509 – Old

A Ubisoft y’avait un truc marrant. Un des mecs s’était fait offrir une petite pancarte avec marqué « Old » dessus. L’idée était qu’il pouvait la brandir, en bon facho de la news, dès qu’on lui faisait suivre une vidéo à la con qu’il avait déjà vu. Forcément, pour oser balancer quelque chose sur la mailing list fun du bureau, il fallait y réfléchir à deux fois. Dans un monde où les gens sont connectés jusqu’à leur téléphone portable, il devient de plus en plus difficile d’arriver à déterrer une info un peu inédite. Mais le problème fonctionne en sens inverse. Pour un psychopathe du RSS, un accroc de la touche F5, il n’y a rien qui exaspère plus que de devoir subir la dernière « découverte » d’un copain. Je l’ai déjà vu ce scoop/photo/trailer/post/vidéo, alors vient pas consommer le temps de temps que j’ai sur Terre à me rabâcher un truc que je sais déjà !

Le problème empire lorsque l’on regarde la presse magazine. Les Inrocks et Technikart qui consacrent une partie de leur numéro d’été à l’abstinence chez les connasses en mal d’attention. Le bruit de tronçonneuse, c’est le lecteur qui ronfle pendant que des rédactions de quadragénaires s’auto-persuadent d’être à la pointe de la hype. Confère aussi l’article tombé y’a deux mois aux USA, où un sombre crétin annonçait qu’Internet rendait con à force de réduire la capacité d’attention. Trois semaines plus tard Télérama en faisait sa couverture, encore deux semaines plus tard c’était le tour d’un mensuel d’en faire un dossier spécial. Entre temps la blogosphère et les magazines web avaient déjà dévoré, analysé et digéré l’info. Je veux bien que les non-connectés s’informent, mais il ne faut pas s’étonner de voir les ventes de la presse s’effondrer. Pourtant, c’est con, mais moi les magazines à la base j’aime bien.

Je veux dire, come on, je suis quand même abonné à Playboy, ne serait-ce que pour les interviews de 10 pages de romanciers et d’acteurs (plus que pour les pouffiasses photoshoposiliconnées, beurk). Après tout, un bon dossier épais, bien bossé, avec du recul, ça fait quand même bien plaisir à la lecture. Nettement plus que le rabâchage de news réchauffées. Je ne suis pas certain de savoir où je veux en venir avec cet article (non, en fait, au départ je voulais taper sur les blogs d’abrutis marketing qui reprennent les mêes infos que tout le monde pour avoir l’impression d’exister). Peut-être que je démontrer malgré moi qu’Internet, à défaut de rendre débile, rend globalement connard. A force de dévorer l’information à mesure qu’elle est produite, je deviens une sorte d’animal boulimique fasciste. En arriver à grogner parce que la revue que j’ai achetée pour le train me rabâche des trucs que je sais déjà ou à aboyer sur ses potes quand ils pensent avoir découvert la lune, c’est un poil grave.

509---Scream-Lettré

Sûrement que je finirai par me complaire dans ma connerie et décréter que les journalistes sont des blaireaux et mes potes des handicapés 2.0. Ou alors j’aurais un vrai boulot et moins de temps pour tout assimiler, du coup je serai bien content de pouvoir lire Tech aux chiottes. Ou bien surtout je vais rentrer sur Paris sans Internet vu que je paie plus mes factures Numéricâble depuis quatre mois. Rien n’est perdu !

Demain, on parlera des connards baveux.

282 – Tear Up The Page And Frame It

Mi septembre, je reçois un mail qui me vouvoie. Et moi, quand on me vouvoie, ça me fait un peu fondre ma race si je puis dire. Bon, certes, ça provient d’un mec, un certain Bruno. Entre deux compliments bien tournés il me dit qu’il est rédac’ chef d’un magazine gratuit, online et offline. Même que ça lui ferait bien plaisir de récupérer des articles de mon bloug pour les mettre dans son LAST-MAG. Sur le principe je suis pas contre, je pose la question par acquis de conscience de savoir si c’est payé (mode kikoo on). Ca ne l’est pas, et les phrases des mecs qui ont réussis dans la vie raisonnent dans mon cerveau « Si tu es bon dans quelque chose, le fait pas gratuitement ». Pi là je me rappelle quand j’ai un blog, gratuit. Après c’est peut être un mauvais blog remarque.

Sur le principe, je dis okay, et je check un peu le magazine en question en PDF. C’est cool, maquette un peu street, ligne édito glisse/urbain/lifestyle. Shit j’ai l’impression d’être de retour à mon année skate ! Je pige pas tous les articles. Je connais pas tous les gens interviewés, mais j’aime le feeling de la revue. Bon okay allez, c’est parti, pour l’amour de l’art, la gloire au nom du dieu eastpack ! De toute façon, c’est que reprendre et gonfler un vieil article de mon blog. Ca ne me coûte pas grand-chose. Le rédac’ chef veut que je ressuscite une de mes notes sur l’étude de la douchebag attitude chez nos contemporains masculins. J’ai pris un plaisir assez certain à monter le texte à 800 mots, de prendre le temps de retravailler certaines formules, d’autres tournures. Tout ces petites détails que je n’ai pas le temps de fixer pour une diffusion blog.

Nous voilà début janvier, le mag’ est bouclé en cours d’impression. Je n’ai pas encore eu la bête dans mes petites mimines mais j’ai lu la version flash bling bling. Rien à dire, chui un putain de kikoo lol. Voir mon texte agencé en colonnes, avec une illustration et une mise en page, ça liquéfie mon petit cœur de wannabe. Je regretterai presque de pas avoir écrit quelque chose d’original. Une première participation qui me file ce rush de l’écrivaillon. Dieu que je kiffe. Merci Bruno et merci la team. Big up aussi à Sylvain, le mac qui a un flow de mitraillette à l’écrit et qui se fend de plusieurs jolies pages (je te mets en lien bâtard mais avec tes 1500 amis facebook tu dois bien loler). Que ce blog tisse du lien, créé des opportunités de prendre encore plus de plaisir, c’est sûrement sa plus belle raison d’être.

Bon allez c’est fini la minute lopette, on clique sur le lien dans le bonus stage pour lire ma prose ainsi que le reste du mag’. Ah non, attendez, on me dit dans mon oreillette que demain l’article sera aussi en mode fiotte. Pardon d’avance.

LINK STAGE !

Clique nigga ! C’est de la bonne, pick le numéro 24 et go go page 15 !