585 – Hammer Time

Mon studio est envahi par le bruit. Tout le temps. Déjà prenez mes deux gigantesques fenêtres au simple vitrage. Même fermées, je peux entendre le bus 96 stopper en bas de chez moi. Premier étage oblige, je me retrouve souvent à écouter les supplications et autres hurlements des jeunes ou moins jeunes gens bourrés qui descendent de la rue Oberkampf au milieu de la nuit. Question voisinage, c’est pas mieux. Entre les meubles qu’on déplace, les chutes chez le voisin du dessus. Ma porte a beau être lourde et blindée, tendance quintuple barre de fer en guise de loquet, elle laisse passer chaque son qui émane de l’allée, que ce soit une engueulade d’immeuble ou un pas lesté par des sacs de courses. Si vous passez à mon étage, tendez l’oreille et vous saurez si je suis en galante compagnie, si je joue à DJ héros, si je ronfle.

By the way, photo de mon couloir prise en boxer a 2h du mat'.

 

L’ennemi vient aussi de l’intérieur du dedans ! Le frigo est clairement aussi vieux que moi, en tout cas il fait tout pour se faire remarquer, à ronronner toute la nuit. Pendant ce temps mon PC portable vieux de quatre ans et demi donne du ventilo encrassé au point que mes invité(e)s se plaignent jusqu’à ce que je l’éteigne pour la nuit. A croire que je me suis habitué, après vingt ans passé dans un grenier de banlieue, à dire fuck off au bruit, longues nuits de doux silence. Ca c’était jusqu’à il y a une dizaine de jours. Depuis, chaque matin je suis réveillé par les vibrations des murs, les ondes de choc qui secouent mon lit presque flambant neuf. Et puis ces bruits sourds, continus, pendant des heures. La putain de sa race, se dit le jeune écrivaillon qui a un rythme proche de quatre heure du mat’ pour un lever à midi. Où comment devenir rapidement irrité au quotidien.

Au début j’ai pensé que tout ça, c’était la faute d’une de mes raclures de voisins (oui, depuis qu’ils m’ont piqué un colis, je suis parano, je les hais, je les crains). A force de faire péter le son sur DJ Hero ils en ont eu marre et se vengent. En fait non. Remember la fois où des pompiers ont débarqué au milieu de la nuit pour stopper un début d’incendie dans un studio en rénovation. Se trouve que les proprios ont décidé de reprendre les travaux à zéro, de tout faire péter au marteau et au burin avant de jouer de la perceuse et compagnie. Je peux rien dire en plus, le tapage diurne, c’est de la merde. Tout ça c’est ma faute d’étudiant chômeur qui ne vit pas dans le même univers que tout les autres. A moins que je ne sorte le lance-flamme et que j’en remette une couche. Un bon coup. Non parce que je vais commencer mon mémoire moi, bientôt, sans déconner.

Finalement, je préfère encore la fuite. Une carte 12-25 renouvelée et me voilà à l’heure qu’il est à commater peinard dans le TGV. Direction les draps propres, les légumes, le meilleur pote et le silence. Mégateuf.

Demain, triple critique littéraire. Vous allez prendre cher.

481 – Tangled Web

Une nuit d’insomnie de plus sur Lyon. La chaleur est étouffante. Malgré ma recente descente chez le coiffeur, j’ai la nuque en sueur. Insupportable. J’ouvre le velux en grand, mouline des bras dans l’espoir de faire circuler un minimum d’air dans ma garçonnière. Plus qu’à attendre que ça brasse, avant d’espérer me rendormir. Dans l’intervalle j’ai allumé la petite lampe qui me permet de bouquiner un vieux numéro de Spider-Man tiré au pif dans ma bibliothèque. Car, curiosité de déco intérieure, je dors contre une étagère entière remplie de comics. On y trouve des traductions françaises, reliées avec des tranches carrées, nettement plus pratiques pour s’y retrouver. J’ai beau les avoir lus des dizaines de fois, je me marre aux même vannes, m’émerveille devant les mêmes dessins et enchaîne les numéros jusqu’à qu’épuisement s’en suive. Je crois que s’il y a bien un truc qui me manque à Paris, c’est ma collec’ perso.

Le fait que je pirate allègrement mes comics n’est pas à scoop. A 4$ l’exemplaire avec un budget d’étudiant, c’est juste pas possible. Mais le principal problème vient du rangement. Quelques siècles plus tôt, je nourrissais l’espoir de classer mes séries, pour m’y retrouver, comme on le ferait avec une biblio normale. Loupé. J’ai depuis longtemps baissé les bras, me contentant d’amasser les nouveautés le haut de piles anarchiques et de virer les vieilleries dans des cartons au grenier. A ce stade je serais prêt à acheter mes comics en ligne, pour un prix cohérent, et disposer d’une biblio numérique bling bling. Le marketing n’en est pas encore là. Alors chaque semaine je télécharge des scans, que je bouffe dans la foulée, avant de les supprimer de mes disques durs. C’est mon compromis, lire mes séries préférées mais ne rien conserver. C’est ainsi que je lave ma conscience.

Et pourtant, cette nuit une fois encore ma collec’ de Spider-Man a volé à mon secours. Sans ça j’aurais ruminé comme un connard et me serais retrouvé le lendemain avec la tête pleine de crasse. Ceci explique sûrement pourquoi samedi dernier, en visite à l’Album de Lyon, je me suis penché sur des vieux numéros de Spider-Man en solde. Parce qu’aucun scan pirate ou légal, sur l’ordinateur portable ou un futur e-reader couleur, ne remplacera le kif de pouvoir simplement tendre la main à côté de son oreiller, attraper un volume et pouvoir tourner les pages, sentir le papier, le ranger et en prendre un autre aussi sec. A la caisse d’Album, avec mes 4 numéros, je me suis surpris à m’imaginer rattraper mon retard, au moins Spider-Man, les avoir en dur, pas autant pour mes éventuels gosse que pour mon propre plaisir sans cesse renouvelé, au milieu d’une nuit mal partie.

Je termine d’écrire cette note ce fameux samedi. Nous sommes aux alentours de trois heures du matin. Je vais aller me brosser les dents et me pieuter, mais je n’éteindrai pas la lumière avant d’avoir englouti une bonne centaine de comics fraîchement acquis. Mioum.

Demain, amnésie passagère.

479 – Zzzzz

Depuis que je suis à Lyon, j’enjoy mon petit lit en 90, le même depuis presque vingt ans (holy shit !). Malgré l’étroitesse de la couche, je kiffe, vu que la semaine dernière j’ai du partager mon awesome Mandal parisien avec cette sale loque de frangin. Le truc avec mon bro, c’est que quand il a décidé de dormir, rien au monde ne pourrait l’en empêcher. Habillé ou pas, dents brossées ou pas, allongé ou pas, quand c’est l’heure, il s’effondre en une trentaine de secondes chrono. Jamais vu un type s’endormir aussi vite. Même tarif quand tu le bouscules pour te trouver un coin de couette, il émerge mais replonge dans la minute. L’enfoiré fait ça depuis sa plus tendre enfance. Voilà qui est extraordinairement pénible pour un putain d’insomniaque névrosé comme moi, bouffé par la jalousie du son amitié avec le marchand de sable.

Je ne crois pas me souvenir d’une époque où j’ai pu dormir comme un bébé. Depuis aussi longtemps que je me rappelle je suis sujet à des insomnies, le genre où tu te lèves à quatre heures du matin pour aller boire du lait à la bouteille, histoire de faire style. Le souci vient du bulbe, de son incapacité à s’éteindre. Mon corps est peut être au ralenti, mais mes neurones semblent vouloir prendre le relais, compenser en augmentant leur vitesse. Ca bouillonne, ça se perd en conjecture, ça rumine des trucs, jusqu’à l’inévitable crise d’angoisse ou attaque de panique qui me force à rallumer la lumière, attraper un spider-man ou autre et bouquiner jusqu’à épuisement. La fatigue intégrale, celle qui vous file le tournis dès que vous tentez de vous lever, c’est ça mon somnifère à moi. Peut-être aussi une question de biorythme, se coucher tard, tout ça, faudrait me coller des électrodes sur la tronche et faire des tests.

Derrière leur écran j’ai des copines qui doivent se marrer. On m’a surnommé la marmotte après tout. C’est plutôt du au fait que dans la journée je m’effondre, je rattrape mes nuits d’insomnie, mon retard de sommeil. Ou bien il y a aussi le fait que je m’endors mieux avec un corps féminin à mes côtés, une masse chaude qui vibre au fil de ses inspirations. L’autre astuce ultime, c’est d’être en stage, dans une routine, avec réveil systématique à la même heure. On rentre sur les rotules pas loin des vingt heures, le temps de checker le net, passer des coups de fil et manger qu’il faut déjà se pieuter. Mais le sommeil facile coûte l’impression que le temps passe à une vitesse hallucinante. Rien de tel que la routine pour dormir jusqu’à émerger à quarante ans et se demander ce qu’on a bien faire de sa vie, acheter une porsche et prendre la secrétaire en doggy style dans le bureau du patron.

Je pense qu’il faudrait développer une profession pour les célibatants qui ont besoin de dormir accompagné. Un genre d’aide soignante, escort girl du sommeil. A réfléchir.
Demain, bouquin, j’essaierai de le trouver bien ! Oh, et y’aura une petite surprise.

COUPON STAGE !!!

A part ça, c’est les soldes anniversaire sur DesignByHumans, un des meilleurs sites de t-shirts du monde. J’avais déjà ces deux , mais j’ai quand même encore craqué. Dans l’opération j’ai mis la main sur un bon pour -10%, donc je fais tourner : Y3MQFP, valable deux semaines. Have fun and stay classy.