1009 – Missed Of

Là tout de suite j’ai l’album High Violet, de The Nationals, dans les oreilles. J’ai pris la décision de le mettre en playlist Spotify en suivant un top 10 des meilleurs albums de 2010 sur Twitter. La veille j’avais enregistré l’extraordinaire Treats de Sleigh Bells. J’ai passé le reste de la soirée à me demander comment personne avait pu me prévenir qu’on avait sorti un truc aussi cool au printemps. Alors même que je bossais au sein de la rédaction d’un site culturel avec une section musique. Infâmie ! A la fin de High Violet je pense passer au Teen Dream de Beach House. Ouais, j’essaie de m’acheter une culture musicale. Enfin disons que je fais un effort de remise à jour. Pour ça j’écume les quelques ressources internet que je connais à la recherche d’idées que j’éprouve sur Spotify, sélectionnant ce que je vais garder ou pas au final.

C’est l’effet fin d’année : les tops fleurissent un peu partout. Top 10 des meilleurs films, des pires films, des meilleurs albums, des meilleurs jeux vidéo, des meilleurs bouquins, des meilleures séries, de tout ce que vous voulez en fait. Chaque site, blog, publication y va de sa liste perso. Une occasion comme une autre de repérer les gens de mauvais goût. Peut-être pour ça que je ne participe pas à la course aux tops. D’une parce que je pense que y’en a assez partout ailleurs, d’autre part parce que j’ai la flemme de me foutre sur la gueule avec les gens trop stupides pour venir argumenter derrière. Après, je ne dis pas que je ne vais pas faire des classements à l’oral autour d’un burger avec mon meilleur ami. Classic shit. Non, au lieu de me casser à dresser et rédiger mes listes, je préfère conserver mon énergie à piller celles des autres pour tout ce que j’ai loupé.

Par exemple j’ai passé une aprem’ à confronter les listes cinés des critiques que je respecte au planning Allociné pour savoir quand je pourrai aller visionner ce que je n’avais pas encore vu. Aussi pour noter ce que je devais télécharger ou importer vu que ça ne sortirait jamais chez nous. J’ai profité du retour sur Lyon pour commencer à rattraper les jeux Wii oubliés de l’année, Mario Galaxy II et autres Donkey Kong qui apparaissent sur les listes des tueries de l’année. J’ai aussi par exemple mis Alpha Protocol sur ma wishlist jeux vidéo après l’avoir étrangement vu réapparaitre sur pas mal de top 10. Le best of 2010 d’Amazon.com est aussi bien pratique pour choper des idées lectures. Un peu à l’instar de mes listes préférées, celles du genre « meilleur jeu auquel personne n’a joué », « meilleure série que personne ne regarde ».

Ce sont mes Missed Of 2010 : les séries sur lesquelles j’ai fait l’impasse, les albums dont je n’ai pas entendu parler, les films sortis en cachette, les jeux vidéo que j’ai injustement méprisés. Je cours, je rattrape comme je peux, la peur d’avoir raté quelque chose de magique, quelque chose qui aurait pu illuminer mon année. Continuez à lister, je dévore.

994 – Book Giftlist 2010

Cette année j’ai lu une cinquantaine de bouquins, enfin sûrement un peu plus. Comme l’année dernière j’ai voulu faire une liste des meilleurs (de mes lectures, pas de l’année), ceux qu’on peut mettre sous le sapin les yeux fermés pour Noël. La mauvaise nouvelle, c’est que j’ai galéré pour en trouver huit, la plupart uniquement dispos en anglais. La bonne, c’est que ma liste de l’an dernier est toujours en ligne. Sinon, voici la nouvelle, avec liens vers les critiques et Amazon.

-          Sunset Park – Paul Auster (VO)

Le dernier Paul Auster aura accouché de critiques mitigées. Cette chronique d’un jeune homme qui fuit sa vie dans un squat à Brooklyn ne révolutionne rien, n’est pas métatextuel ou profondément complexe. Mais ses personnages sont tous formidablement construits, épais, attachants. Pour moi la littérature c’est ça, pas les effets de manche. [VO, 16.43€]

-          The Imperfectionists – Tom Rachman (VF/VO)

Un recueil de nouvelles autour de la rédaction d’un quotidien international basé à Londres, The Imperfectionists est un puzzle. La plupart des textes se tiennent bien seuls, brossant des vies en mouvement, mais la force du livre est de tout lier pour former un tableau construit et touchant. Le feel good roman de l’année. [VF en février, 19€] [VO, 18€]

-          Room – Emma Donoghue (VO)

Dans une pièce verrouillée vit une mère et son fils. Séquestrée depuis des années, elle apprend à l’enfant à vivre dans un espace confiné, à ne pas désirer l’extérieur qui, de toute façon, n’existe pas. Il n’y a que la pièce, rien d’autre. Jusqu’à ce que l’évasion devienne impérative. Fuir ou mourir. Exercice de style tout du long, parfois thriller mais souvent drame, Room prend aux tripes et ne les lâche pas. [VO, 15€]

-          The End Of Alice – A.M. Homes (VO)

Peut-être le meilleur roman sur la pédophilie. Okay, c’est pas le plus glamour comme distinction, mais The End Of Alice est proche du génie. Un roman écrit par une femme qui met en scène une jeune femme rongée de désir pour le fils de ses voisins, conseillée de manière épistolaire par un pédophile en prison. Nauséeux, fascinant, terrifiant, toujours sur le fil du rasoir. Un classique en devenir. [VO, 7.92€]

-          Tokyo Vice – Jake Adelstein (VO)

Seul livre dit non-fiction de cette liste, Tokyo Vice est un must have absolu. Le journaliste criminel Jake Adelstein raconte en détail toute sa vie au japon, de ses débuts dans la presse jusqu’aux menaces de mort des plus grand yakuzas. Lecture obligatoire pour les japanophiles, les journalistes, les fans de crim’, de mafia et de sexe. Impossible de le lâcher de bout en bout. [VO, 10.50€]

-          Already Dead – Charlie Huston (VF/VO)

Un peu de vampire pour le principe. Joe Pitt est un détective vampire dans un Manhattan découpé en territoires par les clans de suceurs de sang. Electron libre, Pitt ne doit sa survie qu’à son utilité. C’est pourquoi de la réussite de sa prochaine enquête dépend ce qui lui reste de vie, alors qu’il doit en plus gérer sa relation avec une bairmaid humaine séropo. Polar fantastique crasse et pulp, un plaisir simple. [VF, 19.95€] [VO, 9.46€]

-          Kockroach – Tyler Knox (VO)

Un cafard se réveille un matin du milieu des années cinquante dans le corps d’un humain. D’abord déboussolé, il s’adapte rapidement à sa nouvelle condition. Mu par des instincts d’insecte, il se fraye rapidement un chemin vers les plus hauts des échelons de la mafia new-yorkaise de l’époque. Du Kafka à l’envers en mode Le Parrain, Kockroach surprend, tiens la route et arrive à nous parler de la condition humaine. Et cafarde. [VO, 10.77€]

-          Horns – Joe Hill (VO)

Le fils de Stephen King met une fessée à son père avec un second roman qui défonce. Ig se réveille un matin sans souvenirs de la veille avec deux cornes en train de pousser sur son front. Les protubérances forcent le reste du monde à lui dire toute la vérité. Après quelques déconvenues avec sa copine et sa famille, il décide de mettre à profit son nouveau don pour découvrir qui a violé et tué l’amour de sa vie. Tuerie cosmique, de bout en bout. [VO, 17,95€]

Voilà voilà. Entre cette liste et la précédente, vous n’avez pas d’excuses pour ne pas avoir d’idées. Offrez des livres, ça dure longtemps c’est cool.

690 – Are You On The List ?

Les choses se précisent pour mon nouveau manuscrit. Assez pour que j’en parle autour de moi, que je tente de voir qui peut mobiliser un bout de réseau pour me filer un coup de main le moment venu. C’est aussi ça d’être mieux armé qu’il y a dix huit mois pour mon précédent projet, quand j’ai fait mon touriste chez les éditeurs. Alors ça m’arrive d’être tout content et de mailler des ami(e)s parce qu’on m’a proposé de faire passer mon manuscrit à un éditeur (sérieux c’est arrivé assez de fois ces derniers mois pour que personne ne se sente visé par ce que je vais dire). Même si parfois, cet éditeur, bah je m’en fous un peu (ou l’inverse). D’où réaction légitime, mais fuck Le Reilly tu craches dans la soupe et ça c’est mal ! A un moment faut savoir ce qu’on veut et arrêter de faire la fine bouche ! Ou comment je finis trop coupablisé. Non parce que techniquement, c’est pas méga faux. Mais d’un autre côté, je sais ce que je veux. En réalité, j’ai une liste. Elle est dans mon petit calepin en papier, celui qui ne quitte pas la poche de ma veste.

J’ai listé tous les éditeurs chez qui j’aimerais publier, par ordre de préférence de si jamais on habitait le pays des bizoonours. Et par conséquent j’ai aussi listé ceux chez qui je ne suis pas prêt à publier. Parce que par exemple je considère qu’ils traitent mal leurs auteurs, que ce serait sacrifier un livre par simple pulsion égotique, pour arriver avec quelque chose qui n’aura pas la possibilité d’avoir la moindre chance de trouver son public. Par exemple encore, c’est peut-être une question de ligne éditoriale, ou de street cred. La France est un pays où il est extraordinairement difficile de sortir d’une case. Genre tu publies chez XO (avec Guillaume Musso), ta crédibilité est morte, violée et poussée dans un ravin après avoir été recouverte de chaux vive. Dans ces conditions, un mauvais choix d’éditeur (oui je dis « choix » mais je me comprends) peut vous flinguer en termes d’image, aussi bon soit le chèque, aussi énorme soit le tirage. Tout ça parce que j’ai un certain nombre de buts, de cerveaux à retourner et de bordel à mettre. Tout ça parce que, rappelons-le, j’ai un plan à long terme. Un vachement meilleur et mieux construit que celui des cylons.

Alors de temps en temps je regarde mon petit calepin, sors le Staedler volé chez mon ancien employeur (BWAH AH AH !!!) et je rature. Je réorganise les listes au grès des sorties, des annonces. Mais dans l’idée, si l’éditeur n’est pas sur la Master List, c’est à priori dead, je refuserai à priori toute publication là bas. Tout comme il existe plusieurs paliers sur la liste. Je ne peux contacter le Tier 2 que quelques semaines après avoir contacté le Tier 1 et ainsi de suite. C’est dans le même ordre d’idée que je me suis retrouvé à préférer gérer une ou deux offres de stage à la fois. Je ne peux pas m’empêcher de me bouffer le cerveau à flipper de dire oui à quelque chose alors que j’ai mieux après, tout ça parce que je n’ai pas temporisé. Oui, je confire que c’est super fatiguant de vivre sous mon crâne. Vous n’avez pas idée à quel point j’ai envie d’être vous. Sans déconner. Mais en attendant, je garde mon calepin, j’attends la fin des corrections sur mon manuscrit et je partirai à l’assaut des éditeurs. Méthodiquement, froidement, dans l’ordre.

Enfin, la charrue avant les bœufs, tous ces trucs. Pour finir je tiens à vous rassurer, la liste n’est pas si restrictive que ça, je reste réaliste et je ne suis pas à l’abri de me laisser convaincre. Pour des raisons évidentes, je ne peux pas dévoiler les noms qui la composent, mais ils sont un peu plus de dix. On en reparlera sûrement. Un jour dans longtemps.

Demain on parlera d’acheter des films, vous savez sur des disques, avec de l’argent (samedi finalement, mode vénère oblige) des sandwichs dans les UGC.