Vous n’étiez peut-être pas là il y a un peu plus d’un an (sur le blog, pas en vie je veux dire), à l’époque où je bossais doucement sur ce qui devait être mon second roman : Fuck Yeah. Cherchez pas, j’ai des titres de travail en lol massif. L’histoire retiendra que j’ai cessé de bosser dessus à la perte de plusieurs pages en exemplaire unique dans la fuite de mon stage. Pas la motivation de réécrire tout de suite deux chapitres pénibles car se déroulant dans une supérette d’une station essence du New Jersey. D’où troisième manuscrit qui devient second manuscrit et Fuck Yeah qui part à la dérive. Si vous suivez bien, vous savez que j’ai commencé un nouveau texte, mais vraiment nouveau. Je n’ai pas repêché mon ébauche, qui possède pourtant un nombre conséquent de pages. Le problème, c’est que depuis que je suis allé à New York, si je veux reprendre Fuck Yeah, je dois tout recommencer. Du début.

Les quinze premières pages du manuscrit se déroulent à New York (plus celles dans un avion). Une ville où, au moment de l’écriture, je n’avais jamais foutu les pieds. Je m’étais démerdé à l’ancienne, à lire des guides touristiques, à poser des questions à des amis et avec google street view (très utile pour une ambiance, des descriptions, des lieux). Le résultat était visiblement pas si dégueulasse puisque le petit comité responsable de la validation au fur et à mesure du texte n’avait pas été choqué, même les anciens touristes. Pourtant, chaque jour de mes deux semaines de voyage je trouvais de nouveaux détails à greffer, de nouvelles idées de mise en scène de personnages, l’inspiration comme on dit. J’ai repensé à mon texte et je réalise que je dois tout refaire. C’était pas mal en l’état, mais ça pourrait être tellement mieux. Il suffirait juste de repartir à zéro.

Tout ça nous ramène à l’éternel débat. Faut-il n’écrire que sur ce qu’on connait ? La question a beau être giga conne et la réponse négative d’une évidence sans nom, le milieu littéraire continue de s’écharper sur le sujet à intervalles réguliers. Conneries. Heureusement que Tolkien est allé sur les terres du milieu, sinon il aurait trop mal raconté. Par contre ce dont je me rends compte, c’est que si on connaît réellement son sujet, on l’abordera différemment, de manière plus riche avec un peu de chances. C’est pour ça que j’ai mis Fuck Yeah dans un coin. Parce que je ne suis pas à l’abri de visiter un jour Austin, Las Vegas et San Diego. A un moment j’avais pensé griller mon premier chèque de droits d’auteurs là dedans, le voyage sur les traces de mon prochain bouquin. On verra, au pire je ferai sans, mais ça serait chouette.

Peut-être en partie pour ça que j’ai préféré attaquer Perfect Ten, qui est sans aucun doute le boulot le plus fictif sur lequel j’ai pu bosser en matière de roman. Aucune chance que je vive ou expérimente quoi que ce soit dans ce que j’y mets. Ca règle la question. Quant à Fuck Yeah, en tant que mon projet le plus fun ever, je ne vais pas le laisser moisir indéfiniment.
Demain on parlera docteur.





