Il était une fois une soirée à l’autre bout de la ville, non, à l’autre bout de la banlieue. Au fin fond de la ligne T2 du Tram lyonnais, la promesse d’une maison pleine de jeunes, de fraises tagadas et peut-être de filles bourrées. Ayant déjà l’habitude d’arriver systématiquement à la bourre, j’ai pris le dernier tram avec une copine. Le temps qu’on se pointe, la nuit sera déjà entâmée, les gens à bloc et en tant que nouveaux arrivants, nous serons le sang frais de la fête, le centre de l’attention. Enfin, pour ça, encore fallait-il parvenir jusqu’à la maison. Le tram nous aura lâché à la hauteur de son dépôt, à savoir à mi-chemin du parcours. A hauteur du campus de Lyon II endormi, mon amie et moi dument nous résoudre à marcher les trois/quatre bornes manquantes, seuls. C’est alors que je lui proposais de lui raconter une histoire.

A l’époque, je finalisais mon dossier BD sur Misplaced. J’avais bossé autant l’univers que la trame et les personnages. Je vivais littéralement dans mon petit monde de Sci-Fantasy. Alors au milieu de cette nuit, pour meubler le franchement long et pénible périble à travers la banlieue endormie, j’ai commencé à raconter l’intrigue de mon petit projet. Le premier acte entièrement scripté était très détaillé, jusqu’aux prémisces de dialogues. Puis pour contenter mon auditrice, j’ai du broder sur mes notes mentales du second et du troisième tome. De temps en temps elle m’interrompais pour me poser une question à laquelle je m’efforçais de répondre le plus précisément possible. Ce petit jeu a duré plus d’une heure, durant laquelle je marquais des pauses régulières pour lui demander si je ne la saoulais pas. Il semblait que non. Quand j’eu fini, elle resta silencieuse quelques minutes, avant de m’avouer qu’elle avait adoré.

Ce sera la fois où j’aurais raconté cette histoire avec le plus de détails, la seule et unique fois où j’ai pu déployer la totalité de mon travail sur ce projet. Et elle avait adoré. Sur le coup, je m’en foutais pas mal d’avoir mal à la gorge à force d’avoir parlé. Parcequ’au fond, raconter des trucs, tisser des intrigues dans ma caboche pour les proposer autant aux amis qu’aux inconnus, c’est ça mon kif. Misplaced a fini dans le gigantesque carton où j’ai enterré un tas d’idées qui sûrement ne reverront jamais la lumière du jour. Mais quelqu’un en aura profité. Quelques autres aussi, au détour d’un aprem’ passé dans l’herbe au fond d’un parc ou d’une conversation MSN transformée en monologue passionné. Déjà qu’en temps normal on a du mal à me faire taire. Rien au monde ne m’enthousiasme plus que d’aller voir un pote pour lui confier la dernière trame qui me hante, sur laquelle je travaille et que j’ai un besoin viscéral de partager.

Et mine de rien on touche entre autre à pourquoi j’écris quotidiennement depuis bientôt 500 notes. Sans parler des romans, des projets qui rôdent dans l’ombre et hurlent leur douleur de devoir rester discret, jusqu’au jour où j’aurais une occasion de les mettre déçamment en valeur, de les publier.
Demain, c’est la note 500, on parlera du blog, d’ambition et peut être que je laisserai s’échapper quelques bribes de quelque chose de nouveau.
RIEN A VOIR STAGE !!!
Hier dans le bus j’ai trouvé un super nom de travail pour mon, heu… 4ème bouquin. Comme ça je vais pouvoir renommer tous mes fichiers Word le concernant. Perfect Ten.


