686 – Messiah Complex

Je me souviens de cette fois où j’ai sauvé une courtisane dans la citadelle de l’Alliance. Un tueur en voulait à sa peau. Je me suis chargé. Pour me remercier la courtisane m’a offert sa gratitude éternelle. Je lui ai répondu que c’était déjà trop d’honneur, je ne faisais que mon job de Spectre. Et je suis reparti sauver la galaxie.
Mon frère se souvient de cette fois où il a sauvé une courtisane dans la citadelle de l’Alliance. Un tueur en voulait à sa peau. Mon bro s’en est chargé. Pour le remercier, la courtisane lui a offert sa gratitude éternelle. Il lui a répondu que ça n’allait pas être suffisant, rapport au fait qu’il lui avait sauvé la vie. Elle concéda que oui, avant de se désaper et de s’offrir à lui.
Que nous apprend Mass Effect sur la vie ? Que dans les jeux vidéo comme dans le monde réel, c’est toujours les connards qui arrivent à baiser. Oh que décidément, je suis un putain de kikoolol.

En fait, je suis surtout irrécupérable, un incorrigible optimiste. Aussi longtemps que je m’en souvienne j’ai voulu jouer au super gentil. Ca a commencé avec les livres dont vous êtes le héros, jusqu’à Mass Effect II cette semaine. Dès qu’un jeu m’offre un choix de moralité, je suis toujours la voie du paladin. Mon acte le plus répréhensible remonte à Zelda 3, quand je filais des coups d’épée dans les poules. Quand j’ai joué à Fable I et II, Knight Of The Old Republic ou n’importe quel autre jeu avec un système de moralité. Je finis toujours gentil. Plusieurs raisons à cela. D’une part j’aime m’embarquer dans une histoire tel que je suis moi. Si j’étais vraiment, avec ma personnalité, ma morale et mes lois, dans les baskets de mon personnage, qu’est-ce que je ferais ? L’expérimentation obscure m’intéresse moins que vivre une expérience par procuration totale. Ca renforce mon immersion, mon attachement à l’univers et à l’intrigue. Mais surtout, dès que j’essaie de jouer le fils de pute, je culpabilise.

J’ai bien tenté de commencer des parties en mode connard, sur Fable par exemple. Mais ça coince. Je m’en veux d’avoir été hardcore avec un perso qui n’en méritait pas tant. Empathie encore et toujours. Cependant je n’écarte pas la possibilité que dans un système fermé, je tente d’agir tel que j’aimerais agir dans la vraie vie. Comme tout le monde, j’ai des accès d’égoïsme ou de lâcheté, voire de cruauté. C’est l’éternelle différence entre qui on est et qui on aimerait être. Alors dès que je joue à un jeu possédant un système de moralité, je finis par agir comme je pense être (ce qui est encore une autre facette du problème). Ca ne m’étonnerait pas qu’à force de grandir en lisant des comics et des trucs super optimistes j’aie développé un début de complexe messianique. La bonne nouvelle, c’est que bien que le terme existe, il n’est pas encore considéré comme une véritable maladie mentale.

Reste ce qu’il se passe lorsque j’échoue, lors que la réalité de mes pulsions contredit ce que j’aimerais être. Je parle de la vraie vie là, des crises fulgurantes de culpabilité et la rage qui parfois en découle. Mais c’est une histoire pour un autre jour, pour dans quelques centaines de notes de blog en rab’, quand on sera plus proches. On en reparlera.

Demain, on parlera d’agrafes.

681 – Superior Version

Imaginez une femme. Une belle femme, le genre dont vous avis envie depuis longtemps. Ce soir c’est le soir, celui où vous allez vous en donner à cœur joie à ravager son corps qu’elle vous offre à vous, et rien qu’à vous. Mais ! Si jamais vous faites un petit effort supplémentaire, de patience ou de prestance, peu importe. Si jamais on vous disait que contre ce petit effort supplémentaire, cette même femme se fera la plus belle pour vous, vêtements de soirée, lingerie fine et encore plus de passionnante conversation. Le sexe sera le même, même corps nu, même performances. Juste l’excitation d’un plus bel emballage, de préliminaires plus intenses, qui chatoient l’œil et le cœur. A choisir, vous le feriez ce putain d’effort ? Bien sûr que vous le feriez ! Alors, maintenant, bande d’abrutis, pourquoi est-ce que vous n’achetez pas tous vos produits culturels en version collector ?!

Je me rappelle quand j’ai reçu Mass Effect. C’était y’a plus de deux ans, pour Noel. Le seul jeu que je voulais sous le sapin, celui qui m’avait motivé à prendre une Xbox 360 quelques semaines plus tôt. J’avais demandé la version collector mais impossible d’y jouer avant le lendemain soir, repas de famille oblige. Sur tout le chemin en voiture vers la Loire, j’ai pesé et soupesé l’objet, boite métallique, lourde entre mes mains. J’ai profité des deux fois soixante dix bornes du trajet pour lire et relire le Codex de l’univers, l’historique des personnages, des races, des vaisseaux. Mes yeux se sont usés à la faveur des lampadaires à discerner les dessins dans l’art-book, à tenter de deviner ce qui m’attendrait une fois revenu à la maison. Avec l’édition simple, j’aurais juste eu une notice en noir et blanc pour patienter. Mais là, ce collector m’a porté à travers le repas en famille. J’étais là, mais j’étais surtout aussi déjà en train de vivre Mass Effect.

Alors oui, j’ai la pulsion du collector. Je bave sur mon Blu-Ray Fight Club avec pochette cartonnée, affichettes et livret exclusif. J’en arrive à demander à une copine banlieusarde d’aller braver le centre commercial dans l’espoir de me trouver un Collector au pays des gros beaufs joueurs de PS3 (bingo, y’en restait, merci les attardés mentaux). A partir du moment ou un livre, jeu, DVD ou même CD existe en version collector, il me le faut. Sinon c’est rentré à la maison avec l’inférior version, le signe extérieur de pauvreté. Puis il y a bien cette affaire de hype, le côté quête du collector, le toucher d’un boîtier métal, tous ces à côtés qui font que l’expérience ne commence pas uniquement avec l’œuvre, mais avec ce qu’il y a autour. Marketing sensoriel, univers étendu, multisupport, appelez ça comme vous voulez. Mais moi, ça me touche, comme une jolie femme.

Ceci expliquant sûrement pourquoi je bosse dans le marketing. De consommateur je veux devenir dealer. Parce que je ne suis pas seul bon sang, nous sommes légion ! Bon, après faudrait aussi que je trouve où ranger mes foutus autres collectors (GTA IV, I’m looking at YOU !).

Allez, je parle je parle, mais l’univers va pas se sauver tout seul. A demain donc !

675 – Sunday Every Day

Aujourd’hui, je me suis levé à quatorze heures. J’avais plus qu’un fond de Country Crisp. Ca m’a pourri ma journée. Bon, je m’étais aussi couché à cinq heure trente j’avoue. Tout ça parce que je voulais finir Assassin « en carton » Creed II le plus rapidement possible. L’idée c’était aujourd’hui d’aller m’offrir le collector de Mass Errect II, celui avec une boîte en métal, un art book et un DVD bonus que je regarderai jamais. La suite du jeu pour lequel j’avais acheté une Xbox, le second épisode qui permet d’importer sa sauvegarde du premier pour que toutes les actions du premier aient des conséquences sur mesure sur la suite de la trilogie. Sorti vendredi, y’en avait plus aujourd’hui en boutique. J’ai fait trois magasins qui m’ont tous dit la même chose. Chez EA c’est qu’une bande d’handicapés du bulbe, pas assez de stock, rupture partout jusqu’à mardi. Minimum.

Y’a des périodes comme ça, où t’as l’impression que chaque jour est une sorte de dimanche, le jour qui sert à rien, mais sept fois par semaine. J’attends une réponse pour un stage avant de prendre d’autres rendez-vous en cas d’échec. Un nouveau pote corrige mon manuscrit qui traîne depuis des mois sur mon bureau au lieu de se faire signer. Je m’occupe de l’ex-femme de ma vie, mal en point après une mauvaise chute. Je peine à décrocher de l’ordi, même le temps d’une série. L’autre soir je jouais à la Xbox tout en surfant et en chatant sur MSN, webcam allumée. Aujourd’hui j’ai remis le même tee Entourage tellement j’ai pas sué hier à rien foutre. C’est un peu l’ambiance de l’entre deux. Où on attend bêtement que des choses en cours se débloquent avant d’en démarrer d’autre. Je regrette de pas avoir un balle de baseball quand j’en ai eu l’occasion à NY, j’aurais pu faire le con à m’occuper à la lancer en l’air toute la journée.

Heureusement il reste les potes. Depuis que je m’investis beaucoup plus sur twitter (je suis toujours aussi peu de gens mais maintenant je réponds à tout le monde) je fais des rencontres, je bois des cafés autour de chez moi, parfois plus loin. Et ce soir j’étais l’anniv’ d’un pote. Ses vingt-six ans. J’y ai réalisé qu’en vrai, je le connais maintenant depuis plusieurs années, et qu’il est devenu un nouveau vrai ami, celui qui est resté assez longtemps pour faire partie du fil de ma vie. D’ailleurs l’année dernière, jour pour jour je lui avais taxé un jeu, que je lui ai rendu aujourd’hui. J’ai déjà dit que j’aimais beaucoup les cycles, boucler des boucles. C’était aussi pas mal de faire le con dans son garage pendant qu’il s’éclatait avec le réflex de son pote. Nouveau dossier en prévision. Puis il y avait ces lèvres magnifiques, qui me distrayaient presque autant que ces bretelles. Accélération cardiaque.

Sinon une lectrice m’a filé une superbe idée de nouvelle. De vraie nouvelle, pas de premier chapitre déguisé. C’est mon petit défi d’écriture de la semaine. On verra. En attendant demain c’est lundi, avec son lot de déblocages de situations. Dimanche de merde. Oh, et bande d’incapables de chez Electronic Arts, posez votre démission. Merci.

Demain, on parlera des gosses dans la fiction.