300 – 300

Remember quand 300 a été annoncé ? Quasi personne avait lu le bouquin dont c’était tiré. C’était un peu le gros bordel, genre est-ce que c’était une histoire vraie ou pas ? T’as des mecs qui ont fait des recherches à ce prendre la tête. Pendant ce temps là, nous autre les geeks on bavait comme des rats devant la bande-annonce en ralenti. Ces images ultra-léchées, cette débauche visuelle et ce sentiment qu’on a affaire à des vrais mecs rebelles et badass, forcément ça faisait envie ! Lorsqu’enfin le film est sorti, deux camps se sont rapidement formés. Il y avait les pros qui étaient dans une transe virile et violente, puis les antis, ceux qui ne comprenaient pas l’intérêt de voir un film sans histoire que si tu enlèves les ralentis il dure que vingt minutes. Vous l’avez compris, je faisais partie de la catégorie des fanboys ! Pourtant, même le jour où le HD DVD est passé sous la barre des 4 euros, je n’ai pu me résoudre à l’acheter. Qu’est-ce à dire ?

300 est un film qui aura eu à subir une seconde vague de critiques, plus profondes encore. Okay, on a rapidement évacué le fait que c’était des mecs à poil et tout. L’argument gay n’a pas fait long feu. Mais sur ses braises s’est levé l’argument nazi. Non, parce qu’en y regardant de plus près, on est dans un film où si un gamin nait avec des malformations on le jette dans une fosse de cadavres, où le seul traitre de l’histoire est le spartiate difforme, où les Perses sont au minimum des lopettes nues et piercés (ah ah, persée ! pardon…), au maximum des monstres poussant des cris d’animaux. Ouais, bon, okay c’est un peu tendancieux. Surtout quand on sait que Frank Miller, le type qui a dessinée la BD à la base est un bon gros facho des familles (ce qui explique pourquoi The Spirit est tant à chier, et oui je suis sûr que y’a un rapport).

En fait maintenant j’ai surtout peur de checker à nouveau ce film, de mettre la galette HD dans mon lecteur. Ce que je crains, c’est que les aspects un peu glauques du film me sautent à la gueule et que ça gâche mon beau souvenir. Tout ça c’est la faute de mes prétendus amis, qui sous couvert de pichets de bière s’amusent à briser mon innocence de kikoo lol avec leur argumentaire de clown triste. Cependant, je suis sûr d’un truc, c’est que le réal Zack Snyder est plus inconscient que nazi. J’en veux pour preuve son prochain film, Watchmen, autre adaptation de comics. Bah wé, Watchmen pour le coup, c’est carrément à gauche dans l’idéologie, limite communiste sur les bords. L’adaptation étant envisagée sous le même prisme de l’ultra-stylisation, moi je dis que ce sera le kif.

Bon, à part ça j’ai été un mec à la cool je vous ai épargné la note type « zomg c’est la note anniversaire ! check mes stats et mes référents google ! ». Si vous espériez une note plus profonde, de remise en question, z’avez qu’à repasser demain.

274 – Everyone’s A Critic # 31

L’autre jour je squattais le net à la recherche de bonnes bandes annonces quand j’ai vu un truc qui m’a tapé dans l’œil. Y’avait Voldemort et Kate Winslet et ça avait l’air vachement sympa. C’est alors que le titre me rappela celui d’un bouquin que ma mère lisait cet été.

- « Le Liseur » ?! Ca a l’air d’être bien de la merde !
- Tais toi donc, jeune présomptueux et va réussir ta vie au lieu de dire des conneries !

Mais cette fameuse BA m’avait donné envie de le lire ! Je me retrouvais dans un dilemme à la con. Se bouger le cul jusqu’à la RNAC et raquer cinq keuss pour la version de poche ? Ou bien aller voir ma mom et lui demander de me le passer. C’était juste avant la cruelle journée du 25 en famille. Du coup je l’ai taxé à ma matrice comme plan B en cas où le repas s’éternise. Guess what ? Je l’ai one-shoté en une aprem’.

Dans l’Allemagne de 1958, Michael n’a encore que 15 ans. C’est lors d’un été où il était malade qu’il rencontre Hanna, une trentenaire à la beauté froide. Les deux personnages finissent par avoir une liaison secrète. Chaque fois, après le sexe, Michael lit à voix haute des livres à Hannah. Puis elle disparaît, pour ne refaire surface que huit ans plus tard. Michael est étudiant en droit et Hanna est alors jugée pour ses crimes durant la guerre. Surveillante Nazie, elle aurait laissé mourir des dizaines de juifs dans l’incendie d’une chapelle où ils étaient enfermés.
Sorti en 1995 et écrit par Bernhard Schlink, Le Liseur est un best-seller mondial qui ne comporte qu’à peine deux cent pages. Divisé en chapitres cours de quatre à cinq pages, il se dévore à une vitesse hallucinante.

Il faut dire que le style est tout en retenue. Pas d’envolées lyriques ou autres effets de manche. Les mots accompagnent une histoire simple, pleine de pudeur tout en offrant des réflexions profondes. Schlink est né après la guerre et c’est rafraichissant de voir la nouvelle génération allemande poser ses doutes et questions sur papiers, à la faveur d’une très belle histoire d’amour. Car au-delà de l’exercice de recul sur une période trouble, le récit se permet d’être construit autour d’un secret aussi bien amené que percutant. D’ordinaire, la seconde guerre me gonfle au plus haut point. On en fait tellement des tonnes, c’est assourdissant. Le Liseur se détache de la cacophonie par un point de vue rare et la volonté de raconter une histoire. Vu le peu qu’il coûte et le faible investissement en matière de temps que demande sa lecture, je ne peux que le conseiller. Pendant ce temps j’attends le film.

Tant que j’y suis, je m’explique sur le lien sponso à droite. Dans l’idée chaque vois que vous achetez un truc en passant dessus, je récupère 5%. Autant dire que c’est complètement négligeable. Mais qui sais ? Dans le pire des cas, ça reste toujours un moyen rapide de récupérer les trucs dont je parle.
Demain, une demi note de nouvelle année, avec des chiffres, des stats persos et anecdotes.

TRAILER STAGE !!!

Si mes 500 mots de vous donnent pas envie de lire Le Liseur, peut être que ces deux minutes vous convaincront.