1256 – Whiteout

Je n’avais pas fait de nuit blanche à cause de mon premier mémoire. D’ailleurs, je n’avais pas fait de nuit blanche depuis des années. Comme un papy.

Pourtant dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, après plus de deux heures à tourner au fond du lit, j’ai réalisé que j’allais y passer. Couché déjà tard, je n’ai pas réussi à fermer l’œil pour de bon. Mon cerveau était en roue libre, à calculer le temps qu’il me restait avant le rendu final de mon mémoire de fin d’étude. J’échafaudais des échéanciers imaginaires, je réorganisais un plan virtuel, j’écrivais des débuts d’idées, enfin, quand je n’étais pas en train de paniquer lentement, en silence, à fixer la fine lumière de la rue à travers mes volets. Si j’en étais là, c’est parce que dans l’après-midi, j’avais créé un Partie 1.docx et y avait rédigé deux pages de mémoire. Je pense que je faisais une réaction allergique. Encore.

Alors, à quatre heures passées du matin, je me suis relevé pour jouer à la Xbox, après m’être plaint sur Twitter. Je suis resté deux heures sur I Am Alive. Cela me semblait cohérent.

J’espérais tomber d’épuisement, à défaut de sommeil. Mais non. A six heures et demie du matin, la France qui travaille commençait à se lever, et moi j’attendais de trouver un moyen de me coucher. Je remarquais que ma piscine ouvrait à sept heures. Au point où j’en étais, autant aller m’épuiser. Entre les cols blancs matinaux et les retraités insomniaques, j’avais peur de faire un AVC (oui, mon hypocondrie n’a pas de limites). Là encore, j’ai tenu sans baisse de tension et ai bouclé mes deux kilomètres avant de rentrer, en pleine forme. Forcément, je venais de forcer mon métabolisme à se mettre en alerte pour plusieurs heures. Malin. Je suis donc parti faire les courses et ai récuré ma salle de bain. Ça n’a aucun rapport, mais pour ma défense je n’étais plus trop rationnel.

Finalement, en approchant les vingt-quatre heures sans dormir, j’ai fini par avoir un mal de crâne, le genre qui vous cloue au fond du lit. Je me suis exécuté, jurant qu’un jour j’étoufferai le dernier des universitaires avec le dernier des mémoires.

Oui, voilà, c’est le retour du mémoire. Et parfois je me dis que j’ai épuisé toutes les manières possibles d’en parler, de me plaindre. A ce stade il y a ceux qui croient que c’est un véritable blocage irrationnel, qui aurait sa place en psychiatrie. Et les autres, qui pensent que je suis un enfant et que je n’ai qu’à faire un effort. Dans tous les cas j’ai décidé d’arrêter de me mentir à moi-même, d’arrêter de prétendre que je suis capable de faire ce qu’on me demande. Alors à la place je fais ce que je peux, comme la dernière fois, en partant du principe qu’entre ce que je peux et ce que l’on demande on arrive à bidouiller quelque chose qui fera l’affaire. Même si, en moins d’une semaine, j’en suis déjà une nuit blanche et une crise de larmes.

Vivement les cinq prochaines tiens.

834 – Sleepover

[Encore un fail d'images, faute à une bonne partie de la journée passée à l'école. Ca finira par se décanter, en attendant vous devez me subir en noir sur blanc.]

J’ai la phobie de dormir chez les gens. Pour de vrai. Découcher m’angoisse au plus haut point. Ce, pour un tas de raisons. Déjà parce que c’était pas prévu comme ça. Et dans la vie, j’aime bien quand un plan se déroule sans accrocs. On pourrait me rétorquer que je suis un gros relou qui n’aime pas suivre son instinct et tout. Sauf que, j’en suis capable, et j’aime bien, quand j’ai prévu le truc. Ta gueule le petit malin qui me rétorque que ça revient au même ! N’empêche, ça me cause un tas d’emmerdes, que ce soit la fille super canon que j’abandonne après l’avoir souillé qui se demande quel genre de fils de pute je suis ou les potes qui se disent que je suis pas un vrai ami vu que j’ai visiblement autre chose à foutre que de poursuivre la soirée en leur compagnie. J’ai beau dire que je ne fais pas exprès, personne ne me croit jamais.

En fait, ce que je déteste le plus, c’est de me réveiller dans mes habits de la veille. Tout comme je suis incapable de porter deux jours de suite le même tee. Je « sens » que je l’ai déjà mis, il colle plus rapidement à ma peau, il m’étouffe, je me sens mal. J’ai l’impression de subir une forme élaborée de torture sur le chemin du retour à la maison. Après, en vrac dans les trucs relous, j’ai du mal à aller me pieuter sans m’être lavé les dents (les gens étant nazillons refusant qu’on utilise leur brosse), je dors généralement mal et je tourne de partout, ce qui est moins évident sur un canapé ou à trois sur un seul lit d’amis. Reste enfin la problématique de la putain de grasse matinée. Rien de plus pénible que de se lever, ramper mollement jusqu’à la maison pour aller redormir.

Avec le temps mes amis s’y sont en partie fait. Pollux ne s’offusque plus vraiment lorsque je chevauche un Velo’v à trois heures du matin au lieu d’attendre le premier métro. Mes amis de fac Lyonnais ne prennent pas ombrage quand je m’éclipse in extremis pour choper le dernier. De métro. Puis j’aime rentrer la nuit, profiter du silence pour réfléchir un peu ou, à l’inverse, se vider le crâne. Les rues m’appartiennent et si je veux battre des records de vitesse en plein milieu de la route en vélo ou en roller, personne ne m’emmerde. Puis, des fois, les conditions karmiques sont réunies et je finis par dire que ouais, okay, ce soir, je reste. Mais ça tombe pas souvent, ça se compte sur les doigts de la main chaque année. Un jour j’irai me faire soigner, ça et tous mes autres trucs chelous.

Ceci étant dit, j’ai à l’inverse aucun problème à faire dormir des gens chez moi. S’ils sont cools ou qu’ils sentent bon. J’ai un motherfucking grand lit, une motherfucking grande TV, une nespresso et des chocapics ! Viendez !

038 – What’s Up Nigga ?

Pour choper mon téléphone de la mort qui tue à moindre coût je suis allé dans une boutique un peu glauque à Nation. Le vendeur avec un accent black à couper au couteau me met à l’aise en me racontant ses frasques lyonnaises tout en faisant mon dossier SFR. Pas de soucis, bon esprit. Enfin jusqu’à la semaine dernière quand je reçois à mon domicile familial une lettre de l’opérateur de téléphonie : la boutique n’a pas renvoyé le dossier et JE dois m’en occuper.

Bon. Déjà je trouve uber bizarre qu’il manque un dossier quelconque à SFR concernant mon abonnement vu qu’ils arrivent à me débiter mon compte en banque sans aucun soucis. Par contre je n’ai aucun problème pour croire que le boutiquier à merdé à un moment ou à un autre. Le truc c’est que je vois pas en quoi c’est mon problème de gérer les emmerdes de l’opérateur avec leur fournisseur. Mode rien à branler, je fais rien et j’appellerais la hotline si j’ai que ça à foutre. Je savais que c’était un plan à la con ce téléphone, heureusement que le geek en moi est heureux.

Mardi j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai fait usage de mes superpouvoirs téléphoniques 3G+ pour appeler mon école. Contre toute attente j’ai eu ma responsable de section (unbelievable !). Je lui signifie mes soucis d’adresse et mon absence de résultats scolaires. Pas de problèmes, elle me renvoie un courrier à mon adresse Lyonnaise sans sourciller. Victory ! Dans un élan de témérité je tente de la soudoyer pour avoir directement le résultat au téléphone. Elle refuse, on ne donne pas les résultats au téléphone. Fuck this shit ! La machine à flipper se met en marche. Puisqu’elle à mes coordonnées en face d’elle, elle doit avoir ma note et comme elle est à chier elle se sent pas de me la donner et de faire face à ma rage d’araignée. Bref, le running gag scolaire et ma paranoïa courent toujours. A suivre…

A part mes petites misères du quotidien j’espère que ça kiffe son jour férié chez les lecteurs. Une minute de pensée pour le stagiaire que je suis qui n’a pas son pont. Merci. La bonne nouvelle c’est que le blog sera updaté avec un sujet plus sérieux demain : la légitimité.

BONUS STAGE !!!

 Parce qu’on à tous des jours sans.