900 – Cine Club 104

Il était une semaine bizarre. Déjà la mascarade de la soutenance du mémoire et la fin du supplice éditorial, c’était pas mal. Puis vendredi je suis allé voir le docteur, rapport au fait que je ne me sente pas hyper bien. Il m’a demandé si d’habitude j’ai une tension normale. A priori oui. Non parce que 9 là. Oh. Et donc j’ai mon explication pour les vertiges et les nuits de douze heures. Les retrouvailles avec EvilEx m’ayant achevé je suis resté seul chez moi vendredi soir, à gober des médocs débiles et à me cuisiner de la salade. On a des envies comme ça, des fois. Au passage j’en ai profité pour regarder Solitary Man, un film dont vous n’avez pas entendu parler vu qu’il est presque pas sorti aux US et qu’à priori il ne sortira pas chez nous. Vu le titre et le destin du truc, ça me semblait pas mal pour boucler ma semaine.

Michael Douglas joue un sexagénaire qui avait tout : un business de fou, une femme amante et un petit fils. Puis du jour au lendemain il s’est mis à tricher autant en affaires qu’en amour. Epinglé par les tribunaux, il a du dilapider toute sa fortune pour s’épargner la prison. Sa réputation ne s’en est pas remise. Ses infidélités parallèles lui ont couté sa femme qui préfère en rire qu’en pleurer. Aujourd’hui fiancé à la fille d’un grand financier pour ses connexions, le businessman est plus seul que jamais. Il s’en rend compte lors qu’il accompagne la fille de 18 ans de sa nouvelle compagne à un entretient dans la faculté où il a étudié. Quelques verres de nostalgie plus tard et le voilà qui saute sa belle-fille dans la chambre d’hotel, une connerie de plus qui va le conduire à une seconde ruine, l’isolant plus que jamais de tous ceux qui parvenaient encore à l’aimer.

J’avoue, c’est pas le genre de film que tu regardes pour rigoler. En fait c’était un peu l’accident. Le casting me vendait du rêve principalement, avec Michael Douglas, Susan Sarandon, Jenna Fisher et Danny DeVito (plus le noob Jesse Eisenberg). Du trois étoiles pour un récit assez lent, contemplatif et assez déprimant en fait. La vraie suite de Wall Street ça aurait du être ça : l’histoire d’un pauvre type qui pète un câble et écoute son égoïsme pour avoir l’impression de vivre un peu plus. C’est dommage que Solitary Man ne soit qu’à peine sorti aux US. Déjà qu’il a quasi rien coûté il n’a rapporté qu’un cinquième de son budget, c’est moche. Pourtant les acteurs sont magiques et Douglas bouffe l’écran chaque fois qu’il apparaît, faisant passer tous ses camarades pour des figurants. La classe. En plus de ses cheveux je veux dire.

C’est difficile de recommander un film comme ça, un peu mou, sur un vieux loser. Mais ça avait le goût de la vraie vie et c’était pile ce qu’il me fallait pour boucler cette semaine. J’étais dans le bon état d’esprit pour ça. Peut-être qu’à un moment, vous aussi.
Allez, demain c’est la rentrée !

TRAILER STAGE !!!

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850 – Cine Club 102 / Comic Review 04

Entre 2003 et 2006 fut publiée dans le label adulte de Dc Comics, Vertigo, la série The Losers. Loin des super-héros le comic mettait en scène une équipe des forces spéciales. La fine équipe des Losers aura préféré désobéir à un ordre direct en allant sauver des innocents au lieu de raser toute la zone. Le commanditaire de la CIA, l’énigmatique Max décide de se venger en faisant abbatre l’hélicoptère des Losers. Réchappés in extremis, laissés pour morts et enterrés en traire pour avoir « massacré » des civils, les Losers décident de partir à la poursuite de Max pour laver leur honneur et déjouer les plans machiavélique du sinistre individu. Ils sont en cela aidé par Aïcha, sans savoir quelle réelle motivation anime la guerrière froide et implacable. En gros. The Losers aura duré 32 numéros, soit six recueils, ou deux gros pavés (c’est selon) avant de voir le premier tiers de la série adapté au cinéma cet été. Ou pas en fait, vu que le film n’a jamais traversé l’atlantique.

Malheureusement pour les suites potentielles, The Losers le film aura à peine rentabilisé son pourtant très mince budget. Le long-métrage aura souffert d’un casting d’acteurs habitués aux seconds rôles, de faibles moyens marketings et d’une licence totalement inconnue du grand public. Sans parler du parallèle avec le mastodonte Agence tout risque, sur grosso modo le même sujet qui à débaroulé au même moment. J’étais particulièrement dépité du coup lorsque j’ai vu la date de sortie sur Allociné rester bloquer sur un aussi vague que maudit « prochainement ». J’avais adoré le comic, qui était un mélange d’espionnage et d’action burnée, super bien écrit avec des dialogues décapant et un style graphique ultra stylisé. C’est sur cette série que le dessinateur Jock s’est fait un nom, avec un trait épais, dynamique et pauvre en détails pour plus de puissance. Je reste fan. Cette semaine le Blu-Ray sortait enfin chez nos amis ricains. Zoup, dans ma TV.

Couverture du numéro 12, reprise avec classe pour l'affiche ciné.

Ce fut la claque. A aucun moment le film ne semble souffrir du moindre manque de moyen. Le tournage a en partie eu lieu à Puerto Rico pour une intro dans la jungle ultra crédible et les quelques plans faisant appels à des effets spéciaux numériques sont ultra propres. La réalisation redouble de petites idées et joue avec les lumières brillantes et les teintes saturées pour un résultat qui en met plein la gueule. Je serais le directeur photo d’Iron Man II, tourné pour six fois plus de thune, j’irai me pendre. Dans le même ordre d’idée (cout mini, effet maxi), notons l’utilisation répétée d’extraits du comics, que ce soit pour superposer un dessin de la BD au visage de chaque personnage pour l’identifier jusqu’au générique d’intro et de fin. Le fan en moins se délectait de retrouver des bout de d’un de mes comics préférés. Forcément il aura fallu économiser de la thune par ci par là, comme sur le final qui arrive un peu trop vite et se déroule dans un décor qui manque un peu de charme.

Dans le même ordre d’idée le casting est effectivement composé de seconds couteaux, mais ils ont tous la classe. J’ai une affection particulière pour Jeffrey Dean Morgan qui joue Clay, le chef des Losers. Un acteur avec une vraie présence qui n’a pas eu la carrière qui mérite. Même tarif pour Zoe Saldana qui, malgré le carton d’Avatar, n’a pas percé dans l’esprit du spectateur de base. Elle est ici aussi sexy dans les scènes torrides que badass quand elle fait exploser une bagnole au lance roquette. Mention spéciale à Chris « Captain America » Evans que j’aime toujours d’amour et qui assure en geek blondinet aux vannes débiles. Car les dialogues, qui faisaient une grande partie du charme du comic, sont retranscrits parfois tels quels, à l’instar d’une demi douzaine de scènes carrément cultes pour moi, recrées plan par case (on se comprend). Même si, une fois encore, le film avance presque trop vite, la faute à une intrigue difficile à comprimer en une heure et demie et des limitations de script/budget.

The Losers, le film, aura clairement assuré sa part du boulot, avec une réalisation et un acting aux petits oignons. Typique le genre de petit classique pour soirée du samedi avec un gros bol de pop corn. Je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un petit pincement au cœur en fin de film, à me dire que vu le piètre résultat financier du film, je n’aurai jamais de suite. L’adaptation en pâtit à postériori car le plan de Max n’a pas le temps d’être expliqué et l’arme de destruction massive dont il fait la démonstration est elle aussi sous employée. Dans l’optique d’une suite cela aurait été normal, emboité dans une logique de trilogie. C’est un goût d’inachevé qu’il me reste dans la rétine au final, bien que je sais que mon intégrale est au chaud dans ma bibliothèque.

Malgré ces quelques points noirs, The Losers est plus satisfaisant que l’agence tout risque car plus joli (un comble), plus « cool » et nettement moins cartoon. Big up aux deux scénaristes de luxe Peter Berg (Very Bad Things, Friday Night Lights) et James Vanderbilt (Basic, The Rundown, Zodiac) Un film qui à la classe, tout simplement et qui aurait grandement mérité (plus que d’autres) sa place au soleil du box office de l’été. Si, après visionnage, vous en voulez plus, il reste toujours l’intégrale papier.

Satisfait ou mauvais goût.

FREE COMIC STAGE !!!

Comme d’hab’ chez Vertigo, le premier numéro du comic est en téléchargement PDF gratuit sur la page du premier volume.

TRAILER STAGE !!!

519 – Cine Club 66

L’été s’achève et pendant que la France attend péniblement les retardataires par rapport au planning US (District 9/Funny People), il est temps de compter les pertes. En avril sortait Observe And Report, une comédie interdite aux moins de 18 ans (Ciné Club 66 oblige…). Aux commandes, Jody Hill, jeune cinéaste qui s’est fait connaître avec un autre film qui n’aura pas débarqué chez nous. Fondamentalement, j’aime bien Seth Rogen, qui est un type cool avec un rire communicatif. J’aime bien Anna Faris, parce que sa carrière a survécu à Scary Movie et qu’elle a squatté dans Entourage et dans Lost In Translation. Le fait que le film soit vendu comme hardcore m’avait bien boosté, tout comme les moults critiques positives, m’annonçant une comédie grinçante différente de ce que l’on bouffe depuis quelques années. Une sortie en Blu-Ray Zone 1 plus tard, et nous voilà prêt pour un ciné club.

Ronnie est le gardien en chef du centre commercial d’un bled un peu paumé. Son job, c’est sa vie, sa mission. Aussi quand un pervers se met à traumatiser les clients en exhibant son flasque pénis, Ronnie décide de l’arrêter. L’affaire devient personnelle lorsque la dernière victime de l’exhibitionniste se trouve être Brandi, la vendeuse du magasin de maquillage. Persuadé qu’il tient là sa chance de briller et conquérir la fille de ses rêves, Ronnie passe à la vitesse supérieure et embarquer ses collègues dans son délire mégalomaniaque. Le détective Harrisson de la police tente lui aussi de boucler l’affaire et la condition mentale de Ronnie ne lui à pas échappé. Pour lui, neutraliser le gardien du centre commercial avant qu’il ne disjoncte complètement est tout aussi important que de démasquer le pervers. Forcément, tout ce beau monde court droit à la collision catastrophique.

Surprise, Seth Rogen ne joue pas Seth Rogen. Enfin, disons que l’on tient là un vrai rôle de composition, éloigné du type sympa un peu camé que l’on a l’habitude de voir. Ronnie est un désaxé, quelqu’un qui menace a tout moment de devenir dangeureux. Rogen parvient pour la première fois à vraiment nous filer la trouille. Anna Farris quant à elle joue encore un rôle de pouffiasse, mais ça lui va si bien. On se demande ce que Ray Liotta fout ici mais ça nous fait quand même plaisir. Observe And Report est certes une comédie, mais du genre qui vous file un peu honte quand vous vous marrez. Le film est dérangeant, bien hardcore comme il faut et flirte sans cesse avec l’horreur de la folie humaine. Ce n’est ni léger ni sympa, il s’agit d’une forme d’humour propre à Jody Hill, le réalisateur. Clairement tout le monde ne sera pas sensible à une expérience ciné de ce type. Mais putain quelle bouffée d’air frais !

Il est des films tellement à part que l’on comprend qu’aucun distributeur ne se risque à tenter de marketer un truc pareil chez nous. C’est pourtant son côté unique qui fait d’Observe And Report quelque chose qui mérite d’être vu.

Demain on parlera de toutes mes mamans.

TRAILER RATED-R STAGE !!!