[Bon. Mon stage me bouffe 101% de mon énergie, donc pour les images... pardon.]
Vous connaissez Wil Wheaton ? Moi non plus. En fait c’est un ancien acteur un peu has been, qui a joué dans le film culte Stand By Me de Rob Reiner et dans une des séries Star Trek pendant des années. Depuis il s’est reconverti en star un peu lose et joueur de poker. Bien lui en a pris puisqu’il cumule un million et demi de followers sur Twitter, ce qui est BEAUCOUP. Si je vous en parle, c’est qu’il essaie de se reconvertir en tant qu’écrivain et gratte du papier assez régulièrement. La semaine dernière il a pondu une nouvelle de 2500 mots (5 notes de mon blog) et, plutôt que de tenter de la fourguer aux magasines pour un prix dérisoire, il a décidé de la mettre en vente sur son blog. Le prix ? Ce que vous voulez, entre zéro et plus de neuf mille dollars.
Le modèle économique n’est pas neuf. Ca s’est déjà vu dans la musique par exemple. Mais là c’est sur une nouvelle, une petite nouvelle d’ailleurs. Le texte est disponible dans tous les formats du monde (mobi pour Kindle, ePub pour le reste du monde et PDF pour les imprimantes), sans DRM et sans feinte quelle qu’elle soit. On clique, on télécharge, on lit et on paye. Ou pas. En l’occurrence je n’ai pas versé un centime étant donné que j’ai trouvé la chute assez faible et qu’il y a une répétition moche dans le premier paragraphe (de l’abus un peu). Si là vous vous demandez encore pourquoi je fais un article sur un has been ricain qui a écrit une nouvelle qu’il vend/donne selon un système pas nouveau, je vais être simple : il est TRES connu. Et du coup ça va lui rapporter une masse indécente de pognon.
Entre ses 1 500 000 followers sur twitter et tous ceux qui le retwittent, je suis plus que complètement certain que plusieurs milliers de curieux vont lire le truc. Après tout, c’est que 2500 mots et c’est gratuit. D’après les dernières nouvelles les gens paient en moyenne 2$ pour la nouvelle. Imaginez que 1000 personnes (come on, c’est genre 0,6% de rien que ses followers à lui) et ça fait 2000$ de revenus (vu que personne d’autre que lui ne croque une part du gâteau, à part Paypal et encore…). On est pas loin d’un dollar par mot. Et ce n’est qu’un exemple. Alors oui, tout le monde n’a pas la fanbase de Wil Wheaton. Très clairement. Mais là c’est sur une seule nouvelle. On peut très bien imaginer qu’un type moyen avec une petite fanbase, sorte un recueil de nouvelles en kit, du type 1 pour 50cts, à intervalles réguliers. Quand on sait qu’un premier roman moyen en France paye 3000€, il en faut pas beaucoup pour arriver pareil en solo quand personne d’autre ne prend sa marge.
Les outils existent de plus en plus. Par exemple Paypal permet d’intégrer facilement des solutions de micropaiement sur un blog. La demande ne peut que progresser (les smartphones partout, les tablettes, les eReaders, les mentalités qui évoluent). Des exemples étrangers cartonnent (les romans à suivre sur téléphone au Japon). Depuis que je blogue dans mon coin je couine que non, ce n’est pas possible de s’auto produire avec succès en littérature en France bla bla bla. Je n’ai jamais dit que ce ne sera pas le cas un jour. Et je garde les yeux ouverts.
J’espère pour eux que les éditeurs aussi, parce que le meilleur moyen de ne pas se prendre la baffe dans la gueule, c’est de la voir venir et de l’accompagner.
INFINITE JEST STAGE !!!
Sinon, j’en suis à 10% de Infinite Jest…
Maintenant quoi ? Je ne vais pas arrêter mon blog, avec tout ce qu’il m’apporte de joies, d’émotions et de challenge personnel. Un ami m’a confié il y a peu considérer que j’étais encore un des derniers à faire du « vrai » blog à l’ancienne. Les gens se sont spécialisés en journalistes amateurs, en décortiqueurs marketings ou en photographes plus ou moins bons. Ceux qui écrivent sur tout, sur eux, ceux « qu’on a l’impression de connaître » sont peu, se raréfient. Je me suis senti à la fois flatté et investi par son avis qui représente bien ce que j’essaie de faire depuis le début : partager une partie de mon intimité (extimité). Des morceaux de vie entre deux tranches de découvertes et de réflexions sur tout et n’importe quoi. Le chaos organisé en série de notes, pour vous et pour moi. Si je n’ai pas refait la peinture, je ne m’interdis pas de m’y atteler quand j’aurai un peu de temps. Tout comme je vais essayer de me détendre.
A un moment j’avais décidé de descendre à trois notes par semaine, parce que j’avance, que j’ai besoin de temps pour écrire d’autres choses, pour bosser ma vie d’adulte et faire un peu l’amour si possible. Finalement je n’en suis pas encore là, à diviser ma production par deux. Ceci dit j’ai prouvé que je pouvais tomber mille notes quotidiennes. C’est fait. Record atteint, médaille en chocolat et tout. A présent si un jour je ne veux/peux rien écrire, je me le permettrai. Tout comme la présence d’images dépendra à la fois du sujet, de mon inspiration et de mon temps. Ou bien je pourrais faire des notes courtes, une photo et quelques lignes, ou inversement. Demain je serai là, la semaine d’après, le mois d’après aussi. Si vous continuez de passer me lire, que ce soit quotidiennement ou sporadiquement, merci, big up et high five.