920 – Comic Review 06

J’étais persuadé de vous avoir déjà parlé de It’s A Bird, un roman graphique Vertigo par Steven T Seagle et Teddy Kristiansen en 2004. Mais en fait non. Je crois que la raison principale était que le comic était pas du tout disponible en France et que ça aurait été plus frustrant qu’autre chose. Sauf que cette semaine, en trainant dans une librairie BD j’ai découvert que la traduction était enfin disponible, six ans plus tard. A l’époque j’avais acheté ça à cause du scénariste. Steven T Seagle avait bossé sur Superman pour une série de numéros que j’avais pas trouvés particulièrement bons. Débarque alors It’s A Bird (en référence à une des phrases cultes de Superman), BD autobiographique où l’auteur nous racontent comment il s’est vu proposer le job de scénariste d’Action Comics et pourquoi ce job en or était si difficile à appréhender. J’ai eu raison puisque ce bouquin est un des meilleurs comics que j’ai pu lire.

Steven T Seagle a touché le jackpot. DC Comics le courtise pour qu’il scénarise Action Comics, le plus vieux comic du monde, celui qui a vu naitre Superman et qui raconte ses aventures depuis soixante ans. Malheureusement Steven est circonspect. Il a du mal à voir ce qui rend Superman intéressant. Il peine à trouver des accroches, des idées suffisantes pour en tirer un script. L’éditeur décide d’accorde une faveur à Seagle, il lui donne quelques jours avant d’appeler quelqu’un d’autre. Le scénariste met ce temps à profit pour essayer de comprendre ce qui coince, il questionne le mythe de Superman, le masque Clark Kent et toutes les notions de superpouvoirs. Car Steven a un secret, son père est atteint de la maladie d’Huntington, qui paralyse les muscles avant de provoquer une démence au stade final. La maladie est génétique, Steven sait qu’il est peut-être condamné. Alors qu’il reste au chevet de son père sombrant dans la folie, le scénariste se demande, c’est quoi être Superman ?

J’ai une histoire compliquée avec la maladie en général, mais je ne pense pas que ce soit nécessaire pour appréhender It’s A Bird. Le récit est suffisament humain et sincère pour que l’on se sente sincèrement touché par cette histoire vraie et ces tiraillements d’adultes. Ou comment nos proches et notre travail influent sur notre façon de voir et d’être. A un niveau plus comics, le bouquin est intéressant car on reproche beaucoup à Superman d’être fade, inutile, trop figé dans une iconographie pour qu’on puisse en faire quoi que ce soit. A titre personnel je ne suis pas d’accord mais la question est posée et Steven Seagle essaie d’y répondre du mieux qu’il peut. Son run sur Action Comics ne sera pas resté dans les anales, mais il a essayé, et il s’est posé de vraies questions. Le comic est peint dans un style très doux, les dessins faisant beaucoup d’économies de traits. Le récit n’en est que plus touchant et on se laisse porter d’un bout à l’autre, une petite larme à la fin.

Si vous aimez les vraies tranches de vie, les comics, le processus de création ou Superman, foncez. Je sais que la traduction n’est pas donnée, mais à défaut ça peut vraiment faire un beau cadeau. Un indispensable couronné d’un Eisner Award pour ses dessins, It’s A Bird me hante encore six ans après.

BUY STAGE !!!

Amazon en VF 15€20

TheBookDepository en VO 13€94

768 – The Doctor Is In

Quand je me suis orienté en première scientifique, ce n’était pas uniquement pour faire plaisir aux parents et suivre les potes. Si j’étais minable en maths et très moyen en physique, la biologie a toujours été mon truc. Comprendre pourquoi les choses fonctionnent, les rouages et les combinaisons, c’est une passion personnelle qui va des structures littéraires à la vascularisation des tumeurs. Les maths sont trop abstraits et la physique part trop vite dans les conjectures, alors que la biologie reste, à mon sens, beaucoup plus longtemps dans une certaine réalité. Une moyenne de bio à 18 ne sauvera malheureusement pas mes notes en dessous de la moyenne par ailleurs. Echec, redoublement et changement d’orientation. Quand j’étais ado, je voulais devenir virologue ou oncologue. Faire de la recherche et pousser les blocs de vie un peu plus loin (même si, okay, techniquement un virus n’est pas vivant). Si j’ai laissé tomber mes ambitions, la curiosité n’a jamais disparu.

Souvent les médecins me prennent pour un patient « doctissimo ». Le mec qui croit tout savoir, qui paranote pour rien et énonce des contre vérités apprises sur les internets lors d’une nuit sans lune (merci les forumeurs fous qui entretiennent leurs névroses). La semaine dernière j’étais malade comme un chien. Paralysé à l’idée de devoir appeler un médecin sur Paris je m’étais diagnostiqué comme je pouvais avec mes bouquins et l’aide du mode macro de mon appareil photo numérique. C’était assez moche pour que je me bouge. J’avais pris les paris avec moi-même, sur le diagnostic et les antibios prescrits. Au retour, je comparais. Bingo (okay je connaissais pas le nom du générique mais ça compte !). J’ai repensé à l’interne dans cet hôpital y’a quelques années, qui voulait savoir en quelle année de médecine j’étais. Quand j’ai demandé ce qui lui faisait dire ça, il m’a avoué que ma manière de parler et mon vocabulaire étaient au cran au dessus du patent normal. Je vous passe les engueulades que j’ai pu avoir avec un chirurgien sur le consentement éclairé. En fait je suis la pire sorte de patient, celui qui en plus de jouer son « je sais tout », à parfois raison (bon, à part dans mes crises d’hypocondrie).

Parce que depuis des années, pour un tas de raisons plus ou moins personnelles je bouffe des dizaines d’articles médicaux par mois. A un moment je lisais le journal officiel international d’oncologie en anglais (j’ai souffert là dessus, à faire des aller-retours sur le dico médical). Et au final je trouve Docti super faiblard : ils expliquent jamais rien. C’est comme quand on me dit “il est mort du cancer”. Ca veut dire quoi ? C’est pas une cause de décès ça un cancer. Faut pas s’étonner que j’aille frapper à la porte de l’oncologue pour avoir le replay commenté image par image (ooooh les toxines dans le sang !). Le personnel médical a tendance a tout vulgariser par défaut, ou à ne rien dire du tout. Plus simple, moins relou. Quand le marketing me gave, que je passe en revue mes anciennes vocations, je regrette plus la médecine que le droit. Et si je suis platoniquement tombé amoureux de mon namoureuse sur Lyon, c’est à cause de sa fac de médecine et du fait qu’on puisse parler fibrome jusqu’à quatre heures du matin (aussi parce qu’elle est giga canon, je dois le concéder). Ca m’aurait même fait me poser une ou deux questions cette année. Genre tain si je signais un best seller et que j’avais plein de temps libre, j’irai bien squatter en fac de médecine, ce qui est absurde je vous le concède.

Si vous ne regardez pas Community, vous avez tort. Vraiment.

En fait je crois que ça me gonfle d’être dans cet espèce d’entre deux. En savoir plus que le patient lambda, moins toujours beaucoup moins que le médecin en face. Pas méga confortable.

Demain on va casser du second roman.

Special – Contest 01

La semaine pro je refais un billet sponso, avant tout pour le délire, mais je vous raconterai. Je vais encore toucher de la thune, le genre que je considère un peu comme de l’argent sale. Je profite d’un évènement, je gagne de l’argent pendant que mon lectorat se bouffe la pub sans rien gagner en retour. Attention, j’active le mode ultra-démago de la mort et annonce :

Okay, c’est pas ultime comme prix, mais quand même bordel ! Puis si ça vous fait triper, j’offrirai un bouquin par semaine à partir de maintenant. Parce que je vous kiffe et que les bonnes choses, ça se partage. Pas de tirage au sort à la con, pas de kikivalepluvite, mais un bon contest des familles. Un Homme parle de maladie et de l’hosto, alors j’attends de vous une bonne anecdote sur une maladie ou une hospitalisation. Ca peut vous être arrivé à vous ou a un proche, tant que c’est vrai et/ou bon.

Cette note restera accessible une semaine, pendant laquelle j’attends vos histoires dans les commentaires. Participants ou curieux, viendez checker, comme ça tout le monde profite. L’anecdote qui m’aura le plus faite rire, touché, émue, ou whatever gagnera le bouquin.

Maintenant, c’est à vous.