Ce lundi est le dernier actif de l’année. Actif dans la mesure où le prochain je serai en vacances, sûrement en train de braver la neige pour rentrer à Lyon, dans mon chez moi. Nous sommes dans la dernière semaine où les gens bossent pour de vrai, où les mails pros circulent encore un peu, où il est possible de prendre un rendez-vous, de partager un café avec un camarade. Après l’univers s’éteint un peu. On se met en off, on prend le temps de laisser s’empiler du boulot en retard. Tout comme on se dit tous qu’on va taffer un peu pour au final ne tristement rien faire. Entre les réunions de famille, les journées digestives post orgie de Noël, qui peut nous jeter le marron glacé au visage ? L’année professionnelle s’achève, et je n’ai rien signé, littérairement parlant. J’ai juste accumulé un tas de mots de partout.
Mes projets de bouquins sont exactement dans l’état dans lequel j’espérais ne jamais les voir : un gigantesque foutoir. Niveau trucs finis j’ai un manuscrit quasi bouclé dans un tiroir, un manuscrit multi refusé à réécrire, un manuscrit qui refuse de se vendre. Niveau trucs pas finis j’ai quinze pages écrites il y a deux ans, une vingtaine de pages d’un recueil nouvelles et une autre vingtaine de pages de Perfect Ten. Mais c’est la foire aux incipits ! C’est SUPAYR ! Ca m’avance vachement ! Oh et niveau trucs que j’aimerais écrire j’ai deux synopsis plus ou moins détaillés dans les cartons. Je vous dis pas la tête que fait mon arborescence de dossiers et fichiers de prose. Je commence déjà à paumer des trucs. Entre les notes d’idées et les débuts de nouvelles abandonnés, il m’arrive de passer un bon moment à tout retrier régulièrement. Une accumulation qui me fatigue au plus haut point.
Je suis une usine sans clients. Je continue à fabriquer des trucs, parce que je suis fait pour ça, parce que même quand j’essaie d’arrêter je fonctionne toujours au moins au ralenti. Mon stock se remplit d’un tas de feuilles, de mots, d’encre numérique de partout. Et comme rien ne part, faut pas s’étonner si l’inventaire se complique. Un peu comme mes soucis. On m’a demandé quand est-ce que je réécris mon premier bouquin et que je le signe et qu’on pourra le lire ? GOOD QUESTION ! J’ai l’impression d’être un disque rayé, de radoter, seulement je suis obligé d’admettre (encore) que j’ai besoin d’avancer pour regarder en arrière. Si jamais je signais, je saurais que ayé, c’est bon, je suis au niveau pour réécrire le vieux, puisque le neuf est vendu. Rebosser mes anciens projets alors que je fais pas valider les plus récents, ce serait piétiner. Sur place.
L’année se termine. Je n’ai pas pondu un bouquin. Mais j’ai pondu un tas de pages d’un tas de trucs. Maintenant ça serait pas mal de libérer un peu d’espace dans mon petit entrepôt mental. Ca n’aura pas été pour 2010. On verra en janvier.
Au départ Worst Laid Plans c’est une pièce de théâtre venue des Etats-Unis. Une demi-douzaine de comédiens raconte sur scène leurs pires histoires de cul. Le succès aidant, le show fait le tour du pays au fur et à mesure que de nouvelles anecdotes viennent se greffer au spectacle. Finalement, les mecs se sont dit qu’il serait pas idiot d’en faire un livre. D’où, Wors Laid Plans, le bouquin en papier. En sus des histoires originales, une bande de comiques issus de la TV, du web ou du théâtre sont venus se greffer pour faire gonfler le nombre de récits. Le livre est structuré par thème, avec la section sur gay malgré eux, le sexe à l’étranger, les premières fois catastrophiques etc… On compte à chaque fois trois ou quatre nouvelles d’une poignée de pages par section. L’ensemble étant complété par un lexique du vocabulaire sexuel trashos parfois employé (ass ninja) et une rapide biographie des auteurs.