862 – Decarcascos

Quand j’étais môme j’étais fan de Mark Dacascos. Le mec était juste trop cool dans les années 90. Je me souviens que Crying Freeman était un des premiers DVD collector de ma vie. Me rappelle encore de l’odeur du coffret en carton, le toucher du boitier. Dacascos avait gagné des tonnes de championnats d’arts martiaux quand il était môme, ce qui lui avait permis de gratter quelques rôles dans des séries ou des direct to vidéo à chier. C’est grâce au réalisateur français Christophe Gans qu’il commence à gagner en street cred avec, justement Crying Freeman, adaptation de qualité du manga éponyme. Quelques temps plus tard, rebelote avec le Pacte des loups (oui, j’ai aimé, bande de haters). Mark finit acteur principal dans l’adaptation TV correcte de The Crow tout en état considéré pour le Rahan par Gans. Je suis aux anges. Puis c’est le drame, l’échec des projets, le retour aux directs to vidéo et la disparition totale.

Des fois, y’a des stars qui s’évanouissent dans la nature. Enfin des acteurs, des chanteurs, des gens connus, ces trucs là, qui s’en vont. Des fois on les retrouve beaucoup plus tard genre dans des pornos gays, ou au milieu des animaux dans un ferme de TF1. Je crois qu’on a tous notre chouchou comme ça, le chanteur oublié ou l’acteur qui n’a pas eu la carrière qu’il mérite. Bah pour moi Dacascos c’est un peu ça. Quand je le voyais poper en guest star dans une ou deux séries ces dix dernières années, c’était jour de fête ! Je trouve le mec cool, je sais même pas pourquoi. C’est juste, c’est comme ça. Puis la semaine dernière j’errai sur le net, je regardais des vidéos lol un peu ridicules. Quand je suis tombé sur un montage d’émission culinaire ricaine, avec un présentateur qui arrêtait pas de gueuler au point que ça en devienne hilarant. Puis, au bout d’une minute de vidéo, je me dis. Wait, mais, on dirait Dacascos !

J’ai checké. Mark Dacascos n’avait pas disparu de la surface du globe. En vrai il est devenu présentateur de Iron Chief America sur Food Channel. Depuis cinq ans. L’émission est une adaptation d’un programme de défi culinaire japonais. En traversant la planète, le truc a conservé une bonne partie de la folie furieuse de la TV jap. Dacascos arrive sur le plateau en faisant des sauts périlleux, on bruite ses sourcils lorsqu’ils s’agitent et la révélation de l’ingrédient spécial a inspiré des dizaines de vidéos sur Youtube. En gros à chaque duel, l’émission impose un ingrédient mystère qui est annoncé en grande pompe et hurlements. C’est un montage des yeux écarquillés de Dacascos qui s’égosille que j’ai regardé sans savoir sur quoi je tombais. Et, à dire vrai, c’était juste un des trucs les plus excellentissime de l’univers. J’étais, au fond, rassuré de voir que Mark avait encore une carrière, et que ça avait l’air awesome.

Forcément, je me suis senti obligé de vous en parler. Bien sûr Dacascos continu à avoir des petits rôles nazes à la TV ou à participer à des séries B minables. Mais à présent que je sais qu’il fait du kung fu en costard cravate dans une émission culinaire, étrangement, je suis apaisé. Je dors mieux. Bien joué Mark. Dix ans après, tu es encore mon héros.

MOAR STAGE !!!

Parce que vous en voulez encore. Plus de bruitages, plus de pirouettes, plus de hurlements, plus d’ingrédients secrets !

799 – Top 3 Satur… FRIDAY !

On me demande souvent pourquoi je traine encore avec EvilEx, rapport au fait qu’elle est Evil, en fait. Ce à quoi j’ai tendance à répondre un bégaiement pour botter péniblement en touche. Finalement, j’ai réfléchi à la question et j’en fais un beau Top 3 des familles.

Three – CortEx

En fait, EvilEx est plein de culture dans son corps (non je ne parle pas de bactéries). Elle s’y connait autant en classique que je m’y connais en contemporain. A savoir beaucoup. Et l’avantage c’est qu’elle me complète un peu et me force à me bouger mes fesses pour aller voir des trucs d’intelligents, des trucs qui se passent ailleurs que sur mon ordi ou au MK2. Aussi elle utilise plein de mots avec beaucoup de syllabes, des mots que je n’utilise jamais. Quelque part ça me titille toujours le ciboulot de traîner avec des personnes qui ont un vocabulaire un cran au dessus du mien. EvilEx est intelligente et cultivée et sur le principe c’est vraiment pas déplaisant. Même si elle a parfois des gouts de chiotte et des bouquins qui font bien dans sa bibliothèque mais qu’elle a pas lus.

Two – Stockholm Syndrome

J’ai commencé à remarquer ça au bout de quelques mois, le fait que je m’adoucisse vis-à-vis d’elle. Je prétextais ça à mes amis qui ne comprenaient pas comment je pouvais continuer à me flageller socialement de la sorte. Malgré les crasses et autres ignominies, au fil du temps j’ai commencé à lui trouver un bon fond. Elle peut avoir un mot doux, une gentille attention qui vient vous surprendre. Peut-être qu’elle n’est pas une si mauvaise personne, juste, pas pareille. Ou alors je lui donnerais sans m’en apercevoir des raisons de vouloir mordre et me gifler de réparties cinglantes. Si ça se trouve, c’est ma faute ! Moi je dis ça sent le syndrome de Stockholm. A force de trainer avec, de la supporter et de voir ses rouages, je me persuade petit à petit qu’elle a un bon fond.

One – Payback

Y’a des matins comme ça, où je me réveille avec le main theme de Bad Boys dans les oreilles. Okay, c’est tous les matins. Still. Parfois je ne me demande pas si je traine encore avec EvilEx pour lui rendre la monnaie de sa pièce ! Tous ces faux semblants dans le seul but de me venger, d’honorer la loi du Talion. Je pourrais namedroper des noms de filles imaginaires (ou pas) avec qui je couche. Plus simplement je pourrais la frapper, la rouer des coups avant de l’abandonner dans un caniveau. Même si, en vrai, je réplique pas, je bronche pas. Je suis un paladin du kikoolol. J’ai réussi à me persuadé que si j’étais assez gentil avec elle ça finirait par déteindre. Puisque je vous dit que je suis un paladin bisounours !

En fait l’avantage d’EvilEx c’est que même si on ne se comprend pas toujours, on a le mérite de se balancer à la gueule ce qu’on pense vraiment. Ce qui en fait presque une relation plus honnête que la moyenne.

791 – Autistic Fight

La semaine dernière la chaîne CBS a annoncé sa programmation pour la saison prochaine. Un des gros changements est le déplacement de The Big Bang Théory face à Community de NBC. Car pourquoi jouer la carte de la contre-programmation quand on peut coller deux séries comiques l’une contre l’autre par pur esprit de contradiction de fils de pute ? Le destin a un curieux sens de l’humour. Venir coller la pire série comique face à la meilleure, c’est un peu la blague. Surtout quand on y regarde de plus près, puisque les deux shows sont les deux les plus références, qui font le plus grand usage de la pop-culture, à l’heure actuelle à la télévision. Sauf que, bien évidemment, il y en a une qui le fait avec un mépris gerbant et l’autre avec une intelligence fine et un amour et respect infini. Je vous laisse deviner qui est qui.

A ma gauche, Sheldon, le geek de The Big Bang Theory. On a un semi-autiste uniforme, qui au fil des saisons devient de plus en plus un attardé avec des répliques de gamin de cinq ans. C’est un peu le problème quand on est dans le refus total, absolu et monolithique de faire évoluer du moindre iota de pouce de bébé ses personnages. Sheldon fait loler parce qu’il ne comprend rien à rien et aime des trucs de geeks. Les références de TBBT sont connues : les comics, la science, les jeux-vidéos. Tout le monde connait star wars, sait qu’un truc super abscond s’appelle la physique quantique et que Superman est un super héros qui met son slip sur son pantalon. C’est facile de rire aux références de Sheldon et ses potes. Mais c’est surtout mesquin. Ah ah quelle bande de geeks avec leurs manies et occupations pathétiques. On connait parce qu’on méprise, on rit parce qu’on méprise. Tu rigoles devant The Big Bang Théory : tu es quelqu’un de mauvais.

A ma droite, Abed, le geek de Community. On a un semi-autiste aux facettes multiples, qui sous l’impulsion des autres personnages tente de changer, de s’adapter à la vie en société tout en replongeant parfois dans ses propres délires. Abed est aussi le commentateur de sa propre série, conscient des clichés du sitcom ou des scénarios qui se jouent au fil de chaque épisode. Il est à la fois dans et devant la TV, avec nous. Abed fait loler parce qu’il adore les trucs de geeks, le cinéma, les séries, toute une culture qu’il aime et à travers laquelle il tente de fonctionner en communauté. Lorsqu’il fait une référence à Terminator il ne va pas traiter un autre personnage de Terminator. Non, il va sortir une réplique du film qui fait sens dans le contexte de la scène. Tu ne la comprends pas tu continues l’épisode, mais si l’Abed dans le dedans de toi a reconnu la référence, un sentiment d’amour t’envahit. Le clin d’œil te va droit au cœur et tu ris, non pas aux dépends du personnage, mais avec lui.

Community célèbre la culture geek, ses codes et ses références cultes là où The Big Bang Théory va chercher le rire au dépend d’une pop-culture de bas étage, méprisée et moquée une fois de plus en prime time. Je pourrais parler de la forme des shows. Big Bang et sa structure répétitive, caméra fixe sans grosse storyline face à des extérieurs, caméra dynamique et effets de réalisations dans Community. Mention spéciale aux rires enregistrés. Community fait de son côté des effets et compte sur la qualité de son script pour faire rire au lieu d’un mécanisme de répétition pavlovien pour trépané en manque de personnalité. Regarder Big Bang devrait être considéré comme quelque chose de honteux, le truc dont on ne devrait pas oser se vanter de peur de se faire socialement gifler. Alors que chaque épisode de Community devrait être regardé, commenté et re-regardé pour en savourer tout le jus d’awesome qu’il renferme.

La programmation de CBS me met hors de moi, car Community va se faire écraser par le mastodonte Sheldon. L’idiocratie est en marche. Community va perdre une chance de prouver aux fans de Big Bang à quel point elle est une bonne série, vu qu’ils seront occupés à regarder CBS. Heureusement les vrais savent, heureusement ils étaient assez nombreux pour assurer une seconde saison de ce qui aura été la meilleure nouvelle série de cette année, sans aucun comparaison. Goliath est une vieille pute boursouflée à la peau râpeuse. Amusez vous bien, mes amis et moi on a réservé nos soirées avec David.

ALTERNATE POST STAGE !!!

Sinon j’aurais pu faire un article pour comparer les filles des deux séries. Mais, comment dire…