453 – Wife Swap

Ca va bientôt faire vingt piges que je me traîne un frangin. Même qu’à partir d’aujourd’hui il squatte mon appart’, vu qu’il doit boucler sa prépa par une série de concours en partie parisiens. Plus tard il sera chercheur en physique ou un truc comme ça. En gros, le mec en blouse qui se prend un balle entre les deux yeux quand un commando terroriste vient voler des fioles d’antimatières dans un centre secret, bah ce mec là, en train de pisser le sang sur le parquet, ce sera mon frangin. Accessoirement c’est aussi une pourriture de gros geek, à custom son PC jour et nuit. D’où son absence d’ordi portable, d’où le fait que je ne puisse le laisser en pâture seul face à la jungle Panaméenne. Je suis donc rentré sur Lyon sans mon précieux, resté à l’appartement, mort de solitude sur mon bureau.

Y’a eu cette fois où des potes sont passés à la maison. La copine de l’un d’entre eux s’était fixé un petit défi à la con (pléonasme) : arriver à s’incruster sur mon ordi portable. J’ai freiné des pieds autant que possible avant de céder. Parce qu’un laptop quatre ans d’âge, c’est un peu comme une relation longue avec l’être aimé. On a pas envie de faire tourner, de laisser voir à un autre les entrailles, les secrets et les tics d’années de mariage heureux. Sans parler des potentiels de foirage induit par une fausse manip’. L’insolente s’est débattue une bonne heure pour pouvoir balancer, triomphante, sur son Facebook « A gagné mon pari, je suis sur l’ordinateur du Reilly ». Connasse. Je me fous que ton mec lise ça. Connasse quand même. Mon ordi n’est ni un numéro ni un jouet, c’est mon amour !

Pendant une bonne semaine je suis privé de laptop, que mon bro va utiliser pour checker ses mails, s’orienter et s’amuser. J’essaie de pas trop psychoter pendant que j’installe en ce moment même tous les logiciels qui vont me permettre de continuer à taffer à la maison. Je me permets de vous signaler très fort l’existence de DropBox, un dossier magique de 2Go qui se trimballe sur l’interweb et est accessible sur toutes les bécanes après une simple installation. Voilà comment je peux récup’ des trucs oubliés a Paris et les utiliser à Lyon, sur la bécane familiale ou fraternelle. M’enfin, rien ne vaut son propre matos, et rien que pour ça je risque de recraquer pour un portable hors de prix au lieu d’une bête de fixe pas chère en septembre. Voilà le véritable visage de l’addiction ! De toute façon si mon frangin me gonfle, je fous le bordel dans son disque dur, renomme ses pornos en comédies romantiques pour lui plomber ses soirées avec sa copine.

Bon, allez, une semaine à peu près à tenir. Yes, I can ! J’ai qu’à penser fort à Obama, ou bien lire des livres. Comme ça je pourrai vous en parler la semaine prochaine, mais demain on parlera cul.

336 – We Are Not Alone

La semaine dernière c’était la dernière ligne droite des petits noob de licence dans mon école (alors que nous autres Masters on se la coule douce depuis un mois). Le truc cool avec la fin de l’année au Celsa, c’est le classement du concours de nouvelle. J’en avais déjà parlé mais qui dit école élitiste dit au moins une ou deux bonnes idées, genre forcer des élèves formatés et matérialistes à pondre un nouvelle. Les trois meilleures sont publiées dans un recueil sur lequel les élèves touchent rien, ce qui est légèrement un scandale, mais passons. Comme je l’avais senti venir, la fille aux plus jolies lèvres est arrivée sans problème dans le top 8 des écrivaillons qui n’en veulent. Plus qu’à attendre l’avis du jury de romanciers, journalistes et éditeurs. Perso, je ne m’inquiète absolument pas pour elle. Pour cause, sa nouvelle est super bonne !

Déjà l’année dernière j’avais un peu plongé tête la première dans quelques PDF, principalement ceux des filles canons (I’m looking at YOU Sexy R. !). Okay, y’avait un tas de rebuts dans le tas, mais aussi quelques trucs vraiment bien écrits, au moins du niveau de me mettre une petite humiliation en privé. Cette année je n’ai pas encore lu beaucoup des textes mais je pense rattraper le coup pendant mes pauses midi durant le stage (que je commence aujourd’hui, remember, pensez à moi, mégahug et tout). Le seul truc qui soit pire que de lire une mauvaise nouvelle dans un effort désespéré de faire plaisir à une fille en fleur, c’est que sa trentaine de pages soit une tuerie. Même à mon petit niveau de jeune qui n’en veut, je suis très rapidement dévoré de jalousie. Dès que mon cerveau reprend le dessus, je me mets à soupire. Pour la simple et bonne raison que malheureusement, rares seront ceux qui oseront pousser l’expérience plus loin que le simple devoir d’école.

Quoi qu’en on dise, le courage est avant le talent le critère numéro un de sélection pour sortir un putain de bouquin. On a beau avoir du talent, si on n’a pas la foi indéfectible en son taf’, on ira rarement loin. Quand je me perds à penser à tous les putains de talents dans la nature, ça fout les jetons et je me dis qu’heureusement que peu d’entre eux auront la bonne idée de venir me faire de la concurrence. Paradoxalement quand je lis une ou deux nouvelles de mes camarades, j’ai qu’une envie, c’est leur mettre un putain de gros coup de pied au cul ! Au-delà de leur envie d’en découdre avec leur pros, l’autre petit problème, c’est qu’ils n’ont pas forcément quelque chose à raconter. C’est dans ces moments là qu’on se souvient que fond et forme sont deux notions complètement séparées, surtout en matière de littérature. Shit, j’ai l’impression d’être un mini éditeur moralisateur wannabe !

De toute façon, lire les textes des autres, ça prend beaucoup trop de temps ! Bwah ah ah ! Je préfère relire les miens en boucle dans une démarche masturbatoire ! Ou pas. Bref.
Tiens si demain on parlait de mon incroyable capacité à rien planifier ?

BONUS NOTE STAGE !!!

Rendez-vous à 14h, et d’ici là pensez à moi qui débute mon stage. Merci.

263 – The Douche Within

- Matthias ! Tu peux me rendre un service ?
- Faut voir, c’est quoi ?
- Faudrait que tu laisses un message un peu hot sur mon message Facebook pour faire chier mon mec qui me les brise en ce moment.

Bon. Je sais pas pourquoi mais je sens que ça va encore me retomber sur le coin de la gueule si je fais ça. En plus, j’aimerais pas que ma nana me plante des couteaux dans le dos comme ça. Sans parler du fait que ce mec là, objectivement, je le connais pas. Il m’a rien fait. En même temps c’est un coup à bien se marrer. Sans parler du fait que ça fera jaser sur Facebook et que bon, elle est quand même bien cute elle. Je suis faible face au côté obscur. Ce qui devait arriver arriva, et deux jours plus tard :

- Tain il me casse les couilles il me parle plus à cause de ce que t’as marqué sur mon mur. Quel con ce type. Ah et il te déteste maintenant aussi.

C’est un de mes petits défauts de fabrication. Les mecs de mes amies ont une fâcheuse tendance a pas pouvoir me blairer. Mais attention ça peut aller très loin, comme cette copine dont les deux derniers mecs ont juré de la quitter si elle me voyait, mais genre juste moi, pas le reste de ses potes. D’un côté c’est cool, je me sens badass hardcore, dangereux, un véritable prédateur sexuel ! Quelques minutes avec leur copine et c’est la vertu de ses damoiselles que je déchirerais en même temps que leur chemisier (oui, je suis en Master, je traîne qu’avec des filles en chemisier). Si seulement. Parce que en vrai pas tant que ça en fait. Bon okay, des fois un peu. Y’a rarement de fumée sans feu. Mais je suis en majeure partie un chic type. J’ai juste quelques fragments de douchebag dans mon ADN, reliquats d’une évolution depuis l’homme de cromagnon encore inachevée.

On pourrait croire que j’ai qu’à prendre sur moi, à l’aide de ma surpuissante force morale. Mais en même temps c’est tellement fun de faire chier des crétins. Encore une fois, un mec me fait ça je lui brise les genoux. Paradoxe maléfique, égocentrisme injuste, quand tu nous tiens. Non, la vraie solution pour me rendre doux comme un agneau : il faut avoir un mec inattaquable. Prenez cette fille de ma classe, qui a des goûts vestimentaires totalement hallucinant de qualité. Pourtant je me tiens à carreaux. Parce que son gars est un super beau gosse complètement sympa, et qu’il avait un casque autour du cou la dernière fois que je l’ai croisé (imparable). Tu discutes cinq minutes avec lui et tu dis que s’il avait pas une Playstation 3 ça pourrait être un type en or. Voilà où je voulais en venir. Si vous êtes une nana à qui je casse les couilles, trouvez-vous un mec bien, ça me calmera direct.

Pas de long épilogue aujourd’hui. C’est le début des vacances. Faut que je m’organise pour rentrer sur mes terres. Demain Top 3 ! Enfin Top 9 vu que y’aura trois tops. C’est ça l’esprit de nowel !