Ca va bientôt faire vingt piges que je me traîne un frangin. Même qu’à partir d’aujourd’hui il squatte mon appart’, vu qu’il doit boucler sa prépa par une série de concours en partie parisiens. Plus tard il sera chercheur en physique ou un truc comme ça. En gros, le mec en blouse qui se prend un balle entre les deux yeux quand un commando terroriste vient voler des fioles d’antimatières dans un centre secret, bah ce mec là, en train de pisser le sang sur le parquet, ce sera mon frangin. Accessoirement c’est aussi une pourriture de gros geek, à custom son PC jour et nuit. D’où son absence d’ordi portable, d’où le fait que je ne puisse le laisser en pâture seul face à la jungle Panaméenne. Je suis donc rentré sur Lyon sans mon précieux, resté à l’appartement, mort de solitude sur mon bureau.

Y’a eu cette fois où des potes sont passés à la maison. La copine de l’un d’entre eux s’était fixé un petit défi à la con (pléonasme) : arriver à s’incruster sur mon ordi portable. J’ai freiné des pieds autant que possible avant de céder. Parce qu’un laptop quatre ans d’âge, c’est un peu comme une relation longue avec l’être aimé. On a pas envie de faire tourner, de laisser voir à un autre les entrailles, les secrets et les tics d’années de mariage heureux. Sans parler des potentiels de foirage induit par une fausse manip’. L’insolente s’est débattue une bonne heure pour pouvoir balancer, triomphante, sur son Facebook « A gagné mon pari, je suis sur l’ordinateur du Reilly ». Connasse. Je me fous que ton mec lise ça. Connasse quand même. Mon ordi n’est ni un numéro ni un jouet, c’est mon amour !

Pendant une bonne semaine je suis privé de laptop, que mon bro va utiliser pour checker ses mails, s’orienter et s’amuser. J’essaie de pas trop psychoter pendant que j’installe en ce moment même tous les logiciels qui vont me permettre de continuer à taffer à la maison. Je me permets de vous signaler très fort l’existence de DropBox, un dossier magique de 2Go qui se trimballe sur l’interweb et est accessible sur toutes les bécanes après une simple installation. Voilà comment je peux récup’ des trucs oubliés a Paris et les utiliser à Lyon, sur la bécane familiale ou fraternelle. M’enfin, rien ne vaut son propre matos, et rien que pour ça je risque de recraquer pour un portable hors de prix au lieu d’une bête de fixe pas chère en septembre. Voilà le véritable visage de l’addiction ! De toute façon si mon frangin me gonfle, je fous le bordel dans son disque dur, renomme ses pornos en comédies romantiques pour lui plomber ses soirées avec sa copine.

Bon, allez, une semaine à peu près à tenir. Yes, I can ! J’ai qu’à penser fort à Obama, ou bien lire des livres. Comme ça je pourrai vous en parler la semaine prochaine, mais demain on parlera cul.





