Ces vacances j’ai fait un truc un peu débile. J’ai décidé d’imprimer mes photos de New-York. Je me suis inscrit pour MyPix. Zou, cinquante tirages gratos (enfin, à cinq euros avec leurs feintes de frais cachés. J’aurais donc choisi un ti best of, uploadé, décoché la case correction automatique et attendu. Le résultat est loin d’être awesome. L’impression est sombre, plus que sur n’importe quel écran sur lequel j’ai pu visionner mes clichés. Du coup ça rend pas toujours top. Mais bon, bordayl, c’est mes photos n’a moi, physiquement entre mes mimines ! Ma mom est contente, elle qui fear la technologie. Ma grand mom est contente, elle pourra en accrocher une ou deux de son petit fils préféré (ou pas, t’inquiètes bro) au dessus du buffet du salon. Mais moi dans tout ça ? Passé le fun de la découverte du truc, je me rends compte que je sais pas trop quoi faire de mon tas de papier.

Pourtant à une époque faire développer les photos, c’était trop le pied. On me filait un kodak jetable de merde pour les classes vertes et à chaque fois c’était la surprise au retour. On allait de la fierté de voir le fiston trop ridicule face à un monument à la con jusqu’à la grosse crise de lol face à une photo floue d’un truc hyper mal cadré. Sans parler des bourdes, quand on appuie sur le déclencheur sans faire exprès après avoir rembobiné la molette. C’était le bon vieux temps. Un instantané de vie que j’espérais recapturer et qui n’aura duré que quelques minutes, le temps d’éplucher le colis de photos. Parce qu’entre mon backup sur ordi, sur MMC et sur Picasa, je n’ai aucune peur de perdre mes fichiers. Ma parano a de bons avantages. Une amie à moi me disait avant hier qu’elle ne voyait pas l’intérêt de nos jours d’imprimer ses photos. Et au-delà d’une envie d’affichage ou de cadeau, je dois reconnaître que je suis assez d’accord avec elle. Les générations passent et les usages évoluent. Est-ce que mes mômes auront la nostalgie du papier ? Sûrement pas. Pas besoin de remonter si loin en fait pour trouver des disparités d’usage. Exemple ! Les fabricants d’appareils viennent d’annoncer plusieurs modèles exploitant un nouveau format, le micro 4/3.

Des boitiers de la puissance d’un réflex d’entrée de gamme avec objectifs interchangeables mais petits comme des gros compacts. L’astuce ? Virer le miroir interne, le viseur optique et autres petites pièces des réflex. La même amie a hurlé que jamais elle ne pourrait se passer de viseur optique, que c’était sale de tout shooter à l’écran, qu’elle tient à ce contact froid, à faire intervenir des réflexes qu’elle possède. Des réflexes que je n’ai pas. Tout comme je me fiche pas mal d’un tas de réglages avancés qui disparaissent, d’être obligé de paramétrer à l’écran, d’un mode rafale plus lent et compagnie. J’envisage de changer mon S90 contre un Micro 4/3 après mon stage, surtout si je retourne aux US pour profiter du taux. Tout ça pour constater qu’au même âge, les tics et les usages technologiques se brouillent déjà.

Je crois que je ne pourrais pas m’empêcher d’imprimer un paquet de photos de temps en temps. Pour le kif de les tenir entre mes mains, pour retrouver un parfum d’enfance, pour devenir au fil du temps un vieux con. Tout comme ma potesse restera traumatisée quand je lui montrerai mon Micro 4/3 (plus d’infos chez Wired, où les pro-tographes hurlent aussi à l’hérésie alors que je vois la prochaine évolution de mon apprentissage). Et dans un moment, ce sera au tour d’un autre tic de vaciller, d’évoluer ou de se raccrocher au passé. Bordel. Je reviens, je vais me mettre de la crème anti ride.
Demain, on parlera d’un gros succès jeunesse !







