La dernière fois que j’avais acheté un bouquin de Paul Auster, c’était il y a un peu moins d’un an, à New York. C’était Invisible et je trouvais ça cool de m’offrir à la source un livre du plus New Yorkais des auteurs américains. Comme tous les ans, Auster pond un nouveau roman. C’est pratique pour s’organiser, on peut cocher son planning avec une étonnante précision. Cette fois, j’ai acheté le livre en numérique depuis la France. Il s’en passe des trucs en un an. Au moins la couverture est dégueulasse, pas de regrets. Sunset Park, donc, est le nouveau Auster, nommé après un quartier de Brooklyn (l’auteur résidant par là bas). C’est un carré de maisons habitées principalement par des minorités ethniques, assez pauvres. Oh et il y a vaguement un parc, aussi. Enfin voilà pour la minute géographie, passons au livre en lui-même.
Miles Eller a fui sa famille depuis sept ans, depuis la mort accidentelle de son demi-frère. Fils d’une actrice connue et d’un éditeur New-Yorkais, il vit pourtant en Floride dans le dénuement. Son travail est de débarrasser, et parfois piller, les maisons laissées à l’abandon après Katrina. Puis il rencontre Pilar, une mineure dont il tombe éperdument amoureux. La grande sœur de la lycéenne n’approuve pas leur liaison et menace Miles de le dénoncer aux autorités pour détournement de mineure. Contraint de quitter la Floride jusqu’à la majorité de sa petite amie, Miles se réfugie dans un squat à Brooklyn, dans le quartier de Sunset Park. Le seul ami avec qui le jeune homme est resté en contact, Bing, a dégotté une maison inhabitée et l’habite avec deux de ses amies jusqu’à ce que les forces de l’ordre décident de les expulser. De retour à New York, Miles se retrouve à quelques blocs de ses deux parents, et se demande s’il n’est pas temps de rompre le silence.
Pas de piège ni de métatexte dans ce Sunset Park. Contrairement à ses habitudes, Paul Auster nous livre un roman en ligne droite, linéaire et relativement simple dans son intrigue. La seule idée littéraire est d’alterner les points de vue d’un chapitre à l’autre. C’est bien l’histoire de Miles Eller qu’il nous raconte, mais en se mettant dans la peau des autres personnages il permet aux seconds rôles de respirer, de vivre et d’avoir leur propre petite aventure. Là est la grande force du roman : tous les personnages sont épais, riches et existent à part entière et non pas seulement pour peupler le décor du héros. A mon petit niveau d’écrivaillon, c’est cette texture supplémentaire qui m’a le plus plu. Au-delà de ça, le roman reste sur des chemins balisés. Une bonne partie du texte se passe dans le milieu littéraire, à Brookly, on a des pratiques sexuelles étranges etc… Du Auster pur jus.
Alors ouais, c’est pas un grand roman, c’est pas un truc qui te retourne le cerveau par sa brillance littéraire. Ca reste une bonne histoire, riche et bien racontée, avec de très bons passages. Et en ce qui me concerne, je trouve que ça valait le ticket d’entrée.
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J’ai économisé 6$ avec mon Kindle. Là là là…





