Quand j’étais pas encore né, je voulais être gangsta. Une fois face à mon premier miroir, c’était un peu la déprime, j’étais blanc. Un diagnostic qui allait se confirmer d’années en années. Après des jours d’expositions au soleil, impossible de me faire bronzer. En plus ma barbe est à moitié rousse. Epic fail de la sélection naturelle. Pour déconner, je balance souvent que dans ma banlieue bourgeoise de droite Lyonnaise, j’étais le leader du gang des trottinettes. Déjà qu’à quinze ans, si t’as pas un low-rider pour cruiser le long de la côte, avec ton Desert Eagle chargé qui dépasse de la fenêtre de la portière, t’as un peu raté ta vie. Heureusement, il me restait le dernier reliquat de mes rêves de gangsta, avoir un crew, une bande avec laquelle trainer et avoir la classe au quotidien.

Je crois qu’un des plus beaux jours de ma vie aura été quand un connard au collège m’a promis de m’éclater à la sortie et, qu’une fois l’heure venue, il se retrouve nez à nez avec une douzaine de mecs à la cool qui m’encadraient. Hell Yeah ! Mais les années passent, beaucoup d’amitiés ne survivent pas à la puberté, aux divorces, déménagements ou autres orientations scolaires obscures. Bien sûr, les vrais, les poilus sont toujours là. Peut-être que si les gens survivent sans leur crew, c’est qu’ils sont bien peinards, dans leur couple, dans leur école de commerce à la con et leur route toute tracée jusqu’à la tombe. A la réflexion, je ne me demande pas si le besoin d’avoir sa bande ne va pas de pair avec le bordel dans sa propre vie. Je n’ai jamais vu autant de potes, jamais construit autant d’amitiés nouvelles, que depuis que je n’ai aucune idée d’où j’en suis.

Chuck Palahniuk dédiait son premier roman à ceux qui le lisaient à l’époque où personne ne le lisait. Sur le coup, ça m’avait semblé d’une évidence sans bornes. Après tout, aurais-je persisté face à Word toutes ces années sans les coupains, parfois drôles, parfois un peu cons, mais toujours là ? Le soutien indéfectible des potes, c’est la meilleure des énergies. Et j’espère, qu’à ma façon, dans mon coin, j’arrive à renvoyer un peu de ça à tous ceux qui me soutiennent et arrivent encore à croire en moi depuis le temps. Parce que se foutre des coups de pied au cul tout seul, ça ne fonctionne pas à l’infini. J’avais prévu de citer la bande, tout le monde, mais je ne m’en sortirais jamais. De toute façon ils se reconnaîtront, et savent très bien que le jour où je n’aurais plus de quoi me plaindre, ils seront les premiers à partager les burgers maisons de la win !

Si l’un(e) de vous se sent visé(e) par cet article, viendez prendre des news et si ma timidité m’empêche de vous dire que vous m’avez putain de manqué, c’est que je parlais bien de vous. Inutile de cacher que vous autres, lecteurs du blog, silencieux ou non, êtes plutôt pas mauvais du tout niveau soutiens moral. Me donnerait presque envie de faire une super note sur mes insomnies demain tiens !