Vendredi j’ai reçu dans ma boîte aux lettres un exemplaire du double blu-ray collector de Funny People. J’étais heureux d’une parce que j’aime beaucoup ce film, de deux parce qu’à cause de ses piètres résultats au box office ce film n’est jamais sorti en haute définition chez nous et que je suis donc désormais en possession d’un objet rare. Retour de karma oblige, je suis sans connexion internet correcte depuis vendredi soir. J’ai donc profité du sursaut de temps libre pour regarder Funny People avec ma meilleure amie. On n’est pas allé au bout, la faute à mon frangin qui a débarqué pour jouer à Sonic 4. Ma coupine s’est exclamée que c’était pas bien grave, que le film était de toute façon quasiment fini. J’ai du rétorquer que non, en fait, non seulement le film n’était pas fini, mais nous n’en étions qu’à la moitié.

C’est, à mon sens la raison principale qui fait que Funny People rebute : il y a le 1 et le 2 d’affilée. Dans le premier film, Georges Simmons est une star de la comédie qui est devenu un connard et aprend à devenir un mec bien à cause d’une leucémie qui le force à réévaluer sa vie. Dans le second film Georges est guéri miraculeusement du cancer et redevient un connard. Du coup il doit avoir une véritable épiphanie, sans la pression de la mort, pour devenir un VRAI mec bien. Je trouve ça très bon comme scénario perso, mais c’est en deux parties. Des personnages jusqu’aux lieux, tout donne l’impression de voir deux films d’affilée, sur 2h20. Sauf que c’est nécessaire : les deux parties ne sont pas assez bonnes pour être séparées. Nous sommes dans un cas un peu étrange de « y’en a un peu plus, je vous le mets quand même ». Ce qui arrive quand on ne respecte pas une structure narrative en trois parties.

La théorie est simple. Tu as la mise en place du conflit, les péripéties et la résolution du conflit. C’est ce qui fonctionne, c’est ce qui est le mieux assimilé par un public. C’est la norme. Bien sûr, comme toute règle elle peut être violée. C’est le cas avec Funny People qui est par conséquent à la fois intéressant et bancal. C’est aussi le cas avec Bad Boys II, avec plus de bonheur. Will et Martin découvrent le mode opératoire du méchant, ont assez pour le coffrer et lancent un assaut frontal sur son QG. C’est un bouquet final, ça explose de partout, le réseau de trafic de drogue est démantelé. Basta, le film est fini, ça fait 1h50, on remballe. Sauf que non, le méchant s’est enfui, a kidnappé la copine de Will et s’est réfugié à Cuba. Nouveau conflit, nouveau lieu, nouveaux enjeux. Si vous voulez mon avis, Bad Boys III existe déjà, c’est la dernière demi-heure de Bad Boys II, un quatrième acte complètement gratuit, une suite express.

Je développerai un jour. Avant la note 1000 c’est certain. Toujours est-il que j’éprouve une admiration mêlée de curiosité pour les films qui osent briser le moule, qui tentent des choses qu’on ne devrait pas essayer. Avec plus ou moins de bonheur.
Bon, par contre j’ai beaucoup plus de mal avec les films auxquels il manque un troisième acte. I’M LOOKING AT YOU PREDATORS !!!





