483 3/3 – Top 3 Saturdays 36

[Suite et fin des deux tiers d'avant. J'aurais du lui demander de faire la mise en ligne lui-même namého !]

One– Butterfly / San Francisco

Décembre 2007, ma douce et moi sommes en vacances chez ses parents, à Denver. Ce qui veut dire qu’il est temps de s’échapper quelques jours, direction San Francisco. Je ne m’étendrai pas ici sur la ville en elle-même parce que l’intégralité de TheBestPlace n’y suffirait pas. Sachez juste que ça reste, et de loin, la plus belle ville qu’il m’a été donné de voir. Après 2 jours de tourisme à travers la ville et de sexe dans un 4 étoiles, nous allons visiter Alcatraz. La visite est formidablement instructive, la boutique bien garnie en biographies des plus grands esprits criminels américains. Bref, ne serait cette légère faim qui commence à poindre en attendant le ferry du retour, tout serait parfait. A peine à quai, nous décidons d’écouter nos instincts primaires et de nous jeter sur le premier restaurant venu, même s’il est entendu qu’un restaurateur ayant déjà investi dans un spot pareil n’aura probablement pas eu grand cash à miser sur la qualité culinaire… On s’en foutait, on était heureux et amoureux. Ca nous suffisait…

Monumentale erreur ! Le Butterfly – petit nom de l’endroit – s’est avéré capable de me sortir un club sandwich à l’image du pays : généreux, un brin extravagant mais totalement inoubliable. Du sour bread, des morceaux de poulet qui semblaient avoir été sélectionnés autant sur leur look que leur qualités intérieures, du bacon croustillant et une petite sauce qui révélait la richesse des crudités sans jamais les parasiter ! A bien y repenser, je crois que c’est la dernière fois que j’ai été authentiquement Heureux. Les choses n’ont fait que se déliter par la suite. La demoiselle est sortie de ma vie, et, depuis, même les succès ont un arrière-goût amer. Parce que le goût du Bonheur était tout entier dans ce club sandwich… Je ne doute pas que si Jean-Baptiste Clément avait eu le loisir de visiter ce restaurant, les communards de 1870 (et les coeurs brisés, depuis) eussent vibré au son du « Temps des Chicken Salad Club Sandwich » ! Donc, si vous passez par le Pier 33, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Je ne désespère pas moi-même d’y retourner un jour, on verra…

On ne le dira jamais assez : les Club Sandwiches forment la jeunesse !

UPDATE STAGE !!!

Mon ami Wikipedia m’apprend à l’instant que le Bang Between The Pitons a été revendu en 2000 à l’hôtel adjacent, le Jalousie Plantation (vous remarquerez qu’on a un certain sens de l’appellation, à Ste-Lucie…) Je ne peux donc pas vous garantir la pertinence de mes propos à ce jour. Encore cette foutue roue qui efface tout, et nous oblige à avancer sans nous retourner…

483 2/3 – Top 3 Saturdays 36

[Suite du tiers de note précédent, je sais, c'est le bordel... Pas ma faute, c'est Tonio, il a mis les pieds sur la table et maintenant impossible de l'en déloger !]

Two – Restaurant Tomaz / Amsterdam

C’était un peu la bonne surprise de cette année – c’est important, un nouvel entrant dans un Top3, ça montre aux jeunes qu’on a su rester proches d’eux ! Avant que je découvre Bruxelles, Amsterdam a longtemps été ma ville préférée. Ayant de la famille pas loin, j’y ai passé une partie non négligeable de mon enfance, adolescence et autre jeunesse qui s’enfuit. Fut un temps, je vous aurais mentionné le club sandwich du Café Luxembourg, une brasserie mythique de la ville, qui dispose d’une vue magnifique sur le Singel, pour peu que vous preniez la peine d’aller squatter le fond de la salle. Mais, depuis quelques années, force était de constater que le coeur n’y était plus. J’ai mis longtemps à me l’avouer, mais je ne ressentais plus le même amour dans la préparation du sandwich de l’auguste restaurant. Est-ce lui qui a changé ? Moi ? Je ne sais au juste, mais il était temps d’en tirer les conséquences. Personne ne repasse par sa jeunesse, chantait le poète…

C’était oublier un peu vite que la vie est un plateau de club sandwiches n’attendant que d’être découverts, pour peu qu’on s’égare dans les bonnes ruelles. Ce qui m’est arrivé récemment, sous l’impulsion de la demoiselle qui accompagnait mon dernier trip amstellodamois, et qui trouvait les restaurants de cette ruelle aussi typiques que charmants. Le « Tomaz club »est préparé avec du bon pain frais tout ce qu’il y a de plus batave. Il est assez copieux, et chaque bouchée nous rappelle que légaliser le club sandwich n’était pas seulement un acte politique courageux, c’était une véritable tentative de faire évoluer l’humanité vers un stade supérieur ! Et, tout d’un coup, Amsterdam s’en est trouvée réenchantée…

GUINESS STAGE 2 !!!

Record de blabla breaké une nouvelle fois !

Fatalement, à suivre à 20h pour la fin des aventures culinaires de Tonio à travers le monde.

483 1/3 – Top 3 Saturdays 36

[Seconde incursion/squatt de mon ex-boss, ex-celsien mais toujours scénariste Tonio dans une triple note]

Comme on ne peut pas éternellement traverser la planète pour ramener des artefacts geekissimes inédits à ses amis, mais que j’aime toujours bien faire des cadeaux, j’ai décidé d’offrir une (presque – il assure quand même les images, faut pas déconner…) journée de repos au Reilly en assurant une nouvelle fois l’intérim de The Best Place. On pourrait bien sûr épiloguer sur l’unilatéralité de cette décision collective, ou sur la relativité de ma popularité locale, mais ça nous ferait perdre un temps précieux qu’on ne passerait pas à parler de club sandwiches. Oui, parfaitement, de club sandwiches ! Je sais que, d’ordinaire, ici on cause plutôt burgers et autres parfums de coca. Mais, pour autant que j’apprécie un bon CBO (ou mieux, sa version Indiana Café, avec l’oeuf en plus !) de temps à autre, j’estime qu’il est un âge où l’homme se doit d’avoir un avis sur les snacks de la haute, ceux qui se dégustent accompagnés d’une bière à 7 $ ou d’un verre de « chardonnay » (en français dans le texte). Une conquête du monde réussie passe par le club sandwich, tenez-le vous pour dit ! Et comment conquérir le monde sans en faire le tour, je vous demande un peu… Top 3 Saturdays des meilleurs club sandwiches de la planète, donc !

Three – Bang Between The Pitons / Ste-Lucie

Nous sommes en 1998. Je viens d’avoir mon bac avec mention, et l’équipe de France de gagner la coupe du monde – nous entraînant dans le torrent de beuveries que l’on sait (ou devine). J’ai 16 ans et la Vie doit estimer qu’il est temps de m’enseigner une leçon primordiale : la roue tourne, et tout ne peut pas rester éternellement idyllique. De fait, croisière familiale dans les Caraïbes ! Vous ne voyez pas le rapport ? Relisez la phrase précédente et attardez-vous sur le mot « familiale »… Un bateau conçu pour loger 6/7 personnes, c’est, grosso merdo, 12 m2 exploitables, ce qui laisse finalement très peu d’espace personnel – je vous laisse faire les divisions qui s’imposent, ça mettra un peu d’interactivité dans cette note. Je suppose qu’il est arrivé un truc similaire à Sartre en 1943 et que son premier réflexe, à peine le pied à quai, fut de sauter sur la première Remington venue pour y taper frénétiquement « Huis-Clos ». Vous voyez l’idée… Si les bateaux civils modernes n’ont plus de poudrière, c’est sans doute parce que l’essor des marins de pacotille a rendu cet équipement complètement obsolète.

Heureusement, cet été-là, la Vie n’est décidément pas avare d’enseignements. Elle m’apprend – même si, souvent, je peine à m’en souvenir – que toute tempête comporte son accalmie. Mon oasis sera le Bang Between The Pitons, fabuleux restaurant au nom suffisamment bien pensé pour m’éviter une pesante description du paysage. C’est au milieu de ce cadre assez enchanteur que je goûte le club sandwich fondateur, celui qui donnera un sens, une quête à ma vie – le premier shoot, en quelque sorte. Il est simple mais élégant. Ses différentes composantes sont classiques mais parfaites, à l’image du propriétaire des lieux, Sir Colin Tennant. Un authentique lord échoué dans l’archipel, devenu restaurateur après avoir été propriétaire foncier. Au début des années 50, l’homme était propriétaire de Moustique, île qu’il a progressivement vendu à la découpe à toutes les rock/movie/politic’ (biffez les mentions inutiles) stars de la planète. C’est vous dire s’il a les moyens d’importer directement son bacon d’Irlande…

Quel enfoiré ce Tonio avec ses anecdotes made in bling bling !

A suivre à 14h…