991 – Time Is Money

Dans mon esprit, une séance de cinéma ça vaut entre 7 et 9 euros. Suivant si carte étudiant, horaire, tous ces trucs. Disons que c’est le prix moyen que j’associe à un film. Sachant qu’un film moderne ça dure entre 90 et 120min, on va dire 105min en moyenne, je considère qu’une heure de cinéma coûte à peu près 5 euros. Si je vous raconte tout ça, c’est que du coup, en ce qui me concerne, quand je dois dépenser des sous dans un truc culturel/divertissement, j’évalue le rapport temps/prix en fonction d’une place de cinéma. Par exemple, ça ne me dérange pas de payer quarante euros Dance Central si je sais que je vais passer huit heures dessus. Par contre un jeu comme Vanquish sur lequel je vais passer environ six heures, j’attends qu’il tombe en dessous de la barre des trente keuss. Bref, vous avez saisi l’idée, mon système de mesure.

Au niveau des bouquins, ça se traduit par du 80 pages à l’heure en moyenne, quand je suis motivé. Du coup, ça me casse les couilles de dépenser plus de quinze euros dans du 240 pages français par exemple. Pour les DVD c’est assez basique. Si je sais que je regarderai le film au moins une fois plus bonus, je prends à partir de dix euros. Si j’ai la certitude absolue de le faire tourner à plusieurs reprises, j’accepte de prendre le prix fort (Scott Pilgrim, I’m looking at YOU). En dessous de cinq euros j’en arrive même à acheter des trucs sans les regarder. Par exemple j’ai toujours Carlito’s Way et Alpha Dog sous blister dans ma garçonnière lyonnaise. Un jour je les verrai. Peut-être. Malheureusement cette échelle cinématographique se casse les dents assez vite quand on approche les concerts et la bande dessinée en général.

Un concert à 20 euros, je trouve ça déjà cher, ça me pique quand j’ouvre la carte bleue. Alors quand je vois mes potes dépenser le double, le triple voire plus, je m’étrangle dans mon fort intérieur. Puis je me souviens que je ne suis pas fan de musique et then I relax’d. Pour la BD c’est plus galère. Depuis que je suis à Paris, depuis trois ans, j’ai acheté en tout et pour tout quatre albums francophones. Et encore, l’intégralité de ce que j’ai acquis est le travail de copains. J’achète que pour faire plaisir aux potes. Parce que treize euros le truc que je boucle en 15/20min, ça pique trop le jeune que je suis. Je tolère un peu mieux les mangas parce que pour sept euros j’arrive à faire le grand écart nécessaire pour en choper un de temps en temps. En vrai, c’est des trentenaires/quadra les acheteurs de BD en France. Fact.

En fait tout ça me ramène à mon budget d’étudiant. D’une part vis-à-vis de mon obsession du rapport prix/temps. Comme j’ai pas beaucoup de thune mes achats DOIVENT m’occuper un moment. De l’autre mon échelle actuelle est calquée sur le cinéma et si j’étais plus fort thuné, sûrement que je me callerais sur autre chose, genre une BD franco-belge et ses vingt-six euros de l’heure.

On verra. En attendant je vais compter ce qui me reste de sous pour aller faire mes cadeaux de noel.

988 – Let The Music Play

Putain. Encore une notification de paiement à Spotify de 9,99 euros. La treizième. Ce qui signifie que ça fait un an ce mois-ci que je suis abonné à Spotify Premium. Ce qui signifie que j’ai donc mit en un an près de cent vingt euros dans de la musique. Moi qui ai acheté en tout et pour tout moins de dix CD dans ma vie. J’ai dépensé en douze mois autant qu’en vingt-quatre ans. Quand j’y pense j’en ai un début de vertige. C’est une augmentation de plusieurs centaines de pour cent. C’est aussi un gros bloc de mon budget annuel d’étudiant. A la lecture de ces lignes je vois déjà ma pauvre mère défaillir, et les haters ricaner rapport au fait que je me plains tout le temps d’être à découvert. Mais un anniversaire d’utilisation du service, c’est l’occasion de faire le bilan, y compris financier.

J’ai épluché mes listes de lecture. En douze mois j’ai eu en playlist environ une quarantaine d’albums, que j’ai donc écouté plusieurs fois. Certains depuis décembre dernier alors que d’autres vont et viennent. En étant très large et optimiste, mettons 7,50€ par album, ça me ferait un total de 300€. Donc déjà là j’y gagne déjà (et j’ai compté que les albums écoutés PLUSIEURS FOIS, pas les trucs essayés mais pas adoptés) sans parler de tous les morceaux écoutés comme single, ou les recherches d’un soir. A un niveau purement quantitatif et monétaire, je suis gagnant vis-à-vis du système « normal ». Avec la contrepartie de ne pas tout avoir (des majors freinent encore des deux pieds) et d’avoir après les pirates (attendre la sortie officielle pour la BO de Tron ou le Kanye West quand tout Twitter se masturbe sur les MP3).

Bien que je remarque que les titres arrivent plus vite et en plus grand nombre qu’il y a ne serait-ce qu’un an. Puis c’est sans oublier le côté pratique de Spotify. L’application musicale la moins gourmande en ressource que j’aie jamais utilisée. Ça ne rame pas, c’est sobre, y’a les couv’, je peux créer des playlists, les partager avec mes autres amis. Surtout putain je peux synchroniser mes listes avec mon téléphone portable. Cool la BO de Tron ! Dix minutes chrono plus tard c’était sur mon Nokia et je partais avec. Royal. Avec depuis quelques mois la possibilité d’importer et synchroniser des morceaux présents sur le disque dur, genre des bandes originales jamais sorties, ou des podcasts, ou ce que tu veux. Quelques clics et un coup de wifi. Magique. J’en oublie même que l’argument principal de passer premium dispense de la pub. Ah bah oui c’est vrai y’a ça aussi…

J’ai reçu ma facture de décembre ce weekend. Ma seconde facture pour un décembre. Je ne regrette rien, je ne télécharge plus de musique, ma conscience n’a aucun problème, je découvre des morceaux, j’échange, je picore. Le streaming a réussi à me vendre de la musique, pour la première fois en vingt quatre ans.

Alors quand j’entends des mecs (majors, artistes) dire que les services de streaming ne rapportent pas assez, qu’il faut les fermer ou limiter le truc, j’ai envie de leur faire bouffer mes relevés bancaires. Abrutis.

983 – All Or Nothing

Mercredi soir je suis rentré de ma séance de Scott Pilgrim au cinéma. Oui, j’ai attendu. Enfin, j’ai pu déballer mon Blu Ray acheté en import sur Amazon, depuis une semaine qu’il était sur mon bureau et que je me retenais de le déblister. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir plein de trucs dedans. Déjà j’ai le Blu-Ray du film, logique, mais en bonus on me file le DVD sur un disque séparé, classe. Comme ça je peux le prêter, le regarder à lyon, le revendre pour amortir les coûts. Sans compter le code sur papier qui me permet de télécharger une version numérique du film sur les internets pour pouvoir le trimballer comme je veux. Bonus ultime : on m’offre Pitch Black et Tremors en VOD jusqu’en mai. OKAY. Tout ça pour le prix normal du truc, 26$. Je ne peux m’empêcher de me demander : POURQUOI TOUT N’EST PAS COMME CA ?!

Sérieusement. Partant du principe que l’hébergement d’une version numérique d’un film, d’un CD ou d’un bouquin ne coûte quasi rien. Partant aussi du principe que y’a que les tarés pétés de thune pour acheter plusieurs fois la même chose. Pourquoi tout n’est pas comme sur les Blu Ray ricains ? Pourquoi quand on achète un CD on a pas les MP3 avec de manière systématique ? Pourquoi quand j’achète un putain de livre j’ai pas une version numérique offerte avec un code de téléchargement ou whatever ? Puisque la major/l’éditeur ne le vendra pas de toute façon, qu’il ne dégagera pas de bénéfices, pourquoi est-ce qu’il ne le file pas pour le principe ? Pour éviter le téléchargement illégal, pour limiter les raisons de pirater et toutes ces conneries. Enfin je sais que j’en parle beaucoup, d’un système ou t’achètes tous les formats d’un coup, mais c’est la première fois que ça m’arrive en vrai.

Faut dire que chez les ricains c’est un système qui est déjà un peu plus développé. Vu qu’ils ont toujours un ou deux ans d’avance niveau marketing. J’apprécie le confort, je me dis que je me ferais bien Tremors à l’occasion, et que je vais prêter le DVD de Scott Pilgrim à une copine de classe, pendant que je continue à mater les bonus du Blu-Ray. Ca me semble tellement… logique. Et quelque part le problème c’est que je m’habitue à l’idée. Enfin l’inverse, pour moi ça devient doucement pas normal. J’aime bien acheter mes livres numériques moins chers que leur équivalent papier mais je préfèrerais payer le prix papier et avoir les deux. Après je suis persuadé qu’on y viendra. Si le cinéma y est, le reste va finir par suivre. C’est juste particulièrement emmerdant de tenir un bout du futur entre ses mains mais de devoir attendre pour avoir le reste.

Au final, ce Blu-Ray de Scott Pilgrim est à l’image du film : tout ce que je voulais et un peu plus encore. D’ailleurs je trouve presque la lecture plus confortable sur un écran 16/9, rapport au ratio de l’image qui change tout le temps, moins visible sur un écran ciné trop large. Ceux qui ont vu le film me comprendront.

Anyway. Hurry the fuck up, industries culturelles ! Je veux vous donner plein d’argent ! Aidez moi à justifier mon budget culture !

POKEDEX STAGE !!!

A part ça, après avoir eu une réponse de Richard Kelly sur Twitter, j’en ai eu une de Edgar Wright, réal de Pilgrim. Awesomeness +1.