Special – Contest 04

Tain. Il me semblait que j’avais eu un peu moins de participation la semaine dernière mais en fait non. Ca a une fois de plus pas été aussi simple que prévu de choisir. Plein de superbes histoires de fou furieux (Bordayl la MégaDrive quoi !). Finalement je ne peux pas résister à l’appel d’une anecdote à base de boules de coton dans le soutiens-gorge. Ce qui tend à prouver que même les nouveaux commentateurs peuvent gagner. J’espère que V avait utilisé son vrai email parce que c’est à cette adresse que je vais lui demander son adresse. Répétition, je sais. Sinon aujourd’hui, contrecoup de la note 500 obligé y’a deux trucs à gagner.

Comme ce matin on parlait du dernier Palahniuk, je pense fourguer Berceuse, qui est à mon sens, comme je l’avais écrit, le plus accessible. A part ça en étant le joueur le plus rapide et avec le plus de bonnes réponses sur 15 650 connectés (EPIC. WIN.) à 1 Contre 100 sur le XBox Live, j’ai gagné un code pour télécharger Braid, un pur jeu. Malheureusement, étant un homme de goût autant que de qualité, j’ai déjà acheté Braid. Donc je mets le code en jeu, il suffit que vous précisiez dans votre com’ si vous avez une Xbox. Du coup, deux gagnants ! Yay !

Berceuse étant l’histoire d’un poème qui peut tuer, on va faire un concours DeathNote/Cluedo. Au lieu de me raconter une histoire vous allez me dire qui vous tueriez en toute impunité si vous aviez la berceuse, et vous allez me préciser Qui tue, Qui Meurt, Où et avec Quelle arme. Comme dans un Cluedo. Exemple : La chef des pom-pom girls tue mon prof d’histoire sous son bureau par section du pénis et émoragie fatala lors d’un éternuement pendant une fellation pour avoir une bonne note.

Sachant que vous pouvez mettre plein de détails, en faire une nouvelle si vous voulez, enfin on s’éclate quoi on est là pour déconner. Have fun.

494 – Book Review 75

Avec le bouquin du jour nous voilà face au grand cliché. Le conseil le plus bateau en terme d’écriture face à la page blanche. Un prof vous balancera toujours à la tronche d’aller la lire la presse et de s’inspirer d’un fait divers. La méthode soit-disant infaillible. Pour moi qui a l’envie d’aborder un thème avant de broder une histoire, c’est si loin de mon fonctionnement que je dénigre souvent une telle démarche (aussi parce que je suis un petit con). Pourtant lorsqu’une coupine me conseille vivement L’Adversaire, je passe à la caisse de la RNAC. J’étais déjà passé à côté de l’adaptation ciné qui avait quand même une bonne tête. Puis ça fait un moment que je n’ai pas lu de truc français, fallait que je fasse un petit effort.

Jean-Claude Romand a assassiné ses parents, sa femme et ses deux enfants avant de tenter de se donner la mort. Sauvé des flammes qu’il avait lui-même allumées, il se retrouvera donc face aux tribunaux et aux médias. A l’époque où le pays se passionna pour cette affaire unique, l’écrivain Emmanuel Carrère fut tellement intrigué qu’est née en lieu l’impérieuse volonté de comprendre. Tenter de defaire le cheminement de cet homme aimé de ses amis et voisins, et qui pourtant s’est révélé escroc et menteur, s’étant inventé toute une vie depuis prêt de vingt ans. En débutant une correspondance avec le meurtrier, en intérrogeant les proches et acteurs du dossier, l’érivain peint un sinistre mais fascinant tableau. Celui d’un homme pris au piège de sa lacheté et de ses mensonges, jusqu’à ce que les rouages se coincent et cèdent.

Force est de constater que j’ai dévorré L’Adversaire en trois jours. Carrère met à profit ses réflexes d’écrivains pour produire un récit à la fois non linéaire et multipliant les points en vue. En se mettant en scène et en confiant ses propres états d’âmes il parvient à donner au livre une épaisseur bienvenue. Le piège aurait été de livrer quelque chose de trop lourd, trop chargé en pathos. Un écueil à mon sens parfaitement évité. Ce n’est pas la curiosité morbide qui anima ma lecture mais bel et bien la même envie de comprendre que celle qui a saisi l’auteur à l’époque des faits. Bien sûr le lecteur n’en apprendra pas plus sur l’affaire. Reste un style aussi limpide que discret. Pourtant les phrases sont ciselées, les images parlantes et l’ensemble presque trop agréable à lire. La force tranquille comme dirait l’autre.

En ce qui concerne le film je ne peux pas vous en parler, ne l’ayant pas vu. J’ignore tout de la construction temporelle ainsi que de la précense ou non d’Emmanuel Carrère. Peut-être suis-je trop prude, mais l’histoire reste trop dure pour que j’éprouve l’envie de m’exposer à une version filmée. Vous vous ferrez votre avis pendant que je m’attelle à découvrir cet auteur plus en avant.
A 15h, ce sera le résultat du concours et, fort logiquement, un nouveau contest !

Demain, on parlera piscine.

TRAILER STAGE !!!

431 – Book Review 65

Je n’ai jamais lu de bouquin de Boris Vian. Oui, je sais, c’est un peu ultime comme fail en tant qu’adolescent qui boulotte du papier. L’autre jour à la TV Beigbeder et Nothomb étaient d’accord pour dire que Vian, si t’as passé 25 ans ça sert plus à rien de le lire. Ca m’a mis la pression, alors je suis parti commander j’Irai cracher sur vos tombes sur mamazone. Je suis comme ça, influençable, qu’y puis-je ? Publié en 1946 sous un pseudonyme américain, l’un des romans les plus célèbres de Boris l’aura bien mis dans la merde. Le livre fut interdit trois ans plus tard et son auteur condamné pour outrage aux bonnes mœurs. Histoire de bien poursuivre la malédiction, c’est lors de la projection de d’adaptation ciné en 1959, qu’il désapprouvait car complètement à côté de l’histoire, que Vian mourut d’une attaque cardiaque.

Lee Anderson est un jeune homme possédant un huitième de sang noir, dissimulé sous ses épais cheveux blonds. Forcé de changer de ville et de profession il s’installe comme libraire dans le sud des Etats-Unis, là où il serait le plus à même de se faire lyncher si l’on découvrait ses véritables origines ethniques. Doué pour la conversation et la guitare il se lie d’amitié avec les adolescents de la petite bourgade, avec qui il partage alcool et débauche de sexe. Invité à une soirée, il finit par jeter son dévolu sur deux jeunes sœurs de bonnes familles, innocentes des horreurs du monde. Alors qu’il redouble d’effort pour séduire ces difficiles proies, il devient de plus en plus clair qu’un sombre dessein l’anime.

Le premier truc violent du livre, c’est que la moitié est passée à la description de scènes de sexe, partout, avec tout le monde, tout le temps. A croire que dans les années quarante aux Etats-Unis il était possible de pécho tout ce qui bouge. On y croit. Vian pousse la perversité jusqu’à infliger les détails d’une sodomie qu’à demi consentie et d’une virée dans un bordel qui propose des négresses mineures. Joie et félicité. Profondément amoral, le personnage principal ne possède que très peu de côtés attachants, ce qui est un euphémisme d’ « aucun ». Conçu à la base pour un défi, j’irai cracher sur vos tombes et une des tentatives de Vian de produire un polar noir tournant autour des questions de luttes ethniques. L’intrigue avance vite, le roman était court, et avance implacablement jusqu’à sa conclusion logique, non sans réserver au lecteur quelques atrocités graphiques pour la fin. Le niveau de monstruosité dépeint ici m’aura au moins fait relativiser mon dégoût de la mode du torture-porn au cinéma représenté par Hostel et consorts.

Facile à lire, car écrit dans un style aussi simple qu’intemporel, ce texte aura eu le mérite de boucher un des nombreux trous qui constituent ma culture classique. Je pense qu’il me faudra la lecture d’un autre des romans de Vian pour me forger un avis plus éclairé.
A seize heure il y aura une note Bis. Demain on causera de copains et de prétentions artistiques.