881 – Photography, The Marvel Way

La semaine dernière je rageais dans le dedans de mon petit corps poilu. Comme j’étais le seul à prendre des photos chez mes grands parents, j’étais surtout le seul a pas être dessus. Les photos. Et c’est pas une pitoyable tentative de self pic dans la forêt qui allait me sauver. J’ai donc du me résoudre à l’impossible : passer mon appareil à mon bro. Rapidos j’ai tenté d’être didactique sur comment cadrer pas trop mal un truc. Peine perdue, j’ai pu en sauver que deux. Faut dire que mon frangin, les photos, il s’en contrefout un peu. Il en prend pas, et est donc dessus. C’est double bénef’. Il ne s’émerveille pas devant une optique de bâtard, ne s’écrie pas qu’il lui faudrait un appareil quand il voit un truc joli et surtout n’a pas envie de faire l’effort d’apprendre à faire ça classe. Moi ? J’ai juste lu beaucoup de comics.

A une époque, la bible de l’apprenti dessinateur de comics aux US c’était « How to draw comics the marvel way » qui est en gros un bouquin de formatage artistique. On t’explique ce qu’il fallait faire ou pas faire pour rentrer dans la boîte à l’époque. Typiquement le genre de bouquins qui rendait fou les éditeurs franco-belges. Principalement à cause des leçons sur les cadrages. En France on est chiant, on aime bien (paradoxalement) les plans américains, où on voit les deux personnages qui discutent et où on se fait chier. Alors qu’un ricain va tout faire pour dynamiser cette insupportable séquence de discussion où on s’emmerde à en crever en attendant que quelqu’un éclate la gueule de l’autre. D’où plans rapprochés, plongées, contre plongées, jeux avec les vides, les pleins, les ombres. Tout est bon pour énergiser ça au maximum. Or, j’ai fait un peu de BD, The Marvel Way.

Quand je faisais du scénar’ de BD, je laissais jamais partir mes dessinateurs sans un storyboard en bonne et du forme. Et c’est quoi un storyboard à part une suite de dessins moches dont le seul intérêt est de présenter un cadrage ? Banco. Avant même de prendre ma première photo avec un véritable appareil qui coûte une blinde, je passais déjà mes journées à découper des plans, positionner mes sujets, jouer avec le décor. A cadrer quoi. Tout en sachant que par mes lectures j’étais quand même beaucoup plus influencé par l’école américaine qu’autre chose. J’en suis venu à me dire que si j’aime me contorsionner, me mettre à genoux face à mon grandad pour prendre un cliché epic ou aller courir la campagne pour faire ZE shot de la maison familiale, c’est en grande partie à cause des bandes dessinées.

J’irai pas jusqu’à dire que je prends des bonnes photos, ou que je fais des bons cadrages, que je suis meilleur que untel ou pas. Mais j’ai la certitude d’avoir le goût de la case, celle qu’on encre, et que je retrouve ce plaisir avec mon appareil, ce qui me donne peut-être un avantage ou une sensibilité particulière. Je fais peut-être de la merde, mais je prends mon pied.
Aussi, j’ai envie de vous dire, si vous aimez pas vos photos, lisez plein de comics.

EXEMPLE STAGE !!!

Hop hop, un exemple célèbre du bouquin, qui compare des cadrages caméra à hauteur d’yeux et caméra dynamique. Je me souviens d’engueulades de dessinateurs autour de ces deux pages, l’un hurlant contre le faux dynamisme gratuit et putassier, l’autre vomissant sur les cadrages chiants à en crever. Le débat fait encore rage.

Hauteur d'yeux.

The Marvel Way

872 – Nicolas Cage > All

Jeudi je suis donc allé voir l’Apprenti Sorcier. Dans le genre gros flop au box office US, on a pas vraiment fait mieux cet été. Faut dire que c’était un peu naze. Tout était prévisible, propre sans être joli pour autant. Mention spéciale à Monica Bellucci qui est là genre cinq minutes à la fin histoire de cachetonner un peu. Au final un divertissement sans âme qui aura quand même rempli son boulot, me vider le cerveau pendant deux heures en galante compagnie. Puis surtout, en vrai, y’avait Nicolas Cage avec des cheveux de beau gosse et une longue veste en cuir. Le sorcier qui apprend à l’apprenti, c’est lui. Et il sauve le film. Déjà à cause de sa tête de Nicolas Cage, mais aussi parce qu’il joue un mec un peu taré. Ce qui lui va si bien. Dès qu’il disparaissant de l’écran je poussais un soupir de déception égalé seulement par la joie de le voir réapparaitre un peu plus tard.

Cage est un acteur ultra polarisant. C’est-à-dire que certains l’adulent sans raison valable, d’autres le détestent pour le principe. Il y a des pros et des anti Cage. Vous l’avez deviné, le petit Coppola, moi, je suis fan. Pour son nom déjà. Né neveux de Francis Ford, le petit Nicolas Coppola ne veut pas croire qu’il est pistonné et change de nom. Sa passion pour les comics Marvel y est pour beaucoup, en particulier pour le personnage de Power Man. Luke Cage est un renoi indestructible qui nettoie le ghetto, chaine en or autour du coup, à coup de punchs dans la gueule des méchants. Sérieux, n’importe quel mec blanc qui dans la vraie vie se renomme en hommage un héros noir nerveux mérite mon respect. Malheureusement c’est aussi un bon signe de déséquilibre mental. A force de l’entendre parler sur le net j’ai fini par m’en convaincre : Nicolas Cage est un peu fou.

L’avantage c’est que niveau carrière, il fait n’importe quoi. Il est capable de jouer dans l’ultra bourrin débile Con Air tout comme de foutre une claque à la planète ciné dans l’extraordinaire Adaptation. Si Cage est associé aux films de série B, c’est qu’il n’a pas de plan de carrière, il fait ce qu’il aime. Quand il se lance dans Ghost Rider, même si le réalisateur et le script n’est pas à la hauteur, lui est à deux cent pour cent. Les comics, après tout, c’est une bonne partie de sa vie. Un mec qui joue le rôle principal d’un film ultra commercial comme National Treasure et d’un bijou de militantisme intelligent comme Lord Of War la même année ne mérite que le respect. On dit de lui qu’il cabotine, qu’il joue mal. Conneries, c’est à ça que ça ressemble un acteur qui se fout de ce qu’on pense et se donne à fond. La dernière fois qu’on l’avait vu, c’était dans Kick-Ass et là aussi il en imposait.

Alors oui, Cage a participé à de vraies bouses. I’M LOOKING AT YOU NEXT ! Oui, il met parfois des perruques improbable pour cause de calvitie avancée. Et oui, il est passé au statut de meme sur les internets pour une ou deux répliques hilarantes hors contexte. Mais je suis fan, il m’a vendu du rêve dans Sorcere’s Apprentice, où une fois de plus il se donnait à fond, il ne trichait pas.
Vivement Drive Angry. Mais on en reparlera.

BONUS STAGE !!!

Je laisse le mot de la fin à Roger Ebert, le plus grand critique ciné encore en vie (même si, des fois, il dit de la merde) :

« There are often lists of the great living male movie stars: De Niro, Nicholson and Pacino, usually. How often do you see the name of Nicolas Cage? He should always be up there. He’s daring and fearless in his choice of roles. He always seems so earnest. However improbable his character, he never winks at the audience. He is committed to the character with every atom and plays him as if he were him. »

523 – Avengers Assemble !

Au début j’avais pas prévu de faire un article sur Marvel aujourd’hui. Lundi aura été étourdissant sur tous les sites de news culturels. Disney rachète Marvel pour quatre milliards de dollars. Le chiffre est étourdissant, bien que certains prétendent que Spiderman à lui seul vaut plus que ça. Ca se discute. Effectivement la news est de taille, et puisque tout le monde s’était rué dessus, telle une bande d’affamés, j’avais décidé de passer outre. Et puis, que pouvais-je bien raconter d’autre que ce que l’on savait du communiqué de presse ? Bien sûr j’avais un avis. Sur le coup j’ai pris peur. Marvel se faisait bouffer pile au moment où ils devenaient bien rentables et avaient repris le contrôle de leurs héros au cinéma pour nous offrir des films de qualité. J’avais peur que la grosse souris ne vienne bousiller tout ça, compromette les plans à long terme de la firme.

A priori il n’en sera rien. Comme ce fut le cas lors du rachat de Miramax, Disney n’envisage pas pour le moment de venir fourrer son museau dans les affaires de la maison des idées. Les contrats liant Marvel Studios avec Universal et Paramount ne sont pas rompus et ce jusqu’à 2012 au minimum. La question s’est posée de savoir ce qu’il allait advenir des manèges brandés Marvel au parc d’attraction Universal. Après tout, Disneyland Floride kifferait bien foutre en l’air le bizness de son concurrent. Semblerait que là encore les contrats tiennent bon. Tout comme chez la Fox, qui comme Sony a signé un deal de fou. Tant qu’ils font des films à intervalles réguliers, ils gardent les droits de Spiderman, des X-Mens, de Daredevil et des Quatre Fantastiques. Autant de licences que Disney ne pourra pas exploiter, vu par exemple qu’une nouvelle trilogie Spidey est sur les rangs. Le lendemain de l’annonce du rachat de Marvel, la Fox aura du coup annoncé un reboot des Fantastic Four.

Pas de quoi ce réjouir, le premier script va être écrit par un des scénaristes de Heroes et le film est produit par un mec qui a bossé sur Batman & Robin. Visiblement, la Fox est toujours dirigée par un chimpanzé mutant. Heureusement, ce nouveau partenariat offre moult possibilités. D’après le Twitter du rédac’ chef de Marvel, une réunion aurait déjà eu lieu avec le boss de Pixar. La machine à fantasmer des geeks s’emballe. Les comics Marvel vont pouvoir être mieux mis en avant, les produits dérivés de meilleure qualité. Finalement ce rachat n’est peut-être pas une si mauvaise chose après tout. C’est pourquoi je regrette pas d’avoir attendu quelques jours pour bien savoir ce que j’en pensais. Plus qu’à voir comment les choses vont se mettre en place dans les mois et les années qui viennent. Jusqu’ici, ceux qui sont content restent les actionnaires qui s’en mettent plein les fouilles à croire le statut Facebook d’un pote qui possédait un paquet de titres Marvel à la bourse.

Beaucoup de bruits pour effectivement un immense mouvement dans l’industrie du divertissement. Mais nous n’en saurons pas plus avant un moment. Et puis, sincèrement, qu’est-ce qu’on a à foutre que Disney rachète Marvel ? La vraie news érectogène de la semaine, c’est le retour de Batman Beyond l’année prochaine bordayl !
Demain, double note sur le dernier vendredi de l’été et la fille venue du passé qui va avec.

BONUS STAGE !!!

Batman Beyond Motherfucker !!!