632 – Cine Club 80

Forcément à New York je suis allé au ciné, ce qui m’a fait un peu étrange rapport au fait que je suis habitué à juste faire chauffer ma carte illimitée. Le prix des places est à peu près le même que chez nous, ce qui est, heu, toujours trop cher en fait. Par contre ce qui est cool, c’est le placement des pubs. En gros tant que c’est pas l’heure, des pubs défilent sur l’écran, ce qui offre une option pour les gens qui arrivent tôt et qui n’ont pas envie de discuter. Puis à l’horaire prévu, les lumières s’éteignent et c’est un tunnel de bandes annonces qui nous arrive dans la tronche. Plus d’une demi-douzaine d’affilée. Le pied total. Toute cette organisation me semble beaucoup plus logique que les vingt minutes de pubs à l’heure du film chez nous. Seul bémol, les salles sont plus petites qu’en France. Même le plus gros IMAX de New York fait peine comparé à celui de Disney Village.

Nan parce que je suis retourné voir Un conte de Noël en IMAX, et ça a fait bien zizir de le voir en 3D et vieil anglais sans sous-titres à la fois. Juste, dix-huit dollars le ticket, ouille sa grand-mère. Je me suis aussi offert Up in the air, le prochain Georges Clooney par le réalisateur de Juno et Thank You For Smoking. L’histoire d’un mec dont le job est de virer les employés à la place des patrons, trop lâches. Il passe sa vie dans les avions et n’a jamais eu d’attaches jusqu’à ce qu’il rencontre Alex, aussi belle et voyageuse que lui. Forcément, tout ne va pas se passer aussi bien que prévu. Chouchou des critiques, Up in the air a démarré une belle carrière de film indé et devrait débarquer auréolé d’une bonne couche de hype fin janvier chez nous.

A part ça, demain je vais voir Avatar. Oui, je sais, je suis à la bourre. Mais c’est aussi ça d’être exigeant, ayant décrété que ma première vision se ferait au Gaumont Disney Village. C’est l’IMAX ou rien, surtout après avoir vu la bande annonce en IMAX à New York. Ca va roxxer des poneys comme on dit chez nous. Comme prévu les aigris ayant prévu de le détester le détestent (exemple de Lam « Ahlala, je sens que je vais pas aimer » « Bah ouais, j’ai pas aimé », la méthode coué marche aussi pour le mauvais goût) pendant que ceux à l’esprit un peu ouvert (comprendre pas blasé), capables de faire abstraction du contexte (thune/promo/hype) prennent un pied fou. Avatar a réussit à faire bouger mon radin de frangin de chez lui et lui faire payer un surcoût pour la 3D. Rien que pour ça, c’est pas un film normal. Je sais déjà que je vais aimer, ce que j’en ai lu, ce que j’en ai vu m’ont rassuré. Plus qu’à survivre au RER.

Au final c’est ça qui est pas mal avec le cinéma, c’est que c’est la même chose à peu de détails près partout dans le monde. Oui, même a New York y’a des gros douchebags qui textotent tout le long du film. Sale connard de merde.

Sinon demain, j’arrête de parler des US, retour à la programmation normale.

TRAILER STAGE !!!

512 – This Is Great

Jeudi, James Cameron lâchait enfin le premier teaser d’Avatar, les premières images de son premier film de fiction depuis Titanic, il y a plus de dix ans. Forcément, une telle attente aura créée bien des fantasmes de la part de cinéphiles adeptes d’un homme qui maîtrise son art comme personne. Les réactions ne se sont pas faites attendre, très vite la communauté des passionnés de cinéma s’est divisée entre ceux qui furent émerveillés par ces deux minutes quasi muettes, et ceux pour qui le design serait une barrière infranchissable à leur plaisir. Ceux pour qui un choix de style conditionne tout. Ceux qui sont prêt à enterrer un film sur moins de 120 secondes. Ceux qui ont visiblement perdu toute capacité à s’émerveiller, leur putain d’âme d’enfant passée à la moulinette de leur besoin de s’affirmer en tant qu’adulte qui cotise pour sa retraite et son pavillon en banlieue. Parce qu’au bout du compte, Avatar reste un des films les plus sincères qu’il vous serra donné de voir cette année.

Quand on pense deux secondes, cela fait combien d’années depuis le dernier grand film de Science-Fiction qui ne soit pas un remake, pas une suite, pas une prequel, pas une adaptation ? Ouais, voilà. La seule chose qu’on ne peut pas reprocher à Jim, c’est d’être opportuniste. James Cameron aura écrit le premier script d’Avatar il y a 14 ans, à une époque où la technologie n’était pas prête. Alors il a attendu. Pour l’occasion il a une fois de plus repoussé les limites de la technologie, participant à la création de caméras offrant un meilleur rendu pour la 3D et travaillant avec la WETA (Lord Of The Rings, King Kong) pour intégrer la performance de ses acteurs sur les modèles en images de synthèse. Contrairement aux films qui ont précédés Avatar, ici les personnages ont des yeux vivants. Lorsque Jake découvre son nouveau corps Alien dans la bande-annonce, qu’il s’exclame dans un souffle « This Is Great », son visage, son expression, c’est ce qui m’a convaincu.

A partir de là je me fiche pas mal du design, les créatures qui habitent ce nouveau monde sont vivantes pour moi, à mes yeux. Je suis prêt à oublier la technique pour m’embarquer dans ce Dance Avec Les Loups de l’espace, à croire à l’amour que se portent des créatures d’une autre planète. Après je me connais, je suis de nature enthousiaste, toujours prêt à m’émerveiller, à me jeter tête la première dans un film. Histoire d’être sûr, vendredi j’ai bougé mes fesses à l’Avatar Day. Le même jour, à travers le monde, des cinémas proposaient de visionner un échantillon de 15 minutes de scènes du premier tiers du film. Le tout en projection numérique 3D, gratuitement. J’ai le tournis rien qu’à penser au coût financier d’un tel coût marketing à l’échelle de la planète. Accompagné de Pollux et sa chérie, nous sommes allés au Pathé le cœur gonflé d’espoir. Une demi-heure plus tard, nous avons fait le tour du cinéma et sommes retournés illico dans la salle.

Je le savais. Voir les images du teaser dans leur contexte, entendre les acteurs interagir, évoluer dans un monde fantastique, tout est différent. Le quart d’heure nous a semblé si court, comme une poignée de secondes. A chaque fois la salle entière a applaudi, pour manifester leur enthousiasme, trop intense pour être contenu dans nos corps de passionnés. L’espace d’un instant, entre la première et la seconde séance, nous avons eu pitié des aigris, de ceux qui sont tellement formatés par le cinéma prétendument rebelle, où tout est gris et où tous les héros sont constipés. Cameron est un gosse, pas comme Georges Lucas qui ne pense qu’à vendre des jouets, un gosse au sens premier, fasciné par l’aventure, des mondes remplis de couleur et de vie, habités par des personnages au grand cœur qui n’attendent que de se faire foudroyer par l’amour. Une forme de cinéma de plus en plus rare et pourtant si essentielle.

Si la Fox est prête à fabriquer des dizaines de bobines promo, à bloquer des salles de cinéma pendant deux heures et louer gratuitement les lunettes 3D, c’est qu’elle joue gros. Un tel travail d’orfèvre aura coûté des sommes monstrueuses. Avatar ne doit pas marcher que sur les geeks, les hardcores. Le défi est de faire venir vos parents, vos grands-parents et vos cousins beaufs. Ce sans quoi ce sera une catastrophe financière sans précédent. Et de la même manière que l’échec de Watchmen à causé l’annulation de projets de films osés interdits aux moins de 18, si Avatar se plante j’espère que vous êtes prêt à continuer à vous bouffer des suites et des adaptations de jouets au cinéma pendant des années. Le teaser à laissé pas mal de gens « normaux » sur le carreau, histoire pas claire, design douteux. Je ne peux qu’espérer que la Fox sera suffisamment douée pour les exposer à ne serait-ce que quelques minutes de ce que j’ai pu admirer vendredi, où la 3D sert l’histoire au lieu d’en mettre plein la tronche, et où l’on oublie le design pour se laisser emporter ailleurs, à l’autre bout de l’univers.

Décidément j’enchaîne les notes à rallonge en ce moment. J’en reparlerai. Tout comme je recauserai sûrement d’Avatar. L’avant goût que j’ai pu avoir reste collé à ma rétine et fin décembre ne m’a jamais paru aussi loin. Pour la première fois depuis trop longtemps, je crois au Père Noël.

TEASER STAGE !!!

Pour ceux qui ne l’ont pas encore vu. Bien que je vous conseille plus que fortement d’aller chercher une version HD.

490 – Top 3 Saturdays 37

Bien sûr, je pouvais pas me dispenser d’une note un peu geek sur le ComiCon de la semaine passée, la Mecque des geeks qui veulent découvrir tout ce qu’ils vont payer l’année prochaine. Voici donc venir le Top 3 de ce qui aura hypé le plus à San Diego cet année ! Bientôt chez vous.

Three – Avatar

Il fallait bien un retour de bâton. Après des mois, que dis-je des années de hype, Avatar aura presque déçu pour sa première présentation publique. Premier vrai film de James Cameron depuis Titanic, cette histoire de guerre intergalactique matinée de love story devait violer la rétine de tous les spectateurs. Mais non, ce n’est au final qu’un film, sûrement un putain de bon film, mais une pellicule à la con. Comme je l’ai lu sur un très bon site ricain, il valait mieux que le retour à la réalité se fasse à six mois de la sortie du film. Une fois les fanboys redevenus lucides, ils auront le temps de trouver un tas d’autres raisons d’attendre Avatar comme le messie. A James Cameron de créer la surprise et de nous prouver qu’une fois de plus, personne n’est à sa hauteur (à part Michael Bay of course).

Two – Iron Man 2

Iron Man premier du nom était la sensation du ComiCon 2007, mettant en orbite une franchise qui avait tout à prouver. Rebelote cette année avec le second opus, qui doit convaincre qu’il n’est pas qu’une suite facile. Les extraits projetés à San Diego montraient plus de Samuel L Jackson en Nick Fury, comment Tony allait devoir s’arranger avec le gouvernement pour conserver l’usage de son armure de destruction massive et enfin un premier look à Mickey Rourke et Scarlett Johanson dans le rôle des vilains méchants qui veulent tout casser. Triomphe de la part du public, et zou, c’est dans la poche pour le réalisateur John Favreau et la Marvel, qui tiennent là une solide bombe pour démarrer la saison des blockbusters l’été prochain.

One – District 9

Il était une fois Neil, un type d’Afrique du Sud qui avait réalisé de purs courts métrages de SF. Parrainé par Peter Jackson, il devait monter l’adaptation ciné de Halo, avant qu’Universal et Microsoft abandonnent le projet pour cause de concours de bite qui a mal tourné. Neil et Peter décident alors de se faire leur film de SF indé. District 9 c’est l’histoire d’un vaisseau alien coincé sur Terre à Johannesburg, et des tensions entre humains et aliens, cloitré dans le District 9. Quand un humain se paume dans le camp des extraterrestres, il va ouvrir les yeux sur la vérité de la cohabitation entre locaux, visiteurs et gouvernement. Aucun acteur connu au cast, une réalisation brute, District 9 joue la carte de l’originalité pour s’imposer. Tous ceux présents lors de la projection du film en sont ressortis abasourdis, autant par les images que la qualité des réflexions. Le buzz enfle pour un ovni qui risque bien de devenir culte.

Bien sûr j’aurais pu vous parler de Kick-Ass, de Green Lantern ou d’un tas de séries TV, mais j’en aurais eu pour la semaine. On verra en temps voulu.
Demain, ciné !

TRAILER STAGE !!!