Mon studio est envahi par le bruit. Tout le temps. Déjà prenez mes deux gigantesques fenêtres au simple vitrage. Même fermées, je peux entendre le bus 96 stopper en bas de chez moi. Premier étage oblige, je me retrouve souvent à écouter les supplications et autres hurlements des jeunes ou moins jeunes gens bourrés qui descendent de la rue Oberkampf au milieu de la nuit. Question voisinage, c’est pas mieux. Entre les meubles qu’on déplace, les chutes chez le voisin du dessus. Ma porte a beau être lourde et blindée, tendance quintuple barre de fer en guise de loquet, elle laisse passer chaque son qui émane de l’allée, que ce soit une engueulade d’immeuble ou un pas lesté par des sacs de courses. Si vous passez à mon étage, tendez l’oreille et vous saurez si je suis en galante compagnie, si je joue à DJ héros, si je ronfle.

By the way, photo de mon couloir prise en boxer a 2h du mat'.
L’ennemi vient aussi de l’intérieur du dedans ! Le frigo est clairement aussi vieux que moi, en tout cas il fait tout pour se faire remarquer, à ronronner toute la nuit. Pendant ce temps mon PC portable vieux de quatre ans et demi donne du ventilo encrassé au point que mes invité(e)s se plaignent jusqu’à ce que je l’éteigne pour la nuit. A croire que je me suis habitué, après vingt ans passé dans un grenier de banlieue, à dire fuck off au bruit, longues nuits de doux silence. Ca c’était jusqu’à il y a une dizaine de jours. Depuis, chaque matin je suis réveillé par les vibrations des murs, les ondes de choc qui secouent mon lit presque flambant neuf. Et puis ces bruits sourds, continus, pendant des heures. La putain de sa race, se dit le jeune écrivaillon qui a un rythme proche de quatre heure du mat’ pour un lever à midi. Où comment devenir rapidement irrité au quotidien.

Au début j’ai pensé que tout ça, c’était la faute d’une de mes raclures de voisins (oui, depuis qu’ils m’ont piqué un colis, je suis parano, je les hais, je les crains). A force de faire péter le son sur DJ Hero ils en ont eu marre et se vengent. En fait non. Remember la fois où des pompiers ont débarqué au milieu de la nuit pour stopper un début d’incendie dans un studio en rénovation. Se trouve que les proprios ont décidé de reprendre les travaux à zéro, de tout faire péter au marteau et au burin avant de jouer de la perceuse et compagnie. Je peux rien dire en plus, le tapage diurne, c’est de la merde. Tout ça c’est ma faute d’étudiant chômeur qui ne vit pas dans le même univers que tout les autres. A moins que je ne sorte le lance-flamme et que j’en remette une couche. Un bon coup. Non parce que je vais commencer mon mémoire moi, bientôt, sans déconner.

Finalement, je préfère encore la fuite. Une carte 12-25 renouvelée et me voilà à l’heure qu’il est à commater peinard dans le TGV. Direction les draps propres, les légumes, le meilleur pote et le silence. Mégateuf.
Demain, triple critique littéraire. Vous allez prendre cher.





