
Trois ans plus tôt, je voyais pour de vrai mon premier eReader. Une camarade de classe bossait pour SFR qui, à l’époque, envisageait de sortir un lecteur de livres numériques (vendu en boutique, avec abonnement 3G etc…). Elle faisait partie de l’équipe pilote de test du projet et m’a permis de faire joujou avec l’appareil. SFR a finalement abandonné l’idée. Trois ans plus tard, c’est Orange qui se lance sur le marché du livre numérique, avec une des rares initiatives qui implique les libraires (pour le plus grand bonheur de leur syndicat). A partir de l’année prochaine, n’importe qui pourra aller en librairie physique se faire conseiller un bouquin et choisir de l’acheter en papier ou en kilobits sur place, avec Orange. Il retrouverait l’ouvrage sur n’importe quel appareil, brandé Orange ou pas. A voir, mais l’approche a le mérite d’être originale.
Il faut dire que l’arrivée du Kindle 4 à 99€ en France et d’un catalogue de livres français sur Amazon la semaine dernière à foutu un bon coup de pied au cul d’un marché qui refusait d’exister.
Piquée au vif, la FNAC a annoncé dans la foulée (la semaine dernière, donc), une refonte totale de son offre de livres numériques. Adieu le lecteur propriétaire hors de prix (179€) dont le fabricant à fait faillite, bonjour Kobo. Kobo, c’est une boîte canadienne qui fabrique de très bon eReaders et qui qui possède un riche catalogue de titres en langue anglaise. En signant un partenariat avec eux, la FNAC va pouvoir s’enorgueillir d’avoir l’offre de livres la plus large tout en s’épargnant la logistique de devoir concevoir et produire ses propres appareils de lecture. Avec un prix d’appel qu’on prédit autour des 100€, la FNAC va enfin devenir un adversaire crédible face au géant Amazon qui a encore tout à prouver dans l’Hexagone mais compte bien mettre le paquet.
De mon côté j’ai cédé, commandé et reçu mon Kindle 4 depuis deux bonnes semaines. Mais je refuse de basculer mon compte Kindle d’USA à France.
Niveau matériel, le Kindle 4 fait tout moins bien que son grand frère : il n’a plus de clavier, plus de prise jack pour écouter de la musique ou des audiobooks et deux fois moins de mémoire. Par contre il possède LE truc qui fait toute la différence : il rentre dans mes poches. Toutes mes poches. En pompant allégrement les readers de Sony (les plus beaux), le Kindle 4 perd 18% de surface et 30% de poids, et se promène peinard dans la poche de ma veste ou mon jean. On en revient à la promesse du livre de poche : nous débarrasser du sac en bandoulière. Donc oui, je suis amoureux, encore. Par contre j’ai choisi de ne pas accéder au catalogue Français. Parce que 10 à 20% des livres américains restent zonés, bloqués par région. Et que je préfère accéder à toute la littérature anglo saxonne tout de suite, quand je peux tranquillement (le samedi) aller acheter la production française en bas de chez moi.
Le livre numérique, c’est un peu comme les DVD, ou les cartouches de Nintendo 3DS : le refus partiel de l’explosion des frontières.
Toujours est-il qu’entre Amazon qui débarque, la FNAC qui se réveille et Orange qui se mouille, le marché du livre numérique arrive dans sa seconde phase en France : celle où ça commence à devenir bien, intéressant et accessible. Bon potentiel de cadeaux de Noël tout ça. En attendant l’année prochaine, la troisième phase. Ce sera celle de la baisse de la TVA de 19.6 à 5.5 sur les eBooks, et donc l’année de la baisse des prix. C’est bien.
On progresse.



