1242 – Book Review 213

« When we are young, we invent different futures for ourselves; when we are old, we invent different pasts for others. »

En vacances à Londres, je suis tombé sur l’édition reliée de The Sense Of An Ending par Julian Barnes. La couverture était aussi épaisse que la somme des pages. La jaquette était douce sous le bout des doigts. Le format, tout petit, donnait envie de mettre le livre dans sa poche. Sorti cet été, le roman était vendu pour quelques pounds de moins que le prix affiché (kikoo loi sur le prix unique). Pour un peu plus de dix euros, j’aurais pu craquer. Sauf que j’avais déjà acheté le vainqueur du prix Man Booker 2011 avant de traverser la manche. J’avais investi dans la version numérique pour passer le temps dans le train. Et sur le moment, j’ai regretté un peu fort. L’édition physique était vraiment jolie.

Et ça, c’était avant que je le lise, le dit roman. Et que je découvre que, en plus, il était super bien.

La couverture Américaine, moins jolie.

Tony Webster est un homme d’âge mur. Marié, puis divorcé, père d’une fille qui va à son tour se marier, il réalise qu’il a pénétré dans la dernière période de sa vie. Lorsqu’il avait vingt ans, qu’il était meilleur ami avec le génial Adrian, il était tombé amoureux. La fille était mauvaise, manipulatrice. Après leur rupture, Adrian s’est entiché de la belle, contre l’avis de Tony. Un an de relation plus tard, Adrian mettait fin à ses jours. Ce mystère a toujours intrigué Tony. Pendant les quarante années qui ont suivi. Il n’a jamais su quelle était la raison du passage à l’acte de son ami. Jusqu’au matin où la mère de son amour de jeunesse décède et lui lègue le journal intime d’Adrian. Le seul problème est que le journal est en possession de son ancienne petite amie. Et celle-ci refuse de lui rendre.

The Sense Of An Ending est divisé en deux parties inégales (niveau volume). Le premier tiers se déroule pendant les années 60. Tony se remémore sa jeunesse du mieux qu’il le peut, et raconte son amitié avec Adrian et leurs amours compliqués. Le reste du roman se passe de nos jours, où Tony essaie de récupérer le journal de son ami, prend conseil auprès de son ex-femme et remet parfois en question sa version de l’histoire. Au final le livre est si court qu’on pourrait le qualifier de novella. Il se lit très vite, est écrit avec simplicité. Pour autant, on croisera beaucoup de belles phrases et autres réflexions bien senties. J’ai remercié mon Kindle pour tous les passages que j’ai pu surligner (prends ça, vil papier anglais tentateur)

Au cœur du livre est un mystère, le « keskisaypassé ? ». Barnes ne construit pas son intrigue autour d’un twist final mais livre peu à peu de nouvelles pièces jusqu’à compléter le puzzle. A une dizaine de pages de la fin on pense avoir compris une explication somme toute un peu décevante. Puis le roman nous colle une petite baffe dans la tête avec un second dénouement bien plus vif et satisfaisant. J’ai bien aimé cette petite feinte narrative. Tout comme j’ai apprécié que le mystère soit élucidé avec logique et s’emboîte dans les indices préexistants. J’envisage doucement une seconde lecture pour mieux savourer ce que je sais déjà. La boucle est bouclée, et le titre du livre prend tout son sens.

The Sense Of An Ending est tout ce que j’aime, une bonne histoire qui fait remonter des souvenirs chez le lecteur, un mystère prenant et résolu avec brio, un texte court et bien écrit. Non seulement je le conseille fort, mais je re-regrette de ne pas l’avoir pris en physique.

BUY STAGE !!!

11.50€ pour la version cartonnée en VO.

912 – Boobystery

J’ai un problème d’ordre mammaire. Y’a cette fille, jolie et tout, j’arrive absolument pas à savoir à quoi ressemblent ses seins. Enfin, je veux dire j’essaie de deviner, sans pouvoir mettre la main sur la moindre certitude. Comme je la vois assez souvent, je peux noter des trucs et prendre en compte un tas de paramètres. Par exemple, en fonction de son décolleté je peux essayer d’extrapoler les lignes formées de part et d’autre de son torse. Je pense physique, mécanique des fluide, masse, gravité. Bien sûr je dois compenser mes calculs par le soutien-gorge (tout en laissant la possibilité de la présence d’un coussinet). J’observe aussi ce qui se passe lorsqu’elle s’étire en arrière. J’essaie de comparer les protubérances en fonction de l’épaisseur du pull, d’à quel point son haut est séré ou pas. Plus d’une année de considérations anatomiques, et je suis toujours autant paumé.

En fait, j’ai remarqué un truc depuis que j’ai commencé à perdre du poids. D’une on me le fait remarquer, et ça c’est cool. Mais deux trois fois il m’est arrivé de me faire tâter le bras en douce par une fille avec qui je discutais. Genre elle me raconte un truc, éclate d’un grand rire tonitruant, bascule en arrière, m’attrape le bras comme si de rien n’était et rapidement appuie du bout des doigts à plusieurs reprises pour voir s’il y a quelque chose. JE VOUS AI VU FAIRE ! Après, je sais pas si elles ont été déçues. Y’a du mieux, mais niveau gonflette, la natation c’est pas le top. Juste je trouve ça un peu ouf dans la démarche, pour moi qui ait toujours mis un point d’honneur à ne pas partir à l’assaut du corps féminin sans autorisation (parfois tacite). Tout ceci me ramenant à cette injustice fondamentale : elles savent comment je suis foutu, moi, pendant ce temps, je doute.

Je suis un très mauvais juge du physique d’une fille. Enfin, disons qu’il me faut du temps et beaucoup de jus de cerveau pour me faire une image mentale assez précise. Je me souviens avoir été traumatisé, une demoiselle nue dans mon lit, de réaliser qu’elle était neuf mille fois mieux fichue du prévu. Et inversement, mais là c’est un autre problème vu que, parfois, il y a triche de la part de la partie adverse. N’empêche, tous ces exercices de déshabillage mentaux ont un intérêt : je remarque bien plus vite que la moyenne les petits détails. Ça peut être une constellation de grains de beauté, une veine un peu trop voyante ou des angles pas inintéressants. Of course, si je pouvais simplement palper en douce au détour d’une conversation anodine, ça serait beaucoup plus simple. Mais moi j’aime pas tricher. Na.

Retour à la fille du début. Je regrette vraiment de pas avoir joué mes cartes correctement à l’époque où j’étais plus ou moins en position de lui demander de se dévêtir avec de bonnes chances de réussites. Le mystère demeure, mon obsession aussi. Alors que je m’en fous d’assaillir ses seins en vrai, je veux juste savoir. Gniii !

281 – Everyone’s A Critic # 32

J’avais déjà noté ce bouquin sur ma wishlist Amazon après avoir lu deux articles sur un super blog de science-fiction (cf Bonus Stage). Il aura fallu une recommandation féminine de plus (décidément), pour que je me décide à passer commande. Vu que c’était la même nana qui avait tenté de me refourguer un bouquin de Murakami de 1000 pages, j’aurais dû me méfier. Paye ton pavé de cinq cent cinquante pages ! En plus c’est un polar noir futuriste. Et si y’a bien deux genres littéraires qui me font mourir d’ennui, c’est bien le polar et la fantasy. Je me justifierai un jour où j’aurais du temps devant moi. Me voilà donc lancé dans un lauréat du prix Philip K. Dick, qui récompense les livres qui tapent la classe. Tout ce que j’espère c’est qu’au moins y’aura du cul. Et du sang, c’est bien aussi le sang. Moins que le cul mais tout de même.

Dans quelques siècles la mort n’est une option réservée aux fanatiques religieux. Chaque individu a sa conscience sans cesse sauvegardée dans une puce crânienne., toujours prête à être transférée dans un nouveau corps. Quand le milliardaire Laurens Bancroft est retrouvé mort, tué à bout portant avec sa propre arme, la police conclut au suicide. Mais pour Bancroft, dont une sauvegarde de sa conscience datant de 48h a été réactivée, il est impossible qu’il ne s’agisse d’un meurtre. Il engage alors un ancien militaire d’élite Takeshi Kovacs. Sa mission : prouver qu’il ne s’est pas suicidé. Pour ça, Kovacs devra faire équipe avec la petite amie du corps qui lui a été loué pour l’enquête. Naviguant en eaux troubles, il devra faire attention à ne pas se retrouver contraint d’être téléchargé de nouveau, ou pire, subir une Real Death.

Oui, c’est du grand n’importe quoi ! Mais d’un côté un bon bouquin de Science-Fiction est un bouquin qui intègre l’univers à l’intrigue au lieu d’utiliser le futur comme simple décors. De ce point de vue la mission est remplie ! Impossible de raconter cette histoire dans le présent. Rayon roman noir, on navigue plutôt en terrain connu, genre il y a des femmes fatales qui attendent le héros derrière les néons de son hôtel au milieu de la nuit, lui proposant du sexe torride en échange d’un arrêt de l’enquête. Bon okay, ces femmes fatales là sont améliorées génétiquement pour sécréter des drogues aphrodisiaques. Mais à part ça, il pleut, y’a des combats clandestins, des dealers informateurs, des putes, toussa toussa… Ca pourrait être dans ce léger manque de surprise que le bât blesse. Mais non. Le principal souci d’Altered Carbon, c’est qu’il est long, avec plein de personnages qui font un tas de trucs compliqués et souvent inutiles. J’ai bien galéré pour suivre et je me suis dit qu’en version française, ça aurait été pas plus mal.

Je me plains, mais tout de même ça reste un bouquin rudement solide, suffisamment pour me faire apprécier une intrigue de polar en tout cas. Un dernier point bonus pour les quelques réfléxions sur la bioéthique, le capitalisme et le sexe à l’ère de l’immortalité. Plein de bonnes choses ! De là à lire la suite, je ne pense pas. Trop long ! Et puis la semaine pro faut que je descende un bouquin de merde de toute façon.

Mais demain on causera d’un mag’ undergraound !

BONUS STAGE !!!

Richard K. Morgan engueule les kikoo d’Amazon qui n’aiment pas le cul dans leur roman noir.

Une trèèès longue interview de Morgan pour ceux que ça motive.