[Non, je n'ai pas réussi à lire un bouquin en entier cette semaine. Donc voilà, on parle d'autre chose.]

Je ne comprends pas pourquoi il est impossible d’accéder à l’historique de sa carte de cinéma. Depuis plus de huit ans que je paie mon impôt mensuel aux dieux des salles obscures, je ne peux pas obtenir la liste des films vus, la date de visionnage et le lieu. Alors que ça doit prendre quelques minutes à coder un service comme ça. Et ça permettrait aux gens d’avoir à la fois une vision d’ensemble de leur consommation culturelle et une mémoire dynamique de plusieurs années de cinéma. Mais non. Visiblement c’est trop demander. Alors à la place, depuis toujours, je récupère les tickets de chaque séance pour finir par les empiler chez moi. Faire des petites montagnes de papier. J’en ai deux à Lyon et une à Paris. Plus tous les tickets perdus depuis le temps. Ce n’est PAS pratique !
Alors depuis cette année chaque fois que je regarde un film, je vais sur Internet choisir le plus beau poster dans la plus belle résolution pour le mettre dans un album Filmo 2012 sur mon Facebook. Je le tag pour savoir si je l’avais déjà vu ou non, et si je l’ai vu au cinéma ou non. Puis je me fends d’une note et d’une micro critique, plus pour m’en rappeler après coup que par esprit de partage. Le but du jeu étant que, à la fin de l’année, je puisse comptabiliser le nombre de films visionnés et dans quelles conditions. Je vous avoue qu’à un moment j’ai envisagé de créer un tableau Excel avec encore plus de cases à cocher, mais parfois, je me fais assez peur pour ne pas pousser la névrose plus loin.
On m’a dit que mon délire Facebookien ressemblait à SensCritique, le site qui permet de noter et critiquer les produits culturels. J’y étais à un moment. Puis j’y ai perdu des amis. Parce qu’à force d’être exposé au mauvais goût des autres, on finit par râler. Et, persuadés de détenir la Véritay, chaque aux vient aux gros mots. Puis quand n’importe quel type inscrit peut venir vous dire que votre avis, c’est de la merde, ça a tendance à exacerber son propre penchant rageux. Alors oui, sur Facebook, j’ai aussi mauvais goûts, et mes amis aussi. Mais ce sont mes amis à mouah, et que comme je fais mon petit truc dans un coin, je n’impose ça à personne. Et les discussions qui en découlent, en commentaires, valent 100 fois plus le coup d’œil.
En vrai j’avais piqué l’idée à un pote, qui m’aura été repiquée par d’autres potes. Assez vite on s’est fait notre mini SensCritique à nous. On s’échange passivement un tas de super idées de films à voir. Avec en plus plein de belles images.
Pendant ce temps, UGC aurait pu rendre public l’historique des détenteurs de carte, et créer un réseau social de partage de films et d’organisation d’events ciné. Tant pis. On se débrouille sans eux.


