577 – That’s A Kindle Or You’re Just Happy To See Me ?

La semaine dernière j’étais peinard dans la ligne 1, en route pour aller voir Pandorum dans ma salle de ciné préférée. J’ai sorti le bouquin dont je vais vous parler mercredi et j’avançais ma lecture, tranquille. A bastille, une jolie brune, yeux bleus, habillée bobo, vient se gâcher sur le strapontin à côté de moi. De son sac elle à sorti un Kindle, l’e-reader d’Amazon. D’un coup j’ai levé les yeux de mon livre pour la regarder reprendre sa lecture. J’ai fait attention à la qualité de l’écran, la vitesse d’affichage des pages, tous ces petits trucs. J’avais déjà vu un e-reader, un prototype Sony que testais une amie de promo. Mais c’est la première fois qu’un vrai gens de la vraie vie dégainait un Kindle juste à côté de mon inferior version papier. Et même si je me pose beaucoup de questions sur le livre électronique de manière générale, ce petit détail du quotidien m’a plongé dans une profonde réflexion.

Faut dire que ce mois-ci les choses se sont brusquement accélérées (pléonasme, je sais). Amazon a rendu disponible son Kindle à l’international. L’e-reader le plus vendu à ce jour et disposant des plus larges accords avec les éditeurs américains est maintenant chopable dans notre beau pays. Okay, Amazon.fr ne vend pas encore d’e-books et les heureux acheteurs devront se contenter du store US ou de transférer les PDF acquis sur les sites de vente français. C’est pas l’idéal, mais c’est un bon début. Et la force de frappe d’Amazon est bien supérieure à celle de Sony, qui était jusqu’ici le seul à proposer un produit équivalent crédible. Au même moment, Barnes & Nobles, la première chaîne de librairie chez nos amis ricains aura dévoilé son propre e-reader, le Nook, une véritable tuerie. Sans parler des contrats secrets qui se nouent entre Apple et la presse magazine. L’Apple Tablet (gros écran tactile sans clavier) étant prévu pour le printemps, tout le monde s’attend à voir débarquer des livres sur iTunes début 2010. La hache de guerre est finalement déterrée.

Ne vous méprenez pas, tous les bouffons qui vous disent que jamais ils ne liront sur un e-reader, que c’est une infamie, que ça ne fonctionnera jamais, tous ces mecs, ils ont tort. Le Kindle n’est pas pour eux, cela ne signifie pas qu’il n’est pas pour quelqu’un d’autre. J’ai un gros voyage en préparation pour dans pas longtemps, et je sais que je préférerais m’épargner les trois ou quatre pavés que je vais embarquer pour la route. Les voyageurs réguliers, les accrocs de la presse, les enfants de la génération digitale, autant de débuts de cibles prometteuses en attendant qu’une partie des réfractaires ne change d’avis. Il suffit de jeter un œil sur l’évolution de la proportion de ventes papier/numérique aux Etats-Unis. La révolution est en marche et je ne vois pas comment l’arrêter. D’ailleurs moi-même je commence à être chatouillé.

Mais ce sera le sujet d’un second article, demain, où loin des faits je vous dirai ce que j’en pense en vrai et ce qu’en pensent les éditeurs français (scoop, on va se marrer). Sinon, à seize heures, une petite note Bis photo !

BY THE WAY STAGE !!!

Vous l’aurez sûrement remarqué, mais cet article part du principe que les e-readers sont devenus assez bien foutus pour être utilisés au quotidien. Pour vous en convaincre, je vous linke cet excellent article de Gizmodo.