
Ce qu’il y a de bien avec les passions, c’est que tu trouveras toujours plus passionné que toi sur le même sujet. La semaine dernière je burgerais avec O’Brian, scénariste de profession, accessoirement le relecteur le plus pointu, juste et technique que j’ai pu avoir. O’Brian aime le cinéma. Plus que moi. Plus que toi. En marge de son travail il écrit des articles dans des revues spécialisées. Ce qui lui a permis de rencontrer à plusieurs reprises le directeur du Gaumont Disney Village. Je vous en ai déjà parlé (de la salle), c’est là-bas qu’on trouve le seul véritable écran IMAX commercial en France, le plus grand du pays (deux terrains de tennis de surface). Autant dire que le type qui la gère est lui aussi un véritable fan du septième art. Et quand deux cinégeeks se croisent, ils parlent chiffres. Pas de recettes de films, pas de quantité de pop-corn vendus, non, ils parlent résolution de projecteur et nombre d’images par seconde.
Toutes les salles de cinéma de France ne se valent pas, question projection. Par exemple le passage à une projection numérique (un disque dur au lieu d’une pellicule pour des couleurs plus éclatantes et moins de flou) n’est pas encore achevé. Sachant que ce n’est qu’une étape. Les outils évoluent et le nombre de pixels projetés fait de même. Pour vous donner une idée, le nouveau projecteur IMAX du Gaumont Disney Village envoie deux images à 2K, soit une résolution horizontale de 4000 pixels pour un film en 2D (à diviser par deux pour la 3D, fatalement). C’est quatre fois plus que votre meilleur Blu-Ray sur votre meilleure TV, bien que la taille de votre LCD soit bien moindre. C’est aussi quatre fois plus que les projecteurs numériques de première génération. Autant dire qu’il reste encore un gouffre visuel entre ce que la majorité des gens observe et ce qui se met doucement en place.
Pendant ce temps-là, en Nouvelle-Zélande, Peter Jackson est en plein tournage des deux films Bilbo Le Hobbit. Okay, cool. Sauf que pour la première fois on tourne un blockbuster à quarante-huit images par secondes. C’est deux fois plus que d’ordinaire mais ça sert à quoi ? Principalement ça élimine le flou de mouvement, le truc désagréable dès que la caméra bouge trop ou pendant un bref instant tout est flou. Ça permet un rendu plus réaliste (dans le sens plus proche de l’expérience de regarder le vrai monde avec ses yeux), plus agréable. Et ça augmente le niveau de détails, vu que tu as deux fois plus d’images qui défilent. Oh et ça rend la 3D plus supportable car plus fluide, avec un meilleur rendu. D’ailleurs si on écoutait James Cameron, il faudrait tout filmer en soixante images par seconde (minimum) avec des caméras IMAX 3D (qui crachent peinard autour de 18K de définition).
Alors quand je parle de ma TV HD Ready 0,720K à O’Brian, ça le fait doucement mourir de rire. Puis on échange nos bonnes adresses, la salle prestige du Publicis sur les Champs ou le Max Linder à Grands Boulevards. Ces caves pour les aventuriers du pixel perdu, de la luminosité toujours plus grande et du son non compressé.
Le plus stimulant dans tout ça, c’est que le meilleur est à venir. Nos yeux pleurent déjà de joie.






