Encore une belle idée à la con. Vous vous souvenez quand je vous ai parlé du NaNoWriMo, le concours débile où il y a rien à gagner qui consiste à écrire un bouquin de 50 000 mots en un mois ? Je vous expliquais que cette année, j’allais devoir lâcher l’affaire. Enfin, j’allais essayer de voir si je pouvais pondre une structure à peu près correcte et me lancer. Sauf que j’ai pris froid, j’ai du garder le lit et j’étais à peine capable d’allumer la Xbox tellement j’étais occupé à endiguer mon inondation nasale (endiguer, digue, inondation, vous rigolez ou pas ?). Déjà que c’était mal barré, là j’étais certain, écrire un nouveau roman, ça allait pas être pour novembre. Puis le premier du dit mois, c’était férié. J’avais un peu de temps. Alors j’ai ouvert Word, comme ça, pour voir, et je me suis mis à mettre des mots les uns à la suite des autres.
La mauvaise nouvelle, c’est que j’écris globalement de la merde. C’est-à-dire que toutes les recherches et la partie réflexive que j’aurais du faire avant, je l’ai dans l’os. Du coup ça donne des ballades entre deux des personnages dans des rues qui n’ont pas de nom, devant des boutiques qui ne sont pas décrites. Je voulais prendre mon appareil photo et faire le trajet pour avoir du réel à injecter. On verra après. Un peu comme l’intrigue secondaire à propos de l’ex du protagoniste principal masculin. Je sais que je veux lui créer un passé et tout ça mais j’ai pas le temps d’y réfléchir. A un moment, il mange un banana split. Bah c’est juste ça, un banana split. En attendant une éventuelle relecture pour ajouter des nuances de couleur à la banane, des copeaux de chocolat artisanal sur la glace et une assiette de porcelaine décorée. Il faut que j’avance, même si ça ressemble au script d’un bouquin vachement mieux.
C’est un peu la rançon de l’exercice. Le but c’est d’arrive au bout, d’avoir un embryon mal formé et né trop tôt. On pourra toujours mettre des béquilles et rénover les fondations après. Ca a quelque chose de frustrant, de se dire qu’avec un peu plus de temps, ça serait plus propre du départ. En l’état je vous dis pas le chantier. Ou comment je me suis fait griller sur Wikipédia en plein cours d’anglais parce qu’au lieu d’écouter j’étais occupé à chercher des infos sur le talk show de Jimmy Kimmel pour un chapitre qui me casse d’avance les burnes. En plus de la fatigue accumulée, vu que j’essaie de faire au moins 500 mots sur les 1700 requis par jour (je suis clairement en dessous). Je sais pertinemment que je n’arriverai pas au bout, ou en tout cas pas à 50 000 mots en un mois. Le contexte est prodigieusement défavorable avec les cours, les exposés, la recherche de stage, c’est pas gérable. Quand je pense que l’année dernière à la même époque je ne faisais RIEN. Absolument RIEN.
Si je résume : je me force à participer à un truc qui m’attaque la santé, le sommeil, que je ne pourrai pas gagner et dont je suis à peu près persuadé que je vais abandonner d’ici trois ou quatre jours. N’empêche que ça m’a remis la tête sous l’eau, n’empêche que j’ai pondu 10 000 mots et des cacahuètes déjà, n’empêché qu’à force d’écrire sur ce manuscrit j’ai réglé un de mes problèmes (à savoir que je sais comment ça finit). N’empêche que, au milieu de la shitstorm que je traverse, c’est le seul truc qui me fait sourire, qui m’élève un peu le moral.
Parce que c’est peut-être un exercice absurde qui tombe au pire moment possible, mais de m’étirer les muscles, de coucher des pixels sur le word blanc, ça me conforte dans quelque chose que j’avais tendance à oublier.
Je suis fait pour ça.


