642 – Book Review 106

Comme je vais parler d’un bouquin crasseux et naze, je vais d’abord tenter de vous apprendre un truc intelligent. Aux US of A, une lettre « Dear John » désigne une missive par laquelle une femme annonce à son homme qu’elle le quitte pour un autre. L’expression vient de la seconde guerre mondiale, une époque où les femmes des soldats américains se retrouvaient souvent seules et adultères au pays. Elles écrivaient alors à leur ancien amoureux une lettre, qui commençait bien souvent par « Dear John » (nom commun de l’époque et générique pour parler d’inconnus). Sinon, Dear John, c’est aussi le titre d’un des derniers bouquins de Nicholas Sparks, le mec qui a écrit The Notebook y’a un moment. Intrigué par la bande annonce de l’adaptation ciné (y’a le dude de GI Joe et la blonde de Jennifer’s Body !) et piégé à l’aéroport de Newark, j’ai attrapé un exemplaire poche. En fait, rétrospectivement, j’aurais peut être pas du. Pour expliquer le pourquoi du comment, je n’ai pas d’autre choix que d’activer le mode hyperspoilers !

John a grandi avec seul avec son père. Ado il était insupportable et a fini par rentrer dans le droit chemin en rejoignant l’armée après une carrière scolaire peu brillante. Lors de son premier retour au pays, il rencontre Savannah, une fille dont il tombe immédiatement amoureux. Le coup de foudre est réciproque et les deux tourtereaux décident de rester ensemble malgré la distance du retour à l’armée de John. Ils passent l’année à s’écrire des lettres passionnées avant de se retrouver et de finalement concrétiser (euphémisme de baiser). Mais lors de l’année qui suit, Savannah rencontre quelqu’un et écrit à John que leur histoire doit s’arrêter là. Deux ans plus tard, lorsque le père de John meurt, celui-ci veut retrouver Savannah, sa seule amie. Celle-ci s’est mariée à un mec adorable mais cancéreux. Le mari va même jusqu’à faire promettre à John de se remettre avec Savannah s’il casse sa pipe, parce que leur amour est unique. Sauf que John est kewl, alors il dépense l’héritage entier de son père anonymement dans un traitement expérimental qui guérit le mari avant de repartir de son côté, certain que Savannah l’aime toujours.

Attention, théorie ! Ceci est un roman d’amour pour chrétiens ! En effet, tous les personnages sont supers croyants et parlent de dieu sans arrêt : Savannah est trop heureuse que John aille à la messe avec elle, le mari n’a pas peur de mourir parce qu’il sait que le paradis l’attend etc… Dans The Notebook, une femme trompait et abandonnait son mari pour son amour d’adolescence. Dans Dear John, malgré le fait que John soit de retour et que leur amour soit plus pur et puissant que celui de Savannah pour son mari, il n’y aura ni adultère, ni rupture, ni rien. D’ailleurs les amoureux plein d’hormones attendent six mois pour avoir, oh mon dieu, un rapport sexuel, et un seul. Au contraire, la morale triomphe, John sacrifie son patrimoine pour le bonheur d’un autre homme (qui est, rappelons le, moins l’élu du cœur de sa femme que John). A côté de ça on remarque que cette racaille de John devient un mec bien grâce à l’armée, qu’il préfère repartir à la guerre après le onze septembre que de rentrer vivre l’amour de sa vie.

Alors okay, Dear John est bien écrit, enfin disons bien formaté. On sourit quand il faut, on larmaloeil quand il faut. Y’a de l’amour, des limites temporelles, des grands sentiments, de la maladie presque incurable et tout et tout… Mais je ne peux pas m’empêcher de trouver que ce bouquin raconte l’extrême opposé de The Notebook, son plus grand succès. Et quelque part, le public pour qui cette histoire est satisfaisante, faisant passer la morale avant les sentiments, me fait un peu flipper. Sans parler de ma gêne à entendre parler de dieu tous les deux paragraphes pendant trois cent pages. Mon premier roman pour redneck fondamentaliste. J’en suis ému. Mais bon, j’airai quand même voir le film pour rigoler un bon coup.

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410 – Book Review 60

Comme je me faisais un petit retour sur Lyon le week-end dernier, je me suis chopé un petit poche sur Mamazon. Sûrement encore dépité par la platitude de Je L’aimais, j’ai opté pour un autre best seller de l’eau de rose, à savoir The Notebook, adapté au ciné sous le titre français N’oublie Jamais. Ca sentait bon les grands sentiments et autres envolées lyriques. Sans parler du fait qu’on m’avait déjà spoilé la fin dans une vidéo « 100 fins de films cultes en 5min », ou comment foutre sa vie culturelle en l’air sur YouTube, je sais. Je ne peux passer sous silence le fait que l’auteur à un nom de beau gosse, Nicholas Sparks. Non pas Nicholas, ça c’est la lose, mais Sparks, « Etincelles ». Je suis sûr qu’il a mieux vécu l’école primaire qu’un type qui s’appellerait genre, heu… Jambon. Au hasard quoi.

Dans une maison de retraite nichée au fin fond de la campagne américaine, un vieil homme chausse ses lunettes pour lire un carnet à une autre pensionnaire de l’établissement. C’est l’histoire de Noah et Allie, deux adolescents du début du siècle qui tombent amoureux. Comme on est dans un bouquin, ils sont forcément de deux milieux différents et la bourgeoise Allie doit rentrer chez ses parents à la fin de l’été sans plus donner de nouvelles. Lorsqu’elle revient, une décennie plus tard, retrouver Noah, elle est en passe de se marier à un fringuant avocat/politicien. Les deux amants de jadis vont passer quelques jours à se retrouver, s’avouer des secrets et décider de quoi leur futur sera fait.
Okay, dit comme ça c’est super gnangnan. Et encore j’ai omis la fin du bouquin, qui consacre plusieurs dizaines de pages à un épilogue dans la maison de retraite.

Coupons court, j’ai aimé. Oui, j’ai honte, c’est sale, mais j’ai aimé. L’histoire à priori toute simple recèle une mise en abîme aussi bien trouvée qu’émouvante. La construction est d’ailleurs très bien foutue, où le flashback ne livre pas tous ces secrets en lui-même, mais au fil de l’épilogue. Puis merde, c’est foutrement bien écrit. Principalement contemplatif, The Notebook demeure un livre court qui se mange en une ou deux sessions. A propos de Gavalda, on tentait de m’expliquer qu’elle capturait bien les sentiments et tous ces trucs qui font qu’on y croit. Avec le recul et deux cent pages de Nicholas Sparks, j’en ris d’autant plus. Sur ce coup on tient un vrai putain de livre romantique avec du souffle. Au moins à la fin de The Notebook, j’ai failli verser ma larme. Mais je suis un homme avec des cojones de diamant et j’ai lu les dernières pages au milieu d’un train bondé. Ceci expliquant sans doute cela.

Allez, cette fois j’arrête les bouquins de chochotte ! Même si maintenant j’ai un bon truc a conseiller aux gens qui veulent lire du kikoo sans en rougir. Je vais me gaver de trucs de beau gosse pendant quelques temps, parce que je le vaux bien. Demain y’aura que trois lignes de notes, parce que putain j’ai bien besoin de vacances. Reprise des programmes vendredi. Ceci dit je parierai pas contre un note Bis aujourd’hui à 18h et demain à 14h, sait-on jamais…

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