintuple note sur un voyage d’études qui a mal tourné, ou une sur une conversation entre ma directrice de mémoire et moi. Toutes ces notes que j’ai eu la présence d’esprit de ne pas mettre en ligne. J’avoue, parfois, c’est des potes qui m’ont laté la tronche pour me faire entendre raison.

Le plus drôle, c’est que je serais incapable de les retrouver. Simplement parce que je ne les range pas, je ne les identifie pas. Quand je fais defiler l’intégralité des fichiers individuels de tout ce que j’ai écrit pour ce blog, je ne saurais pas dire lesquelles n’ont jamais été publiées. Ce qui, parfois, est très con. Comme dans le cas de cette note écrite en réponse à une fille, que e n’ai pas osé publier sur le moment mais qui passerait mieux deux ans plus tard.

Peut-être qu’un jour j’irai gratter. J’ouvrirai tous les fichiers, un par un. Ou pas, parce que je suis une feignasse. Et parce que je suis pas certain de me souvenir de tout ce que je vais y trouver.

Enfin, à l’occasion, rappelez moi que le fichier portant le numéro 1094 n’a jamais été mis en ligne. Avec le recul, peut-être que cette fois là…

1047 – Cine Club 113

Donc y’a des mecs qui ont fait un film sur l’histoire vraie des types qui ont inventé le porno sur internet.
Sincèrement, qui n’aurait pas envie de voir ça ?
Depuis la première bande annonce de Middle Men je suis le film de très près. Monté en indépendant, présenté à Sundance, acheté par Paramount et sorti en mode suicide cet été. Aller coller un biopic classé R pour cause de filles à poil du début à la fin entre deux blockbuster ça pouvait pas le faire. Moins d’un million de recettes pour un budget vingt fois supérieur. Oops. Un naufrage plus tard et Middle Men perd toute chance de sortir un jour chez nous. Allociné nous annonce comme date de sortie « inconnue ». C’est mal barré. Heureusement, le Blu-Ray sort ce mois-ci aux US of A. L’heure de la séance de rattrapage est donc venue.

Jack Harris a un talent, celui d’arranger les choses. Texan en 1996 il se déplace à travers le pays pour régler les problèmes des gens et prendre sa commission. Au même moment, deux camés à Los Angeles ont l’idée de vendre du porno sur Internet. Mais comment ? L’un des deux était programmeur de génie avant de tout perdre pour abus de substance. Il réussit à créer un code informatique pour payer par carte bleue depuis le net. Très vite ils se retrouvent submergés de clients (et d’argent) et vont taper à la porte d’un mafieu russe pour avoir plus de matériel porno à vendre. Leur stupidité les met dans le pétrin et c’est là que Jack intervient. Bon père de famille, propre sous tout rapport, il se propose de reprendre le business et d’aller à l’étape d’après : louer leur programme de paiement à tous les sites voulant proposer du porno.

Forcément, pour Jack tout va très vite se compliquer, entre la mafia russe, ses collaboratrices stars du X, sa femme et ses enfants à gérer, un cadavre dans le placard et l’argent qui s’accumule. Basé sur des vrais gens de la vraie vie, Middle Men prend le parti de s’intéresser aux hommes de l’ombre d’un business voyant. Luke Wilson (si si la famille, on t’aime Luke) est intéressant parce qu’il joue un type bien au milieu d’une machine crade. Son parcours personnel et sa tolérance au vice sont au moins autant intéressants à regarder que les péripéties. Mention spéciale à toute la séquence reliant la lutte contre le terrorisme islamiste au porno en ligne. Au-delà du thème et de l’histoire le film est beau, c’est-à-dire en tourné en scope avec un bon directeur de la photo et une réalisation qui fluidifie les longues scènes de discussion.

Middle Men a des couilles. Rien que pour la campagne de pub, ils avaient mis en ligne une fausse vidéo de porno sur YouPorn avec un lien qui redirigeait vers le site officiel du film. Respect. Dommage pour le flop du coup. Middle Men est un bon film, sur un sujet fascinant d’autant plus que ces personnages existent et ont contribué à changer la face du monde.

Si vous pouvez, jetez-y un œil. Ca vaut le coup.

TRAILER STAGE !!!

1012 – Cine Club 109

Cette semaine j’ai regardé un des plus gros flop de l’année : Flipped. Le truc a couté 14 millions pour en rapporter au final même pas 2. Autant dire que vous ne le verrez jamais sortir chez nous, et surement jamais tout court. Ce qui est un peu dommage, vu que c’était plutôt pas mal. Oh et c’est fait par Rob Reiner, le mec derrière la caméra de Princess Bride, Misery ou encore Quand Harry rencontre Sally.

A l’origine un petit roman best seller pour enfant, Flipped raconte l’histoire de Jamie et Bryce, deux enfants voisins dans les années 50 aux Etats-Unis. Dès le départ Jamie tombe amoureuse des yeux de Bryce et le garçon trouve la fille aussi gluante que pénible. Seulement au fil du temps Bryce en arrive à se demander si Jamie est pas plus profonde et intéressante qu’il ne s’imagine au moment même où elle remet en question son adoration inconditionnelle pour le garçon. L’intérêt étant qu’au-delà de l’aspect comédie romantique en culottes courtes, Flipped parle surtout de principes et de ce qui fait que l’on devienne ou pas une personne correcte.

Mais ce qui m’a surtout plu dans Flipped c’est sa structure narrative : on dirait un livre. Le film alterne les points de vue et la voix off donnant deux perspectives à chaque petite scénette, une de Jamie et l’autre de Bryce. Chaque évènement est vu sous deux angles, avec deux narrations différentes, avant de passer au « chapitre » suivant. Ces évènements durent entre 5 et 10min, pourraient presque être chapitrés et dotés d’un titre. J’ai apprécié ce côté bien structuré, qui accélère le film en le rendant digeste.

Une des raisons du flop de Flipped (flipflop ! pardon…) tient à l’aspect visuel. L’histoire se déroulant il y a cinquante ans, l’image est volontairement un peu jaune, les costumes et décors sont bien kitchs (mention spéciale aux feuilles en plastique de l’arbre géant, qui ne survivent pas à la haute définition) et peuvent dérouter, surtout dans un film pour enfant. Ceci étant dit les acteurs, principalement des inconnus ou habitués aux seconds rôles sont top. La gamine est tour à tour flippante et mignonne tout comme le garçon possède une coupe de cheveux épique des années 50.

Je n’ai pas eu besoin d’avoir douze ans pour apprécier Flipped, regretter qu’il ne sorte pas chez nous et envisager de vous le conseiller. Dans le genre mignon, pour tout le monde et assez bien fichu. En cette fin de vacances, pour un soir en solitaire avec mon Pepsi Max, ça l’effectuait.

TRAILER STAGE !!!