663 – You Can’t Burn What You Don’t Print

Ces vacances j’ai fait un truc un peu débile. J’ai décidé d’imprimer mes photos de New-York. Je me suis inscrit pour MyPix. Zou, cinquante tirages gratos (enfin, à cinq euros avec leurs feintes de frais cachés. J’aurais donc choisi un ti best of, uploadé, décoché la case correction automatique et attendu. Le résultat est loin d’être awesome. L’impression est sombre, plus que sur n’importe quel écran sur lequel j’ai pu visionner mes clichés. Du coup ça rend pas toujours top. Mais bon, bordayl, c’est mes photos n’a moi, physiquement entre mes mimines ! Ma mom est contente, elle qui fear la technologie. Ma grand mom est contente, elle pourra en accrocher une ou deux de son petit fils préféré (ou pas, t’inquiètes bro) au dessus du buffet du salon. Mais moi dans tout ça ? Passé le fun de la découverte du truc, je me rends compte que je sais pas trop quoi faire de mon tas de papier.

Pourtant à une époque faire développer les photos, c’était trop le pied. On me filait un kodak jetable de merde pour les classes vertes et à chaque fois c’était la surprise au retour. On allait de la fierté de voir le fiston trop ridicule face à un monument à la con jusqu’à la grosse crise de lol face à une photo floue d’un truc hyper mal cadré. Sans parler des bourdes, quand on appuie sur le déclencheur sans faire exprès après avoir rembobiné la molette. C’était le bon vieux temps. Un instantané de vie que j’espérais recapturer et qui n’aura duré que quelques minutes, le temps d’éplucher le colis de photos. Parce qu’entre mon backup sur ordi, sur MMC et sur Picasa, je n’ai aucune peur de perdre mes fichiers. Ma parano a de bons avantages. Une amie à moi me disait avant hier qu’elle ne voyait pas l’intérêt de nos jours d’imprimer ses photos. Et au-delà d’une envie d’affichage ou de cadeau, je dois reconnaître que je suis assez d’accord avec elle. Les générations passent et les usages évoluent. Est-ce que mes mômes auront la nostalgie du papier ? Sûrement pas. Pas besoin de remonter si loin en fait pour trouver des disparités d’usage. Exemple ! Les fabricants d’appareils viennent d’annoncer plusieurs modèles exploitant un nouveau format, le micro 4/3.

Des boitiers de la puissance d’un réflex d’entrée de gamme avec objectifs interchangeables mais petits comme des gros compacts. L’astuce ? Virer le miroir interne, le viseur optique et autres petites pièces des réflex. La même amie a hurlé que jamais elle ne pourrait se passer de viseur optique, que c’était sale de tout shooter à l’écran, qu’elle tient à ce contact froid, à faire intervenir des réflexes qu’elle possède. Des réflexes que je n’ai pas. Tout comme je me fiche pas mal d’un tas de réglages avancés qui disparaissent, d’être obligé de paramétrer à l’écran, d’un mode rafale plus lent et compagnie. J’envisage de changer mon S90 contre un Micro 4/3 après mon stage, surtout si je retourne aux US pour profiter du taux. Tout ça pour constater qu’au même âge, les tics et les usages technologiques se brouillent déjà.

Je crois que je ne pourrais pas m’empêcher d’imprimer un paquet de photos de temps en temps. Pour le kif de les tenir entre mes mains, pour retrouver un parfum d’enfance, pour devenir au fil du temps un vieux con. Tout comme ma potesse restera traumatisée quand je lui montrerai mon Micro 4/3 (plus d’infos chez Wired, où les pro-tographes hurlent aussi à l’hérésie alors que je vois la prochaine évolution de mon apprentissage). Et dans un moment, ce sera au tour d’un autre tic de vaciller, d’évoluer ou de se raccrocher au passé. Bordel. Je reviens, je vais me mettre de la crème anti ride.

Demain, on parlera d’un gros succès jeunesse !

505 – Cine Club 65

Je crois avoir déjà mentionné qu’UGC déteste le cinéma, ses clients et la vie en général. Preuve numéro quarante-deux, GI Joe ne passe qu’en VF sur les 4 cinémas de Lyon. Insérer propos relevant de l’injure publique. Pour compenser le doublage, j’ai attendu que mon meilleur buddy revienne d’Italie (Newsflash : les italiennes ont parait-il des gros culs bas) pour me faire le dernier blockbuster de l’été. Terminator Salvation et Transformers Revenge Of The Fallen ont été deux grosses déceptions, tellement persuadés d’être des bons films qu’ils ont oublié de vérifier si c’était le cas. Parce que non, ils étaient soporifiques et assourdissants à la fois, aussi incompatible que cela puisse paraître. Au moins avec GI Joe on savait depuis le premier trailer que nous avions affaire à une catastrophe ambulante, un gâchis de pognon monumental. Tout ça pour accoucher du meilleur pire film de l’année !

Bon alors t’as deux soldats, un rebelle taciturne et un noir rigolo qui doivent livrer une nouvelle arme nanotechnologique à l’OTAN. Mais pas de bol, un super chasseur furtif de la mort débarque et massacre quasiment toute l’unité jusqu’à ce que débarquent les GI Joes, des soldats hardcore avec des arbalètes lasers à tête chercheuses. Unité d’élite internationale, donc avec un Arabe, un Noir et un Japonais plus plein d’américains, les Joes recrutent les deux soldats du début. Pas de bol, ils se font quand même voler l’arme lors d’une seconde attaque menée par l’ex du héros, qui s’est teint les cheveux en noir et s’habille en cuir pour montrer qu’elle est plus méchante que dans le flashback où elle est blonde et habillée normalement. Forcément, les Joes sont super vénères et décident de faire un montage pour montrer qu’ils se sont super entraînés avant de partir déjouer les plans des méchants. En gros. Ah, et à un moment la tour Eiffel tombe.

Yannick et moi auront passés deux heures à se marrer comme des gamines. Car il s’agit du film qu’aurait fait un môme de 7 ans dans sa cave en jouant avec ses figurines articulées. Tout est moche. Le budget est insuffisant pour la tonne d’effets spéciaux qui du coup sont plus que moyens, Sienna Miller ne sait toujours pas jouer et les blagues du noir ne sont pas drôles. Le must étant quand d’un coup les héros devinent à partir de rien qui est le méchant, moment vraiment bizarre qui ne passe pas du tout à travers, vous saurez de quoi je parle en le voyant. Mais bon, pris dans le truc on finit par s’en foutre pas mal. Après tout, on est dans un univers où en faisant exploser des glaciers, les blocs de glace « tombent » sous l’eau sur les sous-marins ennemis. What the fucking fuck ? La moitié du budget a du passer en cocaïne, c’est pas possible autrement.

Malgré ce torrent de médiocrité, il nous aura été impossible de nous ennuyer. Chaque flashback est introduit avec de tels gros sabots (Zoom sur le visage qui a une expression qui dit “ah je me souviens…”) qu’il déclenchait une explosion de rire au point que l’on avait hâte d’arriver au prochain. Même tarif pour les twists, qu’on voit venir à trois milles kilomètres. La réalisation est bordélique, sauf peut être dans la déjà mythique course poursuite à moitié à Paris et à moitié dans Prague déguisée (Uber lol la bouche de métro sans trou dans le trottoir, avec juste une pancarte). Au final tout explose, le ninja badass a son fight one on one avec son frère ennemi ninja badass, Sienna Miller en cuir tire les cheveux de Rachel Nichols habillée en combi moulante. Tous les ingrédients d’un film full of win.

505---Girl1-Lettré

Je crois que la vérité, c’est qu’à l’inverse de Terminator 4 et de Transformers 2, GI Joe est au courant d’être une sombre bouse issue du cerveau d’un gamin couplé avec le fantasme marketing d’un fabricant de jouets. En sortant de la salle, en semi coma, j’ai juré d’y retourner au ciné, d’en faire une note de blog et de l’inclure dans ma collec’ de films à voir sous l’influence de la drogue. Oui, il est si bon que ça. Félicitations, Stephen « La Momie/Van Helsing » Sommers, tu as retrouvé ton mojo au point de me filer la trique pendant deux heures.

Demain encore une note longue, mais beaucoup plus sérieuse, à propos du coup de cœur éditorial.

TRAILER STAGE !!!

COMIC STAGE !!!

Tiré du parfois très bon Player Versus Player.

503 – The MySpace Angle

Imaginez un peu le truc. Vous êtes peinard sur facebook, un forum ou un site de rencontre, quand tout à coup. Oh mon dieu la tuerie cosmétique de fou furieux. Cette fille est juste paranormalement canon. Alors tu te démènes pour engager un début de conversation 2.0, tu luttes pour justifier pourquoi tu lui adresses la parole, vu que bon, t’en veux à ses petites fesses. Mais le miracle à lieu, cette fille en a réellement quelque chose à foutre de ce que tu racontes. La preuve, tu l’as sur MSN, où son avatar est nouvelle phot encore plus uber mimi hot que la précédente. Puis vient l’instant fatidique, celui où tout bascule. Il peut s’agir de l’accès à toutes les photos de son profil facebook, ou bien à une nouvelle image sur MSN ou bien encore l’allumage de sa webcam. Twist : elle est fugly.

Les courageux scientifiques de l’interweb appellent ce phénomène le MySpace Angle. Remember Myspace, le truc qui était has-been à la seconde où ça a été créé. Toute une plateforme gerbante de mauvais goût avec des mises en page à te sodomiser la cataracte jusqu’à ce qu’aveuglement s’en suive. C’est à peu près à cette époque qu’on a inventé la photo de profil, la seule et unique photo qui va te définir auprès de chaque inconnu. Elle devient la seule chance de faire une première bonne impression. Forcément, elle est savamment étudiée pour être une tuerie. L’appareil photo à été placé de sorte à gommer le maximum de défauts physiques, que ce soit en jouant avec le cadre, la compo, le flou ou n’importe quel autre paramètre. Cet angle magique, dans lequel s’efface cellulite, nez crochu et oreilles décollées a donc un nom, c’est le Myspace angle !

Forcément, ce genre de logique, ça dégénère vite. Faites un tour sur les sites de rencontre et comptez le nombre de photos prises bras en l’air, en contre plongée pour faire ressortir une poitrine et disparaître le ventre. Confère sa bonne copine, la photo floue aux couleurs dégueux prise à la webcam. Ou pire, la plus fourbe, la photo de photographe qui gère sa bille autant lors de la prise de vue qu’en post-production sur Photoshop. Tout le monde se plaint des photos de soirées compromettantes sur Facebook. Et bien permettez moi de les défendre, ces photos moches, moi je les aime ! Oui, même celles prises en boîte où j’ai des auréoles sous les bras et une tronche de zombie. Parce que ces photos là, le seul angle duquel elles sont prises, c’est celui de réalité. C’est cette même réalité que vous allez embrasser, pas la photo magique.

J’aurais aussi pu parler des pouffiasses qui font des bisous sur toutes les photos, crispant leurs muscles faciaux au point que l’on puisse superposer des dizaines de photos sans qu’elles ne changent d’expression. Terrifiant. Oh, et by the way, faut arrêter de faire faire des bisous dans le vide sur les photos. Devinez pourquoi les mecs le font jamais. Bonne réponse, parce que ça donne l’air con.
Demain, top 3. D’ici là, faites gaffe au myspace angle et assumez vos photos moches !