992 – Closed For Inventory

Ce lundi est le dernier actif de l’année. Actif dans la mesure où le prochain je serai en vacances, sûrement en train de braver la neige pour rentrer à Lyon, dans mon chez moi. Nous sommes dans la dernière semaine où les gens bossent pour de vrai, où les mails pros circulent encore un peu, où il est possible de prendre un rendez-vous, de partager un café avec un camarade. Après l’univers s’éteint un peu. On se met en off, on prend le temps de laisser s’empiler du boulot en retard. Tout comme on se dit tous qu’on va taffer un peu pour au final ne tristement rien faire. Entre les réunions de famille, les journées digestives post orgie de Noël, qui peut nous jeter le marron glacé au visage ? L’année professionnelle s’achève, et je n’ai rien signé, littérairement parlant. J’ai juste accumulé un tas de mots de partout.

Mes projets de bouquins sont exactement dans l’état dans lequel j’espérais ne jamais les voir : un gigantesque foutoir. Niveau trucs finis j’ai un manuscrit quasi bouclé dans un tiroir, un manuscrit multi refusé à réécrire, un manuscrit qui refuse de se vendre. Niveau trucs pas finis j’ai quinze pages écrites il y a deux ans, une vingtaine de pages d’un recueil nouvelles et une autre vingtaine de pages de Perfect Ten. Mais c’est la foire aux incipits ! C’est SUPAYR ! Ca m’avance vachement ! Oh et niveau trucs que j’aimerais écrire j’ai deux synopsis plus ou moins détaillés dans les cartons. Je vous dis pas la tête que fait mon arborescence de dossiers et fichiers de prose. Je commence déjà à paumer des trucs. Entre les notes d’idées et les débuts de nouvelles abandonnés, il m’arrive de passer un bon moment à tout retrier régulièrement. Une accumulation qui me fatigue au plus haut point.

Je suis une usine sans clients. Je continue à fabriquer des trucs, parce que je suis fait pour ça, parce que même quand j’essaie d’arrêter je fonctionne toujours au moins au ralenti. Mon stock se remplit d’un tas de feuilles, de mots, d’encre numérique de partout. Et comme rien ne part, faut pas s’étonner si l’inventaire se complique. Un peu comme mes soucis. On m’a demandé quand est-ce que je réécris mon premier bouquin et que je le signe et qu’on pourra le lire ? GOOD QUESTION ! J’ai l’impression d’être un disque rayé, de radoter, seulement je suis obligé d’admettre (encore) que j’ai besoin d’avancer pour regarder en arrière. Si jamais je signais, je saurais que ayé, c’est bon, je suis au niveau pour réécrire le vieux, puisque le neuf est vendu. Rebosser mes anciens projets alors que je fais pas valider les plus récents, ce serait piétiner. Sur place.

L’année se termine. Je n’ai pas pondu un bouquin. Mais j’ai pondu un tas de pages d’un tas de trucs. Maintenant ça serait pas mal de libérer un peu d’espace dans mon petit entrepôt mental. Ca n’aura pas été pour 2010. On verra en janvier.

980 – Book Review 162

Vous connaissez Alison Brie ? La brune dan Community, ça aide ? Bah j’en suis complètement et irrémédiablement amoureux. Parce qu’elle est petitement choupi, bien gaulée, avec des beaux yeux. Elle a ce charme de girl next door, celui qui fait que tu sens que dans la vraie vie t’aurais pu avoir moyen. Du coup, quand un jour j’ai entendu parler d’une nouvelle autobiographique sexuelle qu’elle avait rédigée pour un recueil, je me suis jeté sur Amazon. Sauf que le bouquin en question, Worst Laid Plans, n’existe qu’en version papier. Et, heu, bah ça m’emmerde. J’ai donc mis le truc dans la section « plus tard » de ma wishlist jusqu’à ce qu’une copine m’en redise le plus grand bien. N’écoutant que son avis, j’ai fait les frais et ai reçu le livre. Quelques jours plus tard, dans le métro, j’ai voulu surligner du doigt une phrase pour la sauvegarder. Sur du papier. Fuck.

Au départ Worst Laid Plans c’est une pièce de théâtre venue des Etats-Unis. Une demi-douzaine de comédiens raconte sur scène leurs pires histoires de cul. Le succès aidant, le show fait le tour du pays au fur et à mesure que de nouvelles anecdotes viennent se greffer au spectacle. Finalement, les mecs se sont dit qu’il serait pas idiot d’en faire un livre. D’où, Wors Laid Plans, le bouquin en papier. En sus des histoires originales, une bande de comiques issus de la TV, du web ou du théâtre sont venus se greffer pour faire gonfler le nombre de récits. Le livre est structuré par thème, avec la section sur gay malgré eux, le sexe à l’étranger, les premières fois catastrophiques etc… On compte à chaque fois trois ou quatre nouvelles d’une poignée de pages par section. L’ensemble étant complété par un lexique du vocabulaire sexuel trashos parfois employé (ass ninja) et une rapide biographie des auteurs.

Forcément, l’ensemble est très inégal. Des histoires sont plutôt softs (trop), d’autres paradoxalement crades (trop). Heureusement tout va très vite et on passe rapidement à la suivante. Toutes sont écrites à la première personne avec un langage très parlé, héritage du côté pièce de théâtre du projet. Et force aura été de constater que je me suis tapé des grosses barres de rire sur Worst Laid Plans. Principalement à cause de comparaisons abominables ou simplement d’un très bon timing comique de la part de l’auteur. Petite déception tout de même vis-à-vis du fait que j’espérais des trucs un peu plus sexys. Ouais, je sais, j’aurais du me méfier depuis le titre. Au moins c’est drôle et ça se lit vite. Même sur du papier. Et oui, il y a bel et bien une histoire sur et écrite par l’amour de ma vie Alison Brie. On y apprend par exemple qu’à la fac c’était une grosse salope.

Pour la suite du truc, il faudra lire. Mais ça vaut le coup. Quand même, vu comme j’ai ricané comme un demeuré à la lecture de Worst Laid Plans, je serais curieux de voir ce que ça donne sur scène, avec un public.

BUY STAGE !!!

Meilleur prix sur Book Depository – 7,77€ (c’est un signe)

971 – The Gateway

Pendant ce temps là, mon bouquin cherche toujours son éditeur. Il se passe peut-être des trucs en coulisses. Ou pas. Il faudrait que je demande. En attendant j’évite de penser à toutes les fois où j’ai dit que fin octobre, c’était sûr, j’aurais envoyé des exemplaires par la poste et j’aurais enterré le truc en cas de refus. Nous sommes en début de fin novembre, et je me repose toujours sur des petits espoirs par ci par là. J’aime à croire que c’est pas vain. Que des fois, on récupère un retour de karma et que tout ira bien. Peut-être pas. Si ça se trouve, fin décembre je dirai que cette fois, c’est sûr, mon bouquin je l’enverrai en janvier. Qu’on en finisse bordel ! Sauf que, depuis quelques semaines, enfin quelques mois, j’ai une névrose supplémentaire vis-à-vis du probable refus. J’ai besoin de vendre celui là, parce que c’est peut-être ma seule chance de vendre les suivants.

Je bosse en alternance sur deux manuscrits. Le premier, c’est pas un scoop, est un recueil de nouvelles. Qu’on soit clairs, c’est invendable. Prodigieusement invendable. Ca ne marche pas. C’est aussi simple que ça. Ajoutez à ça le sujet étrange de mon recueil,qui perplexifie déjà mon entourage à qui il faut que j’explique le truc, et c’est pas gagné. Sinon j’ai mieux déblayé que prévu mon prochain roman. J’ai enfin ma fin par exemple. Mais une fois de plus, c’est un projet complexe. Déjà parce que c’est à la troisième personne du féminin, au temps du présent et du passé, avec deux histoires simples qui ne gagnent en richesse que parce qu’elles sont justement lues en même temps. Un tas de super idées sur le papier qui sont difficiles à mettre en place et me fond réaliser que je vais devoir passer beaucoup de temps pour que ça fonctionne.

Et pour le vendre ensuite, bonjour la galère. Car l’avantage du manuscrit qui ne se signe pas en ce moment, c’est qu’il est simple, concret, facile à lire et vendable. C’est en gros un pied dans la porte. Une de ses fonctions c’est simplement d’exister, pour que les autres puissent exister à leur tour. Le pire dans tout ça c’est que la fiche de lecture de Flammarion, celle qui dit que ça se signe, celle qui dit que c’est assez bon, m’a fait plus de mal que de bien. Elle ne m’a rien appris que je ne sache pas. Certes, c’est une validation extérieure, mais c’est aussi la potentielle preuve d’une injustice. Si après épuisement de tous les recours, de tous les pistons, de tous les éditeurs, ça n’est passé nulle part. Ca ne sera pas seulement triste, ce sera injuste. D’où le fait que je freine d’autant plus des deux pieds.

Je sais, vous en avez marre que je fasse ma note mensuelle d’excuses pour ne pas avoir encore démarché tout le monde. Tout comme ça vous fait bien rigoler de me voir avoir écrit une bonne cinquantaine de pages depuis la fois où je vous ai dit que j’avais plus la force d’entamer un nouveau projet. Je vous répondrais : gna gna gna.

Laissez-moi me morfondre maintenant.