Je viens de battre les Glitterati, le crew de danseurs jumeaux incestueux psychopathe, ce qui fait de moi le roi de la ville. Quand, sans prévenir, je me retrouve dans un dirigeable, face à un savant fou : le Dr Tan. Derrière lui, une vidéo de mes exploits de danse tourne en boucle. Le docteur m’explique qu’il m’observe depuis le début, analyse mes mouvements pour programmer une armée de robots danseurs. Avec ses machines il veut asservir le monde de la danse et diriger toutes les battles de la planète. Mais avant de mettre en place son plan diabolique, il veut s’assurer que ses cyborgs sont au niveau. Et pour ça, il me met au défi de les vaincre dans un duel de danse jusqu’à la mort !
OH PUTAIN IL Y A UNE CINEMATIQUE ET UN BOSS DE FIN DANS DANCE CENTRAL II !
A PARTIR DE 5min24s
Bon, okay, je m’en doutais un peu. Mais tout de même. Je reste soufflé qu’un jeu de danse qui n’offre absolument aucun fil narratif pendant 99% de l’expérience pète un plomb et te sorte deux minutes de vidéo et un combat final. Sachant que quasiment personne ne le verra, puisque pour y arriver il faut au minimum se farcir 25 chansons prédéfinies dans un mode à part. Le joueur moyen de Dance Central va foncer dans le mode « On Danse », jouer à ses dix chansons préférées et fera quelques battles sur le reste avec ses potes, sans aller chercher plus loin. J’étais donc, le weekend dernier, face à une anomalie scénaristique dans un jeu qui n’en a pas besoin. Pour ma plus grande joie, puisque je m’en suis roulé par terre en frétillant.
Surtout que cette petite cinématique de fin possède une ou deux caractéristiques magiques. D’une elle intègre le joueur, qui aura été filmé plusieurs fois pendant le jeu. J’ai vu ma frimousse sur les écrans du Dr Tan, créant un liant avec le reste de l’’aventure. Ensuite, on me dit qu’on m’a « observé », qu’on a « étudié mes mouvements » et provoqué mes duels contre les crews de la ville. On nage en pleine métafiction puisque les caméras du Kinect deviennent un dispositif de capture et le joueur un pion sur l’échiquier du savant fou. Les plus malins feront un beau parallèle avec le twist de Bioshock, où le joueur était complice malgré lui de l’intrigue. Sauf que cette fois c’est moi en vrai qui suis incrusté dans la cinématique.
Une fois l’armée de robots vaincue (au prix de 10 minutes de danse non-stop), le Dr Tan s’enfuit dans un ricanement maléfique. To be continued.
Au passage on récupère quatre nouveaux personnages jouables : trois robots (bleu, rose, doré) et Tan lui-même. Ce qui fait qu’à présent je joue à Dance Central II avec un grand père et son monocle. Le truc le plus cool du monde. Un peu comme le scénario du jeu, dont quasiment personne ne parlera jamais, malgré le fun et le génie du truc. Parce que c’est un jeu de danse, et pas un truc où on tue des gens.
Il fallait que je rétablisse la vérité. C’est à présent chose faite.
