957 – Stepping Up/Writing Down

Encore une belle idée à la con. Vous vous souvenez quand je vous ai parlé du NaNoWriMo, le concours débile où il y a rien à gagner qui consiste à écrire un bouquin de 50 000 mots en un mois ? Je vous expliquais que cette année, j’allais devoir lâcher l’affaire. Enfin, j’allais essayer de voir si je pouvais pondre une structure à peu près correcte et me lancer. Sauf que j’ai pris froid, j’ai du garder le lit et j’étais à peine capable d’allumer la Xbox tellement j’étais occupé à endiguer mon inondation nasale (endiguer, digue, inondation, vous rigolez ou pas ?). Déjà que c’était mal barré, là j’étais certain, écrire un nouveau roman, ça allait pas être pour novembre. Puis le premier du dit mois, c’était férié. J’avais un peu de temps. Alors j’ai ouvert Word, comme ça, pour voir, et je me suis mis à mettre des mots les uns à la suite des autres.

La mauvaise nouvelle, c’est que j’écris globalement de la merde. C’est-à-dire que toutes les recherches et la partie réflexive que j’aurais du faire avant, je l’ai dans l’os. Du coup ça donne des ballades entre deux des personnages dans des rues qui n’ont pas de nom, devant des boutiques qui ne sont pas décrites. Je voulais prendre mon appareil photo et faire le trajet pour avoir du réel à injecter. On verra après. Un peu comme l’intrigue secondaire à propos de l’ex du protagoniste principal masculin. Je sais que je veux lui créer un passé et tout ça mais j’ai pas le temps d’y réfléchir. A un moment, il mange un banana split. Bah c’est juste ça, un banana split. En attendant une éventuelle relecture pour ajouter des nuances de couleur à la banane, des copeaux de chocolat artisanal sur la glace et une assiette de porcelaine décorée. Il faut que j’avance, même si ça ressemble au script d’un bouquin vachement mieux.

C’est un peu la rançon de l’exercice. Le but c’est d’arrive au bout, d’avoir un embryon mal formé et né trop tôt. On pourra toujours mettre des béquilles et rénover les fondations après. Ca a quelque chose de frustrant, de se dire qu’avec un peu plus de temps, ça serait plus propre du départ. En l’état je vous dis pas le chantier. Ou comment je me suis fait griller sur Wikipédia en plein cours d’anglais parce qu’au lieu d’écouter j’étais occupé à chercher des infos sur le talk show de Jimmy Kimmel pour un chapitre qui me casse d’avance les burnes. En plus de la fatigue accumulée, vu que j’essaie de faire au moins 500 mots sur les 1700 requis par jour (je suis clairement en dessous). Je sais pertinemment que je n’arriverai pas au bout, ou en tout cas pas à 50 000 mots en un mois. Le contexte est prodigieusement défavorable avec les cours, les exposés, la recherche de stage, c’est pas gérable. Quand je pense que l’année dernière à la même époque je ne faisais RIEN. Absolument RIEN.

Si je résume : je me force à participer à un truc qui m’attaque la santé, le sommeil, que je ne pourrai pas gagner et dont je suis à peu près persuadé que je vais abandonner d’ici trois ou quatre jours. N’empêche que ça m’a remis la tête sous l’eau, n’empêche que j’ai pondu 10 000 mots et des cacahuètes déjà, n’empêché qu’à force d’écrire sur ce manuscrit j’ai réglé un de mes problèmes (à savoir que je sais comment ça finit). N’empêche que, au milieu de la shitstorm que je traverse, c’est le seul truc qui me fait sourire, qui m’élève un peu le moral.

Parce que c’est peut-être un exercice absurde qui tombe au pire moment possible, mais de m’étirer les muscles, de coucher des pixels sur le word blanc, ça me conforte dans quelque chose que j’avais tendance à oublier.

Je suis fait pour ça.

943 – Na No NON Wri Mo

Hé les gens ! On est bientôt en novembre ! Vous savez ce que ça signifie ? Ça veut dire qu’il est temps de s’atteler au Nanowrimo (National Novel Writing Month). Si vous n’en avez jamais entendu parler, je vous explique le truc. En gros une bande d’illuminés a décidé de créer un concours où il n’y a rien à gagner et qui consiste en l’écriture d’un roman de 50 000 mots (oui, aux US on considère que c’est 50k un roman, pas 30 comme en France) en un mois chrono. On peut préparer autant qu’on vu son histoire, sa structure et ses personnages en amont. Mais la rédaction du premier jet doit être commencée et bouclée en un mois. L’intérêt c’est d’avoir une communauté derrière soi pour se motiver, recevoir des emails de conseil et participer à des soirées et rencontre entre écrivaillons par esprit d’émulation. Sauf que comme chaque année, je ne pense pas participer.

Ca aurait été l’occasion de reprendre Perfect Ten une bonne fois pour toute et d’aller de l’avant. Seulement pour ça je devrais surmonter quelques problèmes. Le premier est que mon bouquin d’avant est toujours dans les limbes, je suis encore dans l’attente d’un truc (Plan B) qui de toute façon laissera place autre chose si ça échoue (Plan C). Sachant que je déteste prodigieusement bosser sur plusieurs projets à la fois (une pensée pour mon recueil de nouvelles qui avance). Mes autres soucis sont plus terre à terre. D’une je n’ai absolument aucune idée de comment je dois finir l’intrigue. Pour construire une structure narrative qui se tient un minimum, c’est pas pratique. De deux, je ne peux pas écrire un bouquin qui se passe dans le milieu du mannequinat sans faire des recherches et interviews. Cette simple idée me fatiguant d’avance (tout ça c’est la faute aux cours). Autant dire que c’est mal barré.

Ceci dit je ne peux pas m’empêcher de me demander : what if ? Depuis un moment l’idée me travaille d’utiliser la technique des cartes pour bosser mon bouquin. En gros tu prends des cartes en bristol et tu y résumes les scènes importantes de ton intrigue. Ensuite tu peux les reclasser comme tu veux pour chambouler la structure, faire des coupes, savoir si tes parties sont équilibrées. Au final tu te retrouves avec un plan construit à suivre et visualisable autrement que par une suite de tirets inamovibles sur une feuille blanche. Je devrais faire ça. Pour voir. Après tout le premier novembre c’est dans une semaine, ça me laisse carrément le temps de taffer sur une structure. Ce qui serait un grand pas en avant. Même si je me connais par cœur, comme chaque année je vais me retrouver autour du trois/quatre du mois et réaliser que j’ai encore rien foutu. Alors comme chaque année, je me dirai que l’année prochaine, c’est certain, je m’y collerai.

L’avantage du NaNoWriMo c’est de me remettre un peu les idées en place. Ca me rappelle que je pourrais taffer plus, écrire plus, que tout ça c’est qu’une question de courage et d’organisation de mon emploi du temps. Qui sait, un de ces quatre je participerai enfin pour de vrai. En attendant je vais aller acheter du bristol.

Au cas où.