A mon sens, la randonnée en montagne est peut-être l’expérience divertissante la plus opposée au jeu vidéo.
Dans mon esprit, la console de jeu, c’est la technologie, les circuits imprimés, le plastique, les usines, les fermes de serveurs, le béton, les immeubles, la ville, tous ces trucs. Son opposé est donc la nature, les champs à perte de vue, l’absence de construction ou intervention humaine. Ce qui explique sans doute ma fascination pour toute reproduction de nature dans le contexte d’un jeu vidéo. Souvent j’explique qu’il suffit à un jeu de posséder un niveau de jungle, un de glace et un de lave pour me satisfaire. Parce c’est de la nature, mais dans la technologie. Malheureusement, même dans Far Cry, il y a des jeeps, des villages, des bateaux. Et dans Colin Mc Rae rallye, les paysages sublimes sont séparés en deux par une route bien humaine.
Pour moi, le genre de jeu qui laisse la plus grande place possible à la nature est les jeux de snowboard.

Prenez le dernier SSX : à part les rails disséminés çà et là le long des parcours, AUCUN autre élément du décor n’est de « nature » humaine, ou alors pas du tout en état de marche puisque les télésièges sont détruits, les pipelines à moitiés ensevelies. A part le « héros », sa planche et éventuellement son accessoire, rien d’autre ne vient troubler la montagne, majestueuse. Forcément, ça me titille les yeux. Surtout quand je vois des gouffres de lave dans certains niveaux avancés du jeu (je jouissa, manquait plus que de la jungle). Et quelque part, je pense que le jeu vidéo en général à besoin des jeux de snowboard, ne serait-ce que parce qu’ils sont les seuls à prendre la peine de modéliser de manière aussi extensive des environnements montagneux. Je suis pour l’exhaustivité des représentations. Dans un monde parfait un faudrait au moins un bon jeu de tout.

Au-delà de ça, SSX c’est aussi particulièrement fun, dans l’excès (de vitesse, de figures, de bande son), avec un tas de trucs à faire avant d’en parvenir à bout. D’ailleurs c’est bien simple, je crois que je n’avais pas passé autant d’heures sur le même jeu depuis plus d’un an. Le truc est simplement inépuisable en ce qui me concerne. Je le lance dès que je dois passer un long coup de fil, pour le simple plaisir de dévaler des descentes improbables, gigantesques, où rien ne vient me rappeler la ville, le béton, les combats modernes et autres joyeusetés habituelles. Tout comme je peux rager pendant une heure pour battre le meilleur score de ma liste d’amis. Parce qu’il me détend autant qu’il me stresse, SSX me fait du bien dans mon corps.
PUIS LA MONTAGNE BORDEL.

Sinon l’autre jeu 9000% nature qui me vient à l’esprit c’est Ecco The Dolphin, que j’ai retourné dans tous les sens sur Dreamcast (après avoir éclaté les versions Megadrive). Mais Ecco perd les points bonus nature qu’il avait gagné en ne mettant aucun humain à cause des derniers niveaux dans des vaisseaux spaciaux aliens. True story.



