1074 – Cut The Phone

Hé ! Moi aussi j’ai un téléphone avec des applications ! Moi aussi je peux (presque) jouer à Angry Birds, Cut The Rope, Fruit Ninja et Doodle Jump, tous ces faux jeux pour casuals qui font croire à mes camarades de classe qu’ils sont des gros geeks. Hihi trop lol t’as vu je passe trop ma vie sur les jeux vidéo. Fuck you. Anyway, j’ai donc enfin un smartphone digne de ce nom, et forcément la possibilité de jouer à des presque vrais jeux. Forcément j’ai déjà mis un peu de thunes dans la machine et passé quelques heures sur des puzzle games ou des trucs un peu arcade. C’était pas mal. En plus ça me file des points de gamerscore pour mon ePenis.

Ceci étant dit, il faut que ça cesse.

Ui mais Ilomilo c'est trop kawaï je peux pas résister !

A une époque j’avais une Nintendo DS, et je jouais en vadrouille, c’était plutôt chouette. Avec la quantité quasi astronomique de bons jeux qui sortent sur le système, il y avait moyen de s’occuper un moment. Contre toute attente, il y a plus de deux ans, j’ai rangé la console dans un placard pour ne plus y toucher. J’ai d’ailleurs fini par la filer à l’ex-femme de ma vie avec professeur layton. Elle kiffe. La raison de la rupture ? Avec ma DS je veux dire. J’avais besoin de dégager du temps pour lire. Car à mon niveau, le temps disponible pour un livre est le même que pour une console portable : train, voiture, attente, trône. Les jeux mobiles et les romans se battent donc pour occuper le même espace temporel dans ma vie.

Ce qui nous ramène à mon téléphone.

En vrai j'ai une appli Kindle, donc pas d'excuse...

Depuis que je peux me faire de petites sessions de jeux, je ne lis que lorsque mon temps disponible dépasse les 15min. En dessous, c’est plus simple de sortir mon téléphone et de tuer des zombies. Et c’est là que commencent les problèmes. Déjà que je ramasse mes dents sur Infinite Jest, si en plus j’espace mes sessions de lecture, j’en ai pour jusqu’à mes 30 ans. Quand bien même, pour lire autre chose c’est autant galère. La logique voudrait que je jette mon téléphone par la fenêtre, ou tout du moins que j’utilise l’application Kindle plus. Mais la flemme est forte en moi. La lecture est une saleté de muscle, qui peine à rester contracté en ce moment. Les sorties des derniers mois n’aident pas aussi. Déjà que j’ai pris la résolution de ne pas acheter la 3DS (aussi en partie parce qu’il n’y a rien dessus), il me reste plus qu’à couper le téléphone.

On va y aller progressivement.
Faut juste qu’ils arrêtent de sortir des nouveaux trucs cools. Au moins je ne joue pas aux trucs de noobs, l’honneur est presque sauf.

1066 – Spotted

Nous étions dans le métro, couple glam et moi. Je ne sais pas ce que je racontais, tellement épuisé que je n’avais même plus la force de m’écouter parler (c’est dire). Quand, arrivé à notre station, je me suis tourné en direction de la porte, une jeune fille faisait barrage d’un regard appuyé.

- Tu es Matthias ?

Moment de flottement. Couple glam ouvre la porte derrière elle.

- Je, heu… oui.
- En fait je lis ton blog.

Paralysé par l’intensité du regard, je peine à balbutier quelque chose. Pourtant il faut que je sorte de la rame, c’est notre arrêt. Couple est hilare tandis que, rouge comme une tomate, je m’extirpe du métro en bégayant que heu qu’elle n’hésite pas à m’envoyer un truc, genre com ou un mail et que, heu c’est gentil, je sais pas quoi mais c’est gentil. Les portes se referme, le métro repart.

Ayé, on m’a reconnu dans la vraie vie.

Techniquement ce n’est pas la première fois qu’on me remarque dans le monde normal. Par exemple ça arrive régulièrement qu’on me spotte au MK2 Bibliothèque. J’ai déjà reçu un ou deux mails en mode « c’était toi au ciné tel jour à telle heure ? ». Oui, oui, c’était moi. « J’ai pas osé te parler des fois que ». Non mais je mords pas hein. Tout ça pour dire qu’on ne m’avait jamais confronté. Parfois je croise des gens dans le métro, genre Boulet, ou Nothomb (oui je les mets dans la même phrase, pardon) mais je ne dis rien, persuadé que ça doit leur arriver tout le temps. Moi ça ne m’arrive pas, parce que j’ai un petit blog dans un petit recoin des internets et qu’au fond je suis qu’un type qui écrit des textes sur Word en attendant une hypothétique carrière sur papier (et eReader bitches).

En plus, le même jour, au taf’, j’ai reçu un communicator de ma responsable RH.

- Bonjour Matthias.

Pas « Hello », « Salut », « Wesh » ou « Kikoo ». Même « Kikoo » j’aurais pris. Là le bonjour, je le sentais mal. Sauf que non. En réalité elle venait me dire que je pouvais prendre tout le coca zéro au distributeur. Rapport à cette note de blog. Rapport au fait que sa sœur lit mon blog (Bonjour sœur !) et a réussi à faire le lien. Déjà que je fais super attention de ne pas trop dire de conneries, maintenant que ma RH a des yeux, je vais être encore plus sage. Comme une image. Comme une grande image qui fait des heures sup et boit du coca zéro.

N’empêche, être reconnu par deux inconnues le même jour, c’est assez flippant.

 Enfin, pas flippant mais ça m’a décontenancé. D’où le rouge qui monte aux joues dans le métro et l’impression que l’univers est tout petit. Je regarde la tête de mes stats de fréquentation et c’est bien mais pas top.

D’où surprise, flatterie, sentiment de pas mériter ça, confusion, sympathie, rush. Tout ça d’un coup.
Fallait bien que ça arrive.

On verra si je m’en sors mieux si prochaine fois arrive.



968 – Hormonosaurus

J’étais assis sur un strapontin du métro. La rame était presque pleine, cette espèce de limite d’occupation où tu sais qu’il va falloir te lever. Mais là, je refusais de bouger. J’étais en pleine contemplation de jambes. J’aurais aimé pouvoir vous dire qu’elles étaient magnifiques, longues, élancées, appartenant à une bombasse. Même pas. Fille normale, taille normale, cuisses et mollets normaux. Les bottes remontaient assez haut, la jupe assez bas, l’ensemble était recouvert d’épais collants sombres. Pourtant, je ne sais pas ce qui me prenait, tout doucement. Mais j’avais une envie folle de tendre la main, d’épouser de la paume la forme du muscle, et éprouver d’une contraction des doigts la fermeté de l’ensemble. Comme je ne suis pas un psycho, je n’ai rien fait. Cependant, j’avais envie, mon cœur était en mode carnassier, j’avais faim, de viande, de toucher, d’épaisseur, de masse. J’avais envie de toucher.

En ce moment les filles, c’est loin d’être ma priorité, très loin. Entre les cours, les partiels qui s’enchaînent, l’échéance de la recherche de stage, ce putain de bouquin qui refuse de se signer, j’ai la tête pleine de conneries. Ma détente, c’est sur la Xbox, après avoir coupé Gtalk, Facebook, MSN. Il faut un certain état d’esprit pour être en chasse, sexuello-sentimentalement parlant. Je ne suis pas dedans. Alors je suis moins agressif quand je parle à une fille, je décline des invitations en soirée, à boire des coups. Je ne fais plus tous ces petits efforts qui viennent taquiner la chance et le destin. Et c’est pas grave, c’est une phase, c’est cyclique. Ca va et ça vient. Si je signe mon bouquin, trouve un stage de bâtard et survis à ce semestre de cours, j’aurais une pêche d’enfer et je fondrais dans la nuit, le courage au cœur. Juste, pas tout de suite là. Même si mon corps valide pas trop.

C’est le côté paradoxal du manque. Moins on en a, plus on y est sensible. Je remarque beaucoup plus la poitrine d’une ou deux camarades, des roulements de hanche dans les couloirs, des jambes dans le métro. Je finis par reconnaitre des filles que je croise depuis des mois et que j’avais jamais remarquées. Mon cerveau dit qu’il s’en fout, mon corps lui fait un peu ce qu’il veut. Sans que je m’en rende compte. Ou comment et pourquoi je frotte mes joues contre des épaules beaucoup plus souvent qu’à l’accoutumée, ou alors pourquoi je fais la gueule quand j’apprends qu’une jolie fille vis-à-vis de laquelle j’ai rien tenté est casée. Exemples parmi d’autres. Peut-être que c’est bêtement un problème d’hiver, du fait que j’ai froid chez moi à cause de mes radiateurs pourris et de mon sèche cheveux qui a rendu l’âme. Peut-être que je veux juste un câlin d’un truc chaud, si possible avec des cheveux qui sentent bon.

Enfin voilà, situation merdique où mon cerveau reptilien rugit, grogne, gratte, obsède. Pendant que j’ai pas que ça à foutre, que j’ai mal au crâne, que je ne dors pas assez, que je ne trouve même pas le temps de mettre des images sur ce blog. Le fu.